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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 16:51

Vous n'avez jamais expérimenté ce que les anciens appelaient « la crainte de Dieu » ? Alors ce livre est pour vous ! Normand Mousseau, professeur de physique à l'Université de Montréal et qui fait autorité dans l'étude des énergies fossiles, brosse un tableau réaliste du monde du pétrole. Mais réalisme ici rythme avec sur-réalisme !

 

Quelles sont les réserves mondiales de pétrole ? Énormes mais pas toutes exploitables, donc limitées. Les plus grosses réserves aujourd'hui (après épuisement du pétrole conventionnel) ? Les sables bitumineux canadiens et vénézuéliens d'une part et, d'autre part, les schistes argileux américains. Du pétrole dit non conventionnel. Ces réserves exigent un traitement lourd en énergie -jusqu'à 2 barils de pétrole équivalent pour 3 barils de pétrole à la pompe : beaucoup d'eau, beaucoup de gaz naturel (mais, au Canada, le gaz s'épuise vite et il est question d'utiliser le nucléaire...). Déforestation, destruction du sol. Génération d'énormes quantités de polluants et de GES. Mais des rendements de 30 %, plus que toute autre industrie ! Les profits sont faramineux, à la hauteur de la destruction de l'environnement et possiblement de la contamination de milliers de kilomètres carrés des eaux souterraines.

 

Mais quand on veut du pétrole, tout est justifié, non ? La vision qui se dégage de cette industrie est apocalyptique, il n'y pas d'autres mots. Et ici on ne parle pas encore de l'extraction au fond des mers, technologiquement non faisable...pour le moment !

 

Tout ça parce que les moteurs de nos voitures sont des moteurs à combustion, que nous avons besoin de plastique dans des milliers de produits dont les cellulaires, le caoutchouc, les engrais agricoles, etc. Un monde bâti sur les énergies fossiles lesquelles nous tiennent en otage. Sans pétrole, notre monde s'écroule.

 

Que font les gouvernements ? Préparent-ils l'après pétrole ou un monde à énergies renouvelables, moins polluants ? Poser la question, c'est y répondre...Au Québec, entre autres, les décisions sont prises : forage dans le golfe pour le pétrole et forage au gaz de schiste sur le territoire ! Tout le territoire a déjà été concédé aux pétrolières et aux minières. Le BAPE, c'est pour rassurer Pierre Jean Jacques ! Au mieux, les dédommager...

 

« La crainte de Dieu », cette terreur mythique de qui ne peut échapper au jugement du Créateur ! J'exagère ? Lisez donc ce livre...

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue.

 

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 09:54
On commence à comprendre l'aggressivité de l'Alberta envers le Québec et sa sourde révolte contre la péréquation telle qu'appliquée actuellement, en fait, contre le principe même du partage "sans condition" de la richesse entre les provinces. Surtout que l'Alberta a son "ti-gars" à Ottawa à la tête du gouvernement "central". Harper a déjà commencé à changer les règles du jeu -Québec reçoit un milliard de moins par année.  Jean-Marie Bergeron, du journal Le Droit (9 février 2010), d'écrire : "Une sorte de «péréquation carbonique» annuelle qui devrait s'élever à 15 milliards de dollars (1% du PIB) et distribuée aux provinces ayant des projets à forte réduction de GES."

On sentait cela venir depuis un certain temps, mais sans trop vouloir le croire tellement un tel plan apparaissait diabolique :  le Canada réduirait ses émissions de GES sans arrêter les progrès de l'exploitation des sables bitumineux si les autres provinces réduisaient "significativement" leurs propres émissions de GES.  Mathématique pure !  Évidemment, ces provinces seraient "encouragées" par une nouvelle redistribution de la richesse générée par le pétrole albertain. 

Politique fiction ? Pas si je me fis aux récentes prises de bec de Charest avec Harper.  Charest exige que le Québec, et LOntario, ne soit pas la seule province à chercher à réduire ses GES.  On a compris pourquoi lors de ses déclarations "surprenantes" à Copenhague. Charest est très conscient des possibles représailles européennes envers les pays environnementalement voyous, surtout qu'il serait surprenant que le Québec puisse jouir d'un traitement de faveur de l'Union européenne -Charest le pense peut-être ?  Une telle pénalité serait catastrophique pour Bombarbier par exemple (la fiction serait de croire que Harper et Charest sont de connivance, qu'ils mènent un guéguerre de façade pour satisfaire leur base électorale, que Charest n'a pas le choix "d'imposer" l'oléoduc de l'ouest s'il veut de l'argent pour développer son "or bleu" pour l'exportation).

Si ce n'était qu'une question d'émissions de GES, un compromis ne rencontrerait qu'une résistance relative dans la population si, au total, le Canada faisait bonne figure sur ce plan. Mais il ya plus, beaucoup plus : destruction de milliers d'hectares de la forêt boréale dont la repousse est très lente à cette lattitude, perte donc massive des habitats naturels et de la rétention d'eau (désertification), empoisonnement du sol et des nappes phréatiques, atteinte à la santé des peuples autochtones et des populations avoisinantes. Ajoutons les effets pervers d'un dollar inflationniste sur les industries manufacturières exportatrices, principalement en Ontario et au Québec où les pertes d'emplois s'additionnent par dizaines de milliers depuis 5 ans...et pour un bon 25 ans encore (Jean-François Lisée : http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/petrole-14-milliards-de-dollars-quebecois-plus-tard/1760/#more-1760).

Comme remède, cette étrange banque de carbone risque d'être pire que la "maladie", entendons ici par maladie la perte des pétro-dollars dans un arrêt hypothétique de l'exploitation des sables bitumineux. Car le remède est à peine un diachylon qu'on plaquerait sur un membre gangréneux quand on additionne les "pertes collatérales".

C'est carrément signer un pacte avec le diable. Voilà pour le "plan vert" de Harper. Une victoire à l'assommoir à force de passivité silencieuse...Harper pourra quitter la vie politique la tête haute (!) et se voir offrir un poste de PDG dans une pétrolière offrant de généreux bonus annuels.  Et pour Charest : échanger son droit d'aînesse pour un plat de lentilles ?

Marcel Plamondon, MAP
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 22:37
Au-delà des études environnementales, les études économiques, fiscales, comptables et, non moins importantes, socio-économiques s'accumulent. On commence à y voir plus clair. Sur ce plan, c'est aussi inquiétant que sur le plan environnemental. Et une question se pose : qui empoche au juste ?

Je ne reprendrai pas ici les excellents reportages de Jean-François Lisée et de Greenpeace Canada. Je tire seulement les conclusions et élargis le débat. Voici d'abord les liens web de ces études, c'est à lire :

Lisée : Pétrole: 14 milliards de dollars québécois plus tard :
http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/petrole-14-milliards-de-dollars-quebecois-plus-tard/1760/#more-1760

Greenpeace : Les coûts sociaux
http://www.greenpeace.org/canada/fr/campagnes/sables-bitumineux/dangers/couts-sociaux

Le Québec et l'Ontario sont perdants. La stimulation économique de l'exploitation des sables bitumineux augmente la valeur de la devise canadienne avec pour conséquence première de freiner les exportations manufacturières, donc des pertes d'emplois par milliers -Lisée mentionne le chiffre de 55,000 emplois perdus entre 2002 et 2007 juste au Québec. Imaginons ce qu'il advient de tous ces chômeurs-du-pétrole et de leurs familles. Faut donc ajouter des coûts sociaux supplémentaires, incluant les coûts de santé. C'est sans compter tous les emplois qui ne seront jamais créés à cause de la ponction des fonds publics pour soutenir l'industrie du pétrole (les économistes appelent ces coûts des coûts d'opportunité) : on parle de 70 milliards entre 1970 et 2000. Ce montant représente combien d'emplois ? On n'ose l'imaginer.

La péréquation compense-t-elle ? L'Alberta se pète les bretelles et rage d'entretenir les pauvres du Québec et de l'Ontario, pauvres qu'elle a elle-même créés en partie. Mais la péréquation ne peut aucunement compenser compte tenu des sommes d'argent considérables perdues. C'est comme si nous disions que l'assurance-chômage compense pour la perte d'un emploi alors qu'elle n'est qu'un pansement sur une blessure infectée.

Mais l'Alberta elle-même est perdante. Le boom pétrolier augmente le coût de la vie et crée donc des distorsions parfois dramatiques pour la population. Le reportage de Greenpeace le montre clairement : augmentation des coûts du logement et rareté, augmentation des coûts des services de métiers et professionnels, des coûts de santé, etc. Conclusion : faut bien parler d'appauvrissement de la population albertaine. La situation doit être dramatique pour les plus démunis.

Trop d'argent trop soudainement pertube toute l'économie et la société ! Mais il y de l'argent, direz-vous, beaucoup d'argent. Oui, beaucoup...pour les pétrolières et leurs actionnaires. Des profits records, des rendements sans précédents pour les investisseurs. Le Klondike ! Et beaucoup d'argent qui en plus sort du Canada. Les investisseurs, c'est bien connu, sont apatrides.

Ces conclusions sont partielles bien sûr, car il nous faudrait considérer bien d'autres calculs comme la balance import-export, l'investissement des actionnaires au Canada, etc. Mais je doute que la conclusion générale des impacts économiques soit positive. Quant à l'impact social, c'est clairement négatif.

Il faut aussi évaluer les impacts à long terme. Lisée touche à certains points dans les pertes d'emplois à venir pour les prochaines 25 années. Mais il y a plus et beaucoup plus. Le déboisement de la forêt boréale pour extraire les sables bitumineux aura certes un impact environnemental en termes climatiques d'abord, dans la rétention d'eau, et ensuite, sur les éco-systèmes de la flore et de la faune. Mais aussi un impact économique considérable : à terme, cette exploitation crée une désertification à la mesure du déboisement de la forêt amazonienne. Qu'on me reprenne ici si j'ai tort. Des coûts économiques, sociaux (on pense aux peuples amérindiens) et environnementaux effarents. On connait le sort de la désertification au sud-sahara et de plus en plus en Chine (où des milliers de villages sont abandonnés année après année).

Les coûts économiques nationaux et locaux ne sont qu'un aspect des coûts économiques réels car il faut inclure les coûts à l'échelle mondiale. Je ne parle pas seulement ici des coûts engendrés par le réchauffement climatique, qui vont devenir de plus en plus réels avec le temps mais aussi des coûts en termes de ce que j'appelle de sous-développement durable. Faut pas être sorcier pour deviner ce que feront les riches actionnaires des pétrolières : d'autres investissements dans tous les secteurs de toutes les économies. On pense à l'utilisation de terres à grains converties en terres de bio-carburants. Mais investir surtout dans celles de pays "qui n'ont pas le choix de refuser" ou carrément corrompus est très mais très payant : on pense aux mono-cultures comme le café, la canne à sucre, etc. Donc ici un élargissement du fossé entre riches et pauvres.

Ces coûts sont bien réels car les sommes d'argent investies dans les sables bitumineux étant considérables ne peuvent pas ne pas avoir d'effet significatif. Comme il s'agit d'investissements dans des énergies dépassées en raison principalement de la surpopulation, donc de la demande d'énergie, les effets ne peuvent être que désastreux à long terme et ce, sur tous les plans.

Marcel Plamondon, MAP
sociologue / relations industrielles
conseiller économique fédéral à la retraite

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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 13:30



Marcel Plamondon, MAP

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 09:10

Vous me direz qu'il était temps que l'Église se prononce contre l'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta.  Voici la nouvelle dans les nouvelles web du Devoir du 27 janvier (http://www.ledevoir.com/nouvelles-en-continu.html).

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"Sables bitumineux: un évêque doute de la "légitimité morale" du développement

26-01-09 21:10

FORT MCMURRAY, Alb. - L'évêque catholique de la région englobant les gigantesques exploitations de sables bitumineux de l'Alberta s'interroge sur la "légitimité morale" de leur développement rapide. Selon lui, leur effet destructeur sur l'environnement va à l'encontre du "plan de Dieu" pour la Terre.

Dans une lettre pastorale qu'il a publiée sur le site Internet du diocèse de St. Paul, l'évêque Luc Bouchard écrit que la Terre est un cadeau qui, s'il n'est pas endommagé, permet aux gens de ressentir l'existence de Dieu. C'est pourquoi aucun gain financier ne justifie qu'on inflige des dommages graves à l'environnement, poursuit-il."

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Reste maintenant à pousser le courage jusqu'à la lettre pastorale et possiblement à affronter quelque cardinal offensé de voir un évêque se mêler de choses du monde...

Mais cet évêque ira-t-il jusqu'à qualifier cette exploitation de crime contre l'humanité ? C'est pourtant le cas, non ? Ou à proposer le renversement du gouvernement Harper et de celui de l'Alberta ? Il le faudrait.

Marcel Plamondon. MAP

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