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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 19:35

La dernière élection a été tout un choc pour le PQ. Avec le recul, il apparaît évident que le peuple a rejeté sa gouvernance. Il faut rappeler que dès sa prise du pouvoir le PQ laissait un message équivoque en revenant sur sa promesse d'annuler la taxe santé. Les réactions sur les réseaux sociaux laissaient entrevoir une déception qui semblait vouloir durer et que la peur de présenter un budget que les autres partis ne pouvaient rejeter deux mois seulement après les élections ne fit que rendre pratiquement permanente. Et comment le PQ pouvait-il déclencher des élections sur une soudaine embellie de l'électorat lors du débat sur la Charte des valeurs? C'est sur la tendance à long terme qu'il faut évaluer ses chances de remporter une élection et, sur ce plan, le PQ n'avait pas la faveur populaire. Et c'est sans compter les nombreuses erreurs stratégiques lors de la campagne électorale. Le PQ avait perdu sa boussole!

 

De nombreux commentateurs prédisent l'effondrement du PQ. C'est fort prématuré. Il faut se rappeler que les deux-tiers des francophones n'ont pas voté pour les libéraux et que la CAQ a même diminué son pourcentage de votes aux dernières élections. Ce ne fut guère mieux du côté de QS. Ce qui me fait dire qu'il n'y a pas actuellement d'alternative au Parti Libéral, qu'il y a un vacuum politique que le PQ pourrait remplir. Mais à quelles conditions?

 

Relancer le désir d'indépendance ou rebâtir un parti politique? Je ne vois pas d'autres alternatives. Certes, le PQ peut encore compter sur le 30% d'indépendantistes irréductibles et augmenter ce pourcentage mais jusqu'à quel point? Je ne pense pas que le PQ pourrait atteindre ainsi une majorité électorale, ce dont il a besoin pour tenir un référendum. Le vote alternatif aux libéraux restera encore trop longtemps éparpillé entre le PQ, la CAQ et QS et, ajoutons, possiblement un nouveau NPD québécois. Alors, rebâtir le PQ comme parti politique? Qu'est-ce que cela pourrait impliquer?

 

Tombons d'accord sur au moins une réalité socio-économique actuelle : la classe moyenne ne cesse de s'appauvrir et cette classe moyenne sait fort bien que le PQ n'a rien fait pour arrêter cette descente vers l'enfer financier des ménages en gouvernant au centre-droit durant son court règne minoritaire. Et qu'il ne propose rien actuellement pour améliorer la situation. Pire, le PQ projette l'image d'une bataille d'égos obnubilés par une course à la chefferie tout en s'entêtant sur la revitalisation de son option indépendantiste. Entre vous et moi, soyons réalistes, qui va voter pour empirer sa situation financière si le PQ reste quasi néolibéral dans un climat où une déclaration d'indépendance présentera des défis économiques nouveaux et possiblement déstabilisants, du moins pour un temps?

 

L'idée d'indépendance n'est pas morte et sa promotion est légitime et même seule alternative pour un petit peuple de francophones perdu dans un océan anglophone. La question n'est pas là. C'est de proposer une démarche qui la rende politiquement désirable et faisable. Je ne vois qu'une solution : réinventer la social-démocratie. Je ne parle pas d'un slogan du genre bon gouvernement mais bien de <<gouvernance d'un peuple>>. Gouvernance et non gestion! A la René Lévesque et Jacques Parizeau et non à la Lucien Bouchard et Pauline Marois!

 

Comment y arriver? Certes pas en faisant appel aux dits stratèges politiques. On a vu le résultat aux dernières élections. Certes pas en rêvant au grand soir. Certes pas en se chamaillant comme des écoliers. Certes pas finalement en restant dans sa tour d'ivoire, nostalgique de ce que fut jadis ce grand parti politique. Le temps me semble venu de tenir des rencontres de cuisine avec le vrai monde. Et de montrer à l'Assemblée Nationale comment les libéraux gèrent pour des minorités privilégiées et ce que seraient des politiques pour le peuple et par le peuple.

 

Je propose que le PQ tienne des <<Chantiers sectoriels>>, s'assoit avec les électeurs, circonscriptions par circonscriptions, écoute, ce qui veut dire rende publics des comptes-rendus de ces chantiers, les traduise en politiques publiques, les vulgarise dans un programme électoral dans lequel la population va se retrouver.

 

Il me semble que montrer du leadership, que proposer une alternative crédible au néolibéralisme appauvrissant, que représenter un peuple qui refuse de passer de porteur d'eau à porteur de pétrole, ça ressemble à cela!

 

Entre temps, le PQ a un beau dossier par lequel redorer son image politique, un cadeau à la fois d'Harper et de Couillard : le pipeline de Transcanada. Car : « La conclusion s’impose : le Québec n’a pas de prise sur ce qui se passe sur son territoire. Mais c’est lui qui assumera les risques en cas de bris et les coûts environnementaux. Le ministre a beau dire, il y a là largement de quoi protester. » (Le Devoir). En outre, si le NPD est favorable au pipeline, c'est une occasion inespérée de redonner un élan au BLOC.

 

A lire aussi : Des jeunes indépendantistes feront du porte-à-porte pour la cause

 

Porter l'indépendance c'est porter le peuple!

 

Marcel Plamondon, MAP

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 10:24

 

On se souvient du slogan de Charest aux élections 2012 : les carrés rouges, de la crise étudiante, c'était <<la violence et l'intimidation>>. 2014, Couillard emboîte le pas : le Parti Québécois, donc les souverainistes, c'est <<le gouvernement toxique et dangereux>>. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les libéraux ont de la suite dans les idées. Étrange suite d'idées puisque les libéraux perdaient le pouvoir en 2012 et que leur chef se faisait écraser dans sa circonscription! Bon, passons sur l'efficacité des stratégies électorales car il y a plus fondamental ici : est-on encore en démocratie quand un gouvernement ou un parti politique sème le doute sur la légitimité politique d'un parti politique et donc d'une proportion importante de la population?

 

« Je déteste ce gouvernement » est lourd de conséquence dans la bouche d'un chef de parti. Les mots ont encore une signification, même si parfois on l'oublie sur les réseaux sociaux. On entre ici dans l'antichambre de la haine, de l'exclusion sociale. Ça s'appelle <<apartheid>>! Charest niait le droit de grève des étudiants, parlait de boycott. Les étudiants avaient oser remettre en question le pouvoir politique, perturber la paix sociale, ne plus suivre les règles du jeu démocratique. Les étudiants devenaient persona non grata. Charest les écrasa et par la loi et par la violence policière.

 

On sait que Couillard est plus fédéraliste que les fédéralistes québécois, ne rêve-t-il pas de signer la constitution de 1982 et ce, sur simple décret ministériel, donc sans l'appui de l'Assemblée Nationale qui pourtant s'y refuse tout parti confondu, parti libéral compris même sous Charest? On sait qu'il est multiculturaliste canadien sans concessions, ses positions sur la Charte des valeurs parlent d'elles-mêmes. Ce sont là ses choix politiques et c'est son droit le plus strict qu'il faut respecter en démocratie. Le peuple décidera lors des élections si cela lui convient.

 

Mais Couillard doit reconnaître, et respecter, ce même droit de choix constitutionnel aux souverainistes et donc au parti qui les représente, soit le Parti Québécois. Il est inacceptable qu'il traite ce parti de toxique et dangereux. Le PQ a été démocratiquement élu et rien n'indique qu'il ait pris le pouvoir de façon frauduleuse. Le PQ est légitimement le gouvernement que les Québécois se sont donnés en 2012 pour les représenter et gérer les affaires publiques. Si le PQ en est indigne, il faut pouvoir le prouver de façon convaincante. Point.

 

Les propos agressifs de Couillard envers le gouvernement actuel franchisse la ligne entre la démocratie et l'apartheid. Les souverainistes ont le même droit de cité que les fédéralistes et les arguments de toxicité et de dangerosité pourraient autant être soutenus par les souverainistes envers les fédéralistes. Dans un cas comme dans l'autre, c'est l'exclusion de l'autre, l'exclusion de son droit de cité. Contradictoire chez un Couillard qui soutient par ailleurs que la Charte des valeurs du PQ signifie l'exclusion de groupes détenant légitimement le statut de citoyen du Québec...

 

Une campagne électorale ne fait pas de cadeaux aux rivaux, c'est connu et de bonne guerre comme on dit. Mais tout n'est pas permis dans un pays civilisé et démocratique. A moins que la politique, et la démocratie, ne veuillent plus rien dire. Certains le pensent, accusant les politiciens de n'être plus que des marionnetes, les valets des financiers. A eux de prouver le contraire. Ce qu'on attend de Couilalrd, c'est un programme politique en bonne et due forme, qui va passer le test du terrain.  Et tant mieux pour le Québec s'il peut montrer les failles du programme péquiste.  C'est ça une campagne électorale parce que nous devons choisir l'équipe qui va nous gouverner pendant quatre ans.  Ce n'est pas rien!

 

Marcel Plamondon, MAP

 

 

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 22:38

Le chef de l'aile parlementaire libéral, J-M Fournier, y allait récemment d'un rapprochement entre nazisme et la Charte des valeurs québécoises. Rien de moins (mais il s'en défend...). Le chef libéral Couillard, quant à lui, accusé de mollesse, manie les demi-vérités sans se soucier d'avoir l'air d'un éléphant dans un magasin de porcelaine tellement il sonne faux. Du côté de QS, rien de très édifiant, investi par des islamistes militants. Quant à Legault de la CAQ, il n'arrive pas à conjuguer politiques et élections...suicidaires!

 

Le Canada anglais, pour sa part, a montré sa vraie nature, celle du colonisateur anglo-saxon, ne se privant pas de qualifier les québécois de racistes et de xénophobes, sautant sur l'occasion d'écorcher le parti « séparatiste » de Marois.

 

Nous le savons tous, cette Charte des valeurs a créé tout un bordel. Tout y a passé, de la philosophie des civilisations au délire religieux, en passant par l'indigestion de certains juristes et la menace islamiste. Pourtant, oui pourtant, une majorité de francophones du Québec soutiennent cette Charte des valeurs. Probablement parce que le francophone moyen ne se sent pas menacé comme l'an passé lors de la grève étudiante ou s'est aperçu que sa peur des étudiants avait été fabriquée. Il a donc jugé le bordel provoqué par la Charte avec son fond légendaire de « délinquant ». Ne disait-on pas autrefois que le « canadien-français » était un « fin finaud » et un joyeux luron?

 

Ce québécois en a vu d'autres comme on dit, dans sa longue et patiente marche de survie. Il attend que la cloche sonne la fin de la récréation, petit sourire en coin dissimulé. Entre temps, patriotisme oblige, il regarde les matchs des Canadiens de Montréal avec les amis, les pieds sur la caisse de bière. Évidemment au canal francophone de RDS. En souhaitant que les émules du révolté Maurice Richard donne une bonne raclée au Toronto Maple Leafs et aux Sénateurs d'Ottawa!

 

Amen

 

 

Marcel Plamondon, MAP

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 18:50

Excellent reportage de Philippe Schnobb aux TJ Montréal de 18h. mardi 2 avril sur la ville de Curitiba au Brésil. « une ville qui est citée à travers le monde pour les efforts qui ont été faits à travers les années pour améliorer la qualité de vie. » Une ville pour piétons, avec des systèmes de transport en commun original, et fonctionnel! Une ville de verdure. Une ville pourtant de 3 millions d'habitants comme Montréal.

 

Doit-on suivre cet exemple? Difficile de répondre non mais le moment ne serait-il pas mal choisi dans le contexte actuel de gouvernance de Montréal? Et si battre le fer pendant qu'il est chaud était justement le bon moment, pourquoi hésiter? Pas de budgets? Que oui, voyons, 3,7 milliards $ pour une relique de l'ère du pétrole, l'échangeur Turcot, une laideur urbaine en plus. Les chambres de commerce vont faire une crise d'apoplexie? Pas plus qu'à Curitiba...

 

Ça fait 3 ans qu'on change les plans de ce « nouvel » échangeur et sa reconstruction ne se terminera pas avant 2020. Alors? De toutes façons, Turcot ou pas, ce sera l'enfer pour les automobilistes. Autant en profiter pour faire du neuf, du XXIe siècle. Pourquoi vivre l'enfer pour continuer justement de vivre en enfer? Il n'y aura pas de fin à encourager l'usage de l'automobile, usage qui ne fera que croître si on ne force pas le changement de mentalité. Sortons de ce cercle vicieux.

 

Autre message important qu'enverrait l'abandon de l'échangeur Turcot : mettre fin, à terme, au pétrole, surtout le refus du bitume de l'ouest canadien, comme source d'énergie du transport. Dans le 3,7 milliards $, des sommes peuvent être consacrées à encourager la voiture hybride et électrique. Ce serait du coup autofinancer l'électrification des parcs de stationnement, dont ceux des centres d'achats, en diminuant graduellement nos achats de pétrole étranger.

 

Finalement, la santé publique s'en porterait mieux. Je pense aux enfants, de plus en plus victimes « d'asthme environnemental ». On est passé d'un enfant sur cinquante à un enfant sur cinq au cours de deux générations! Et le bruit, souvent assourdissant, qui fragilise l'ouïe des jeunes enfants...et des adultes!

 

Est-ce rêver en couleurs? La nationalisation de l'électricité n'était-elle pas un rêve qui en laissait plusieurs songeurs? Et la Baie James? Et la Caisse de dépôts? Sans rêves, une société recule, non? Ou sombre dans la corruption?

 

Marcel Plamondon, MAP


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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 08:13

 

Au cœur de la défunte Commission de l'assurance-chômage des années '70, il m'arrivait de rager contre mes confrères qui exécutaient des commandes politiques de coupures des prestations aux chômeurs. J'y suis même devenu persona non grata! C'est que vivant en milieu rural pauvre et sans perspectives d'emplois intéressants, certains de mes voisins chômeurs n'étaient pas pour moi de simples statistiques ni des boucs émissaires politiques. Le comble de mon indignation fut le détournement de 50 milliards $ de la caisse de l'assurance-chômage par le PM Paul Martin pour rembourser la dette canadienne. Pour moi, cela reste un « emprunt » à rembourser aux travailleurs et employeurs...

 

Bienvenue donc à cette commission sur l'assurance-emploi que vient de mettre sur pied le PQ, en réponse à cet affront, pour ne pas dire ce mépris, du gouvernement Harper -j'utilise ici l'expression « Gouvernement Harper » pour le distinguer de l'appellation « Gouvernement du Canada » pour laquelle j'ai du respect !

 

L'assurance-emploi est une assurance à la fois sociale et économique. Une société ne peut se permettre de laisser le libre marché, et encore moins le vote partisan dans le cas de Harper, jeter ses travailleurs à la poubelle. Surtout si l'avenir d'une région est compromise. Une société ne peut se permettre de fermer des villages, de désintégrer des communautés bâties laborieusement sur plusieurs générations de courageux travailleurs et employeurs, souvent confrontés à des réalités de survie difficiles, comme dans les pêcheries. L'assurance-emploi est là pour corriger des distorsions de marché, historiques (systémiques) dans le cas d'économies saisonnières, pour éviter des gaspillages de ressources chèrement acquises, pour aussi protéger et assurer la dignité du travail, tant des employeurs que des travailleurs.

 

Je continue d'être indigné du traitement de la mal-aimée assurance-emploi / assurance-chômage. Comme si cette assurance n'était qu'abus, fraude, paresse, le « BS » des travailleurs! C'est quoi ce dénigrement, ce déni de dignité et de sagesse économique? C'est quoi cet aveuglement du vrai coupable, oui, le libre marché, ce coupable à la main invisible, conjugué à l'incompétence et/ou la partisanerie des politiciens? Montrer au bon peuple qu'on sait serrer la vis, qu'on gère les fonds publics en bon père de famille? Fonds publics, ces fonds financés directement et uniquement par les employeurs et travailleurs? C'est ajouter l'insulte à l'injure!

 

Dans le cas Harper qui nous concerne présentement, ces coupures à l'assurance-emploi relèvent autant de sa propagande hypocrite visant des épargnes faites à d'autres fins peu louables, comme ses achats militaires, que de son idéologie que j'appelle « économisme » favorisant les secteurs, économiques et géographiques, de la grand entreprise, pétrolière et automobile, voire de sa partisanerie obscurantiste pour les petites communautés religio-conservatrices qui votent pour lui.

 

Harper, l'homme pour qui l'état n'existe pas, pour qui la nation n'existe pas. Ce n'est pas ça le Québec. Le PLQ pourra déchirer sa chemise en public sur la gouvernance souverainiste, il n'en reste pas moins que le Québec, à défaut de ne pas être encore un pays, est et restera une nation. C'est dans ce contexte que doit s'articuler une assurance-emploi digne de ce nom, digne de ses travailleurs.

 

Redonner à l'assurance-emploi sa dignité.

 

Marcel Plamondon, MAP

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 08:27

Tout le monde s'attendait à ce que le PQ, minoritaire, fasse des compromis, surtout côté budget. Mais de là à abandonner ses promesses d'augmenter l'impôt des riches et d'abolir la taxe santé, beaucoup ne s'y attendaient pas, d'autant qu'il était clair que l'opposition n'était pas pour déclencher des élections prématurées, de surplus en hiver. Quand les chambres de commerce ont applaudi le budget péquiste, de nombreux péquistes ont été scandalisés, du moins déçus. C'était un budget pour rassurer les marchés financiers.

 

Certains ont passé l'éponge, pensant que le PQ avait eu peur d'être défait en chambre. Le statut minoritaire a ses frayeurs, qui peuvent défier le réalisme politique. Mais comme de nombreux péquistes, ils ont par la suite déchanté. Le PQ ne cessait de reculer, sur les redevances minières, sur les généreux crédits d'impôts promises aux multinationales qui voudraient bien investir au Québec, sur la loi 101, sur la francisation des immigrants, sur les énergies fossiles -on pense au comité sur le pipeline de l'Alberta et sur le pétrole dans le Golfe St-Laurent, sur le sommet même de l'éducation où le ministre garde l'attention sur les frais de scolarité et les coupures de budget (est-ce lié?), sans trop parler de la gestion des universités et de leur mission, sur la santé et l'éducation dont on annonce des coupes critiques. Le PQ prononce l'équilibre budgétaire comme un mantra, comme si les conditions économiques n'étaient pas pour commander d'alternative. Une trahison de l'électorat lançait des commentateurs!

 

Jusqu'à maintenant, les décisions du gouvernement péquiste ne présentent que peu de différences avec ce qu'un gouvernement libéral aurait fait. Est-ce une stratégie pré-électorale? On sait que le parti libéral a vu son membership fondre au cours des dernières années. Le PQ semble s'approcher de ce membership silencieux...

 

Un jeu dangereux car de plus en plus de péquistes sont déçus et sont fortement courtisés par Option Nationale que le PQ ne peut se permettre de sous-estimer. Comme QS d'ailleurs.

 

Mais il me semble qu'au-delà de cette problématique électorale, la chef Marois semble jouer au « P'tit Charest » mais sans avoir son sens politique! Comment expliquer autrement l'abandon de Breton (trop radical!), le « tataouinage » du ministre des finances, le vire-capot de Martine Ouellette, l'approche bizarre du bilinguisme de Lisée et le « flirt » de Marois avec tout ce qui s'appelle entreprises dans le monde?

 

J'ai voté stratégique pour débarrasser le Québec des libéraux à la Charest. J'ai l'impression que mon vote était plutôt un vote boomerang!

 

Marcel Plamondon, MAP

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 15:56

« On connaissait les surplus d'électricité d'hydro-Québec mais pas la facture qui nous sera refilée en plus de l'augmentation des tarifs: "dans le pire des scénarios quelque 4,5 milliards de dollars". Pourquoi la régie de l'énergie ne contrôle-t-elle pas la production d'Hydro-Québec ? » alors qu'elle contrôle les tarifs! (commentaire sur Facebook, mercredi 16 janvier 2013, émis par les Alter Citoyens https://www.facebook.com/lesAlters?ref=stream)

 

On parle ici d'une facture de 500 millions $ par année pour les abonnés d'Hydro. En pure perte, au moment même où le secteur de la santé ne suffit plus à la tâche, où les surtaxes imposées aux contribuables abondent. Mauvaise gestion ou magouille? Quoiqu'il en soit, ce surplus d'électricité est là et pourrait être utilisé, à terme, pour remplacer les énergies fossiles.

 

Par ailleurs, les lobbies se font plus que présents auprès du gouvernement pour extraire pétrole et gaz de schiste au Québec, dans des endroits vulnérables, tel le Golfe St-Laurent (la pêche) et la vallée agricole du St-Laurent. Un article de la Presse du mercredi 16 janvier 2013, intitulé « Règlement anti-forage à Gaspé: une loi «au plus sacrant» » (http://bit.ly/VK1Q7a) appelle à une législation sur les droits de forage pétrolier (et autres car on parle de la loi sur les mines). Ces droits ont préséance sur le droit des municipalités d'aménager leur territoire. On peut donc parler de la loi actuelle sur les mines d'une loi non seulement anti-environnementale mais aussi antidémocratique.

 

Il semble que nous avons ici les deux termes d'une équation qui permettrait au Québec d'avancer rapidement dans le remplacement des énergies fossiles par des énergies renouvelables, tout en sauvegardant un patrimoine unique, on pense à l'île d'Anticosti, et des secteurs vitaux comme la pêche et l'agriculture. Pour un parti qui se gargarise de souveraineté alimentaire, l'occasion est belle, non?

 

Mais y a-t-il une volonté politique d'embarquer dans un Québec électrique, pourtant possible? Subvention aux autobus électriques -il y en a un en service depuis quelques jours, subvention incitative (y mettre le paquet quoi) à l'achat de voitures électriques, et pourquoi pas, « rachat  et revente » à l'extérieur de voitures au pétrole! (faut être créatif...).

 

Utopie? J'ai toujours pensé que l'humain ne vivait pas seulement que de pain...Hydro-Québec a été à ses débuts plus qu'un défi, presque une utopie et pourtant, pourtant le Québec a réussi tout un exploit pour l'époque. Les québécois sont créatifs. Mais ont-ils encore un gouvernement?

 

Je donne la parole ici à Steven Guileault : "Pourquoi produire plus d’électricité alors qu’on parle des surplus d’Hydro-Québec? Peut-être que, justement, nous pourrions utiliser ces surplus pour accélérer le passage vers les transports électriques au Québec, rendant caducs, du même coup, les projets d’acheminer ici le pétrole sale des sables bitumineux…" (Montréal, plaque tournante de l'éolien :  http://bit.ly/VTZm6p)

 

Ajoutons ceci : "une étude de l'actuaire et financier Claude Garcia a même conclu, en 2009, que l'entreprise (Hydro-Québec) pourrait économiser deux milliards de dollars annuellement." (http://bit.ly/Zg2Gfh)


 

Marcel Plamondon, MAP

 

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 11:54

 

La question peut sembler à certains irréaliste, voire impertinente, au vue des résultats de la dernière élection. Pourtant elle se pose bel et bien, comme elle se pose pour les Républicains américains malgré leur bonne performance au vote et se posera pour les conservateurs de Harper. Et pour sensiblement les mêmes raisons, soit d'une part leur décrochage d'avec la réalité vécue par la majorité de la population et d'autre part, le rétrécissement de leur base électorale se concentrant sur les groupes les moins porteurs d'avenir. Ajoutons les facteurs corruption et incompétence qui s'accrochent souvent à leur image, comme une cerise empoisonnée sur le gâteau.

 

L'analyse de la clientèle libérale « marginale », celle qui lui permettait une majorité au-delà du noyau dur anglophone et allophone, est loin d'assurer un brillant avenir pour ce parti. Les groupes de personnes plus âgées et une large proportion des moins éduqués semblent lui avoir fait défaut lors de la dernière élection, d'autant que le taux de participation au vote a été élevé. La peur a certes joué en faveur des libéraux mais pas autant qu'ils l'avaient espéré. L'insatisfaction était trop grande mais aussi l'image de mauvaise gestion, de crise, étudiante, qui se prolongeait indûment, du recours à la loi et à la police comme action politique, d'exploitation de ressources naturelles en faveur du privé, et du privé étranger, et d'allégations de collusion, si ce n'est de corruption, de plus en plus fréquentes au sein de l'administration, si ce n'était au gouvernement lui-même.

 

Le parti libéral n'a pas su, ou voulu? élargir sa base électorale, rejoindre les groupes plus progressistes, plus contestataires, plus démunis, plus jeunes aussi, qu'il laissa à Québec Solidaire et en partie au Parti Québécois. Et il oublia de prendre au sérieux la Coalition Avenir Québec qui lui soutira une bonne partie de sa clientèle marginale. Et il y a fort à parier que la Commission Charbonneau fera éclater ce qu'il lui reste de cette clientèle, voire une partie de sa base électorale dure, surtout allophone.

 

Les Républicains américains se sont peinturés dans le coin avec leur base électorale de « old boys », ces « blancs » conservateurs et religieux, dont une partie dans le Tea Party, oubliant les jeunes générations, les femmes, les noirs et les immigrants. En fait, tout ce qui ouvre sur l'avenir. Harper est en train de commettre la même erreur stratégique, ce qui apporte de l'eau au moulin du NPD Mulcair et pourrait même permettre aux libéraux fédéraux de ressusciter. Les libéraux québécois, comme ces partis canadien et américain, n'ont pas saisi la portée du « Occupy Wall Street », de cette révolte sourde mais bien réelle des citoyens qui en ont assez de s'appauvrir en constatant le scandale d'enrichissement des plus riches et de la corruption galopante. Et de la mauvaise gestion de l'avenir, du peu de souci de l'environnement, du peu de souci des inquiétudes bien réelles de la population elle-même.

 

C'est ainsi que de grands partis « sombrent dans l'abîme du rêve » pour paraphraser le poète Nelligan. Le parti libéral du Québec fut un grand parti, le parti de la dite Révolution tranquille qui modernisa le Québec, le mit sur la carte du monde. Est-ce l'usure du pouvoir, est-ce le leadership? L'origine conservatrice de Charest y est certainement pour quelque chose. Mais l'habitude du pouvoir aussi, qui fait oublier avec le temps et le confort et privilèges des sièges ministériels pourquoi la population a voté pour vous.

 

Marcel Plamondon, MAP

 

 

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 08:40

On se pose la question suite aux déclarations de l'ancien ministre des finances Bachand. Il faut, dit-il, que le PLQ se donne un chef avant le dépôt du budget du gouvernement, pour défaire le gouvernement, déjà accusé, avant la lettre, de désastre pour l'économie du Québec. Donc une position idéologique, sans fondement, puisque le budget est loin d'être connu, à moins de garder les yeux sur le programme électoral du PQ, comme si la Real Politic de la gouvernance était un mythe (ou en laissant un manque à gagner de 800 millions $ au PQ comme l'avoue Bachand?).

 

Je suppose, par hypothèse, c'est permis, non? que le budget du PQ s'avère bon pour le Québec, bon pour soutenir l'économie, l'emploi, l'équité de la « juste part », etc. Que fera Bachand? Si on se fie à ses intentions assez clairement exprimées et le trou de 800 millions $ qu'il laisse, il votera contre, donc contre la bonne santé économique et sociale du Québec. Les distorsions qui s'ensuivraient seraient portées au compte d'une mauvaise gestion du PQ. Exactement ce que font les Républicains US depuis des années, détériorant l'économie au point où les électeurs voteraient contre Obama. Et Bachand en remet en affirmant agir ainsi dans l'intérêt du Québec...

 

On se demande, avec raison, d'où sortent ces gens qui osent porter le titre de député, de « représentant du peuple ». Et, de façon surprenante, ils se croient dans le droit chemin. Ils ont perdu leur esprit critique remplacé par la ligne de parti. Les années de pouvoir déforment la culture politique d'un parti, d'autant si de « mauvaises fréquentations » sont trop nombreuses et que le chef est d'une autre idéologie que celle traditionnelle du parti, ce qui a été le cas des libéraux sous Charest, conservateur et conservateur à la main de fer dans un gant de sur-velours! Ce qui explique entre autres les nombreux départs de gens forts comme Mulcair. Si Justin Trudeau ne reconnaît plus le Canada sous Harper, nombreux sont les québécois qui ne reconnaissaient plus le Québec sous Charest, d'où un taux historique d'insatisfaction. D'un conservateur à l'autre...(Mais soyons bon joueur. Charest a réussi de bons coups, lire : Les hauts et les bas des gouvernements Charest :http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201209/08/01-4572263-les-hauts-et-les-bas-des-gouvernements-charest.php )

 

Mais il y a un autre conservateur qu'on oublie, Lucien Bouchard, après qui le PQ n'était plus le grand parti des René Lévesque, Camille Laurin, Jean Garon, etc. Ce fut la perte du « Maîtres chez nous » au niveau des ressources et de la social-démocratie, laquelle s'est réfugiée chez Québec Solidaire. Bouchard a aussi fait mal à l'option souverainiste en démissionnant pour raison que les Québécois ne semblaient pas en vouloir.

 

Il y a eu perte du sens de l'état, dans les deux grands partis politiques du Québec. Il semble cependant vouloir revenir chez les péquistes, probablement dû à son ouverture sur la crise sociale provoquée par la fin de non-recevoir des demandes étudiantes par les libéraux. Cette crise a ébranlée le Québec et malgré le climat de peur entretenu lors de la campagne électorale, le PQ a été porté au pouvoir. Par contre, les libéraux semblent n'avoir appris de cette crise que la frustration de la perte du pouvoir qu'ils veulent reprendre par tous les moyens, ayant déjà commencé à s'inspirer des tactiques irresponsables des Républicains US. À commencer par leur silence complice du salissage des québécois par les médias anglophones.

 

La prochaine campagne risque d'être non pas de peur mais de terreur, d'une sorte d'apocalypse par le rappel constant d'un effondrement économique sous le PQ et, pourquoi pas, de l'occupation du Québec par l'armée en cas de référendum. Le « Love-in » du ROC est terminé, comme la social-démocratie qui ne saurait exister en même temps que le néolibéralisme qui transforme la vie sociale en marchandise.

 

Bienvenue aux États-unis d'Amérique!

 

Marcel Plamondon, MAP

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 16:43

La victoire de madame Marois est énorme et historique. Énorme, parce que victoire sur la corruption et la peur. Historique, parce que victoire féministe mais surtout victoire sur la droite affairiste. Comme si le Québec se sortait la tête de l'eau au moment où il était pour se noyer.

 

La corruption, du sommet au bureau de vote. J'accorde toujours beaucoup de crédibilité au rapport Duchesneau qui parle d'un système étendu de collusion et de corruption. D'abord parce qu'il n'y a pas de fumée sans feu. Les allégations de corruption n'ont cessé de circuler, souvent avec des coïncidences assez troublantes comme ce déjeuner cueillette de fonds d'une ancienne ministre de l'éducation où état présent un membre de la mafia. Ensuite par les nombreuses références sur le site www.liberaux.net. On parle certes d'allégations mais elles sont trop nombreuses pour relever du hasard ou d'une intention malveillante d'opposants. Ensuite, parce que, selon Duchesneau, "l'argent sale fait les élections", surtout la fameuse prime de l'urne !

 

La peur, évoquée et entretenue, tout au long de la crise étudiante et de la dernière élection. Le carré rouge, associé à la violence et à l'intimidation, le référendum (pourtant non au programme du PQ), devenant quasiment synonyme d'apocalypse. Ce climat de peur a amené un surprenant plein de vote aux libéraux et freiné la montée de la CAQ, transformant la victoire probable majoritaire du PQ en minoritaire. Un peu plus et les libéraux reprenaient le pouvoir !

 

Historique, parce qu'une première femme devenait chef d'état au Québec. Oui, je suis fier de la fierté des femmes. Surtout après la performance déplorable des deux femmes ministres de l'éducation durant la crise étudiante. Il faut ajouter que Marois venait comme couronner la stature exceptionnelle de femmes présidentes d'associations étudiantes et de Françoise David au débat des chefs.

 

Débâcle de la droite affairiste. Cette droite de l'injuste "Juste part" des contribuables, pensons à la taxe santé surtout, comme des étudiants à qui, en fait, on demandait de combler le manque à gagner des fonds de pension du secteur de l'éducation, sans oublier les généreuses primes de départ, et une foule de dépenses fortement discutables dont nous ont fait part les étudiants. On pourrait en ajouter dans la foulée du néolibéralisme, du transfert de ressources au privé, quasiment données, de taux préférentiels d'électricité, de projets de barrages hydroélectriques discutables et fort dommageables pour l'environnement, de routes construites pour des minières, etc. Encore là, le site web www.liberaux.net en recensent de nombreux. La cerise sur la gâteau est la peur des affairistes de l'élection du PQ alors que le danger pour l'économie vient de l'étranger et que le PQ risque d'en être victime...

 

J'ai cherché à imaginer ce que serait devenu le Québec sous un quatrième mandat libéral. J'en avais froid dans le dos. Voilà pourquoi j'affirme que le Québec s'est sorti la tête de l'eau juste à temps. Reste à voir comment il va rejoindre le rivage ! Reste que les affairistes n'ont pas dit leur dernier mot. Je doute que certains députés travailleront dans les intérêts supérieurs du Québec. Il aurait fallu que le vote fasse un plus grand ménage parmi ceux et celles dont le conditionnement du pouvoir a rendu aveugles et sourds. Faudra être vigilants et descendre dans la rue s'il le faut.

 

Marcel Plamondon, MAP 

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 12:24

Ce blogue s'adresse aux électeurs de circonscriptions où le vote est serré et où le PQ est soit en première place soit en seconde. Dans les autres circonscriptions, le vote stratégique ne fait pas de sens et les électeurs peuvent voter selon leurs valeurs, à moins de vouloir donne rau Québec un gouvernement fort qui se rapproche le plus d eleurs valeurs.

 

Frustrant pour un environnementaliste d'assister impuissant au massacre du nord déjà tourné en poubelle par les minières; frustrant de regarder tomber les arbres du joyau québécois de l'île d'Anticosti pour le profit de pétrolières; frustrant de constater que le magouillage permet maintenant aux minières de foncer tout azimut sans évaluation environnementale; frustrant de ne pas pouvoir empêcher les gazières de contaminer éventuellement les nappes phréatiques de la vallée agricole du St-Laurent.

 

Parce qu'un gouvernement gouverne pour le privé, et même le privé étranger, prétextant la création d'emplois, tout en cachant que nous pourrions créer dix, vingt fois plus d'emplois en exploitant autrement nos ressources et en développant une économie verte, tout en laissant un héritage aux générations futures. Par ailleurs, on se demande pourquoi ce gouvernement n'a pas créé ces emplois avant...

 

Mais il n'y a pas que les environnementalistes qui font face à un mur de Berlin sous les libéraux, ajoutons les sociaux-démocrates qui voient l'écart augmenter entre riches et pauvres, les jeunes générations, méprisées et même matraquées, les citoyens qui compensent par la « juste part » les milliards $ en fonds publics que s'approprient les entreprises, par exemple les routes pour les minières, les personnes âgées parquées dans les CHSLD avec soins minimaux, les malades qui croupissent dans les couloirs des urgences et aux portes des blocs opératoires, aux familles monoparentales qui reçoivent de quoi juste payer le loyer et j'en passe.

 

IMPUISSANCE ! Tant et aussi longtemps que les libéraux seront au pouvoir. Il faut arrêter de crier dans le désert. Il faut débarrasser le Québec de ce gouvernement qui ne gouverne que pour ses donateurs, en se cachant sous le feu d'artifice de ses discours manipulateurs de l'opinion.

 

Je voterai stratégique pour le seul parti politique qui a la possibilité de nous débarrasser des libéraux, soit le Parti Québécois. Et non, je ne suis pas un traite aux valeurs que je poursuis au sein de partis politiques comme le Parti Vert et Québec Solidaire.

 

Certes le Parti Québécois aura une dette envers ceux et celles qui voteront de façon stratégique et je compte qu'il l'honorera. Reconnaissance des valeurs de ces voteurs stratégiques et donc instauration du vote proportionnel pour donner enfin une représentation parlementaire à leurs valeurs. Et un financement public "minimum", à définir, autre que le prorata de voteurs qui n'avantage que les partis traditionnels déjà bien financés, assorti d'une couverture plus équitable des médias.

 

Il faut aussi prendre en compte la détermination et l'avenir des jeunes générations. Ce n'est pas unique au Québec mais cela se passe aussi chez nous. Mettez-vous à la place des jeunes : quel horizon leur offre les libéraux? Celle de la crise étudiante mais en pire pour l'avenir. Ces jeunes pensent au-delà des frais de scolarité, ils pensent à demain, à un Québec livré entre les mains d'entreprises motivées uniquement par le profit maximum, ignorant l'environnement et les valeurs sociales du Québec, comme la justice dans la distribution de la richesse, la langue, qui sera nécessairement l'anglais, les droits que la loi 12 a suspendus et qui ne nous serons pas rendus intacts, des emplois modelés sur le rendement du capital donc vidés de sens autres que le salaire. Nous ne pouvons pas léguer un tel héritage empoisonné à nos propres enfants, quand même ! Et nous ne pouvons pas les forcer à devoir utiliser la violence en désespoir de cause.

 

Le vote stratégique ne signifie pas la mort des tiers-partis ou des petits partis. Seulement un report. Il faut savoir perdre une bataille pour gagner la guerre! C'est l'avenir du Québec qui est en jeu à la présente élection, rien de moins.

 

J'exagère? Non, j'ose un cri du cœur...parce que je veux pour mes enfants la vie que m'a permis de vivre la Révolution tranquille et plus encore! Pas vous?

 

Marcel Plamondon, MAP

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 20:27

Le déclenchement des élections par Charest ressemble à un quitte ou double. On remarque d'abord le choix de la « seule » période électorale favorable aux libéraux au cours des prochains 18 mois. Les libéraux veulent d'abord éviter la commission Charbonneau à l'automne qui risque de les éclabousser passablement et ce pendant des mois; à noter que Charest ne pourra pas manipuler une « juge », ce n'est pas une fonctionnaire! et une juge qui ne tient certes pas à perdre sa réputation d'intégrité; ensuite, d'une part la rentrée scolaire, que Charest espère tumultueuse pour continuer à tabler sur la loi et l'ordre; et d'autre part les vacances d'été qui habituellement n'encourage pas l'engagement politique et offre alors un bas taux de votation qui profite au gouvernement sortant. Face aux autres aprtis, le moment est mal choisi : il faut être désespéré pour prendre un tel risque quand le PQ devance les libéraux dans les sondages et que la CAQ reprend du poil de la bête (surtout après avoir récemment affaibli les libéraux lors de l'élection partielle dans Argenteuil). Désespéré enfin de tenir le record d'insatisfaction de la population depuis des années et qui perdurera ou même empirera !

 

Ça sent la fin de régime quand un parti a de la difficulté à recruter des candidats de prestige. Trois de la défunte ADQ, sans faits d'armes particuliers, des quasi inconnus. Mais deux maires...du nord, sans grande envergure. Le PQ et même la CAQ ont fait mieux, beaucoup mieux. Les têtes d'affiche font la moue aux libéraux.

 

Mais ce qui condamne le plus les libéraux, c'est le climat social qui peut se résumer dans une « résistance » de plus en plus organisée contre l'exploitation des ressources version néolibérale. On pense au gaz de schiste, aux minerai du nord et au pétrole d'Anticosti. Les études fusent qui dénoncent la bradage des ressources, le peu de redevances et l'absence de transformation au Québec. De nombreuses municipalités ont dit non au gaz de schiste et elles semblent déterminées. La marge de manœuvre des libéraux rétrécit et je vois mal la police antiémeute aux portes des municipalités.

 

Le climat social inclut évidemment la crise étudiante. Il y a accalmie actuellement mais il ne faut pas se fier aux eaux dormantes. Les étudiants ne cèderont pas, ils sont déjà allés trop loin, surtout qu'une partie de plus en plus importante de la population se joignent à eux et/ou changent leur opinion. On pense aux casseroles et aux plus âgés qui se joignent aux jeunes par milliers. Il y a véritablement crise sociale et c'est celle du rejet de la fameuse « juste part »...des contribuables non fortunés (et endettés) et de la privatisation aveugle. Les gens voient bien qu'il vaut mieux payer pour être soignés et que les CLSC deviennent des coquilles vides de plus en plus. Et les urgences, à désespérer! Depuis la promesse libérale de 2003 de régler enfin (!) l'engorgement des urgences...

 

La loi et l'ordre! Quand il n'y a plus que la peur pour rallier le vote, l'heure est grave, dirait mon grand-père qui a vu bien de l'eau couler sous les ponts.

 

Et les libéraux ne contrôlent pas les réseaux sociaux. Des dinosaures quoi! Vu le nombre de québécois sur Facebook et Twitter, les réseaux sociaux joueront un rôle important dans les résultats et ce sera au détriment des libéraux. Ils n'ont pas vu venir cette vague virtuelle mais bien réelle (!), dont profitent les autres partis, du moins par leur présence et pour certains depuis longtemps. J'oserais même affirmer que la lutte de l'opinion publique se fera entre les réseaux sociaux et les médias traditionnels dont la majorité, si on exclut Le Devoir et en partie la SRC, penchent plutôt du côté libéral.

 

Une victoire libérale serait une victoire à la Pyrrhus. Je ne pense pas que les libéraux se rendraient à la fin de leur mandat, pas le nouveau qu'ils obtiendraient mais le temps qui resterait au présent mandat s'il n'y avait pas eu d'élection. Comme si pour Charest, bête politique, le seul but était d'obtenir comme chef un 4ième mandat, advienne que pourra. Tout un chef de parti, tout un chef d'état!

 

Marcel Plamondon, MAP

 

 

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 08:53

Voici ma conclusion à la fin de ce blogue : si Charest reprend le pouvoir, majoritaire ou même minoritaire (une coalition est plausible avec la CAQ), le Québec s'enfoncera dans le néolibéralisme, avec en prime, mais quand? une révolte populaire due à une paupérisation de masse.

 

La chroniqueure politique Chantal Hébert disait des prochaines élections au Québec que tout peut arriver. Certes, en partie, à cause de la présence de la CAQ : Legault est allé chercher du vote chez les libéraux dans Argenteuil, faisant élire le candidat péquiste (ce n'est donc pas une percée péquiste). Cela se produira-t-il encore et ailleurs? Ce pourrait être le cas dans les circonscriptions anglophones qui ont déjà contribué à propulser l'ADQ à l'opposition à l'Assemblée Nationale. Certes aussi en partie au vote étudiant mais se concrétisera-t-il, surtout depuis que le DGE a changé les règles de votation pour les résidents dits « temporaires » : les étudiants vont-ils faire l'effort de s'enregistrer pour pouvoir voter pour les candidats dans la circonscription...de leurs parents? En auront-ils le temps si la rentrée est à la mi-août et le vote début septembre?

 

Les intentions de vote au PQ semble plafonnées depuis un bon bout de temps. La surprise ne viendra pas de là. Au-delà de la division du vote francophone, qui pourrait faire élire quelques libéraux, l'inconnu reste la CAQ et le vote anglophone/allophone. Par ailleurs, le Québec va-t-il répéter son virage fédéral inattendu au NPD avec la CAQ au provincial, déjouant encore une fois les sondages? Certes, le mécontentement envers Charest a atteint un record mais l'homme est rusé comme un renard. Dans la lettre du PLQ au DGE demandant de surveiller les dépenses électorales de la CLASSE durant la période électorale, on fait mention de l'émeute de Victoriaville. Cette simple (!) mention, hors contexte, en dit long sur le souhait des libéraux, non? Faudra surveiller les casseurs en cas de manifestations mais sans pouvoir identifier leur provenance, l'effet Loi et Ordre apportera des votes aux libéraux -sauf s'il y a mort d'homme, ce que personne ne souhaite. Paradoxalement, la CLASSE pourrait faire élire son propre bourreau (!).

 

Le bilan libérale depuis 2003 est dévastateur. Consulter à ce sujet l'excellent travail de recherche exposé sur le site web www.liberaux.net. Les projets à l'agenda des libéraux font peur : un Plan Nord où les subventions dépasseraient les redevances et sans transformation des ressources au Québec; l'attente des gazières, claims en main, pour envahir la vallée (agricole) du Saint-Laurent; le pétrole d'Anticosti dont les forages débuteront sous peu; la possible privatisation d'Hydro-Québec, voire de la Caisse de dépôts (?) et la fameuse « juste part » qui s'étendra à tous les services à la population. Et l'endettement du Québec qui a déjà fait tout un saut quasi olympique sous Charest!

 

Mais qu'en serait-il avec le PQ au juste? Il n'est pas contre l'exploitation des ressources, seulement pour en tirer plus de bénéfices pour la province. Arrêtera-t-il le massacre environnemental de La Romaine, on parle ici non seulement des écosystèmes du nord mais aussi de la perte d'oxygénation du fleuve Saint-Laurent? Fera-t-il marche arrière sur la juste part en augmentant l'impôt des entreprises ou en imposant une taxe aux banques? Depuis 1995, sous Lucien Bouchard, le PQ a « oublié » tout le pan de la social-démocratie, repris par Québec solidaire. La « gouvernance péquiste » prendra-t-elle toute son énergie au dépend des services à la population? Cela dépendra de ce que le PQ retiendra des acquis de la Révolution tranquille. Mais à la base, cela dépendra grandement si le PQ est majoritaire ou non, car la CAQ a un penchant naturel PLQ. Le PQ minoritaire signifierait le statu quo jusqu'à ce qu'il tombe sous l'élection d'un chef charismatique au PLQ.

 

Peut-on prévoir actuellement un gagnant car tout peut arriver? Je pense que oui. A long terme, le gagnant sera la CLASSE mais à quel prix? Dans un Québec péquiste, qui renouera quelque peu avec la Révolution tranquille, les bénéfices surpasseront les coûts. Mais dans un Québec libéral, qui aura tout cédé au privé, la tiers mondialisation de l'économie aboutira à une révolte sociale que dirigera les actuels étudiants extrémistes devenus professionnels. La population souffrira grandement. Il faudra au moins une génération pour que le Québec se sorte la tête de l'eau et encore !

 

Marcel Plamondon, MAP

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 18:03

Situons-nous dans le contexte de la loi 78 qui permet toutes les répressions et ce, en pleine campagne électorale. Charest en sortirait gagnant, n'ayant qu'une faible opposition, et n'aurait plus de limites à imposer sa gouvernance néolibérale en faveur du privé, quitte à remplir les prisons. Je ne fabule pas. Depuis des mois, Charest ne cherche qu'une occasion de déclencher des élections sur la base de son Plan Nord -et non une sortie de crise sur les frais de scolarité. Sur ce plan, je donne raison à l'éditorial du Devoir (samedi 2 juin 2012). Sauf si un juge acceptait de « suspendre » l'application de la loi 78 ? Nous y sommes.

 

Imaginez que Charest ne peut plus faire déclarer une manifestation illégale et dissoudre les associations étudiantes? La répression des manifestants, qui serait encore plus violente, ne serait pas justifiée. Il y aurait probablement des émeutes. Qui voterait pour un premier ministre incapable d'assurer la paix sociale, et ce en pleine saison estivale, un minimum dans la vie d'une société (dite) évoluée ?

 

La décision d'un juge peut parfois avoir des conséquences considérables sur une société. Songez seulement à criminalisation de l'avortement. Voilà pourquoi un juge est un juge, il doit non seulement se baser sur la lettre de la loi mais aussi sur l'esprit de la loi -sinon un ordinateur serait plus efficace. Que sera la décision face à la demande d'annulation de l'application de la loi 78 ? Je ne suis pas juriste, mais les « atteintes supposées » à plusieurs droits fondamentaux peuvent justifier la suspension temporaire de cette loi jusqu'à ce qu'un tribunal supérieur l'approuve ou la rejette.

 

A suivre donc.

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

 

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 17:57

Aujourd'hui jeudi 31 mai 2012, après l'échec des négociations des étudiants avec le gouvernement, sur une question portant sur la non discussion sur la loi 78 durant les négociations, Charest a répété que la loi spéciale permettait entre autres aux étudiants qui veulent étudier d'assister à leurs cours. C'est, clairement, la négation du droit d'association des étudiants, inclus dans la loi des universités certes mais plus fondamental, dans la constitution même du Canada, dans la Charte canadienne des droits et libertés (art 2) (*). Le droit d'association est constitutionnel mais pas le droit à l'éducation. On peut le déplorer mais la constitution est la constitution. Clairement, cela veut dire que si une association d'étudiants décide d'entrer en grève par vote de majorité simple, tous les étudiants sont en grève, même ceux qui n'ont pas voté. Sur ce plan, bien des juristes ne comprennent pas qu'un juge ait accordé des injonctions de retour en classe.

 

Charest est avocat et il sait très bien tout cela mais il joue à la désinformation et la manipulation de la population, faisant appel à l'émotion (les étudiants qui ont « droit » d'étudier), à la responsabilité (la juste part) et à la peur (intimidation des étudiants, violence aux portes des écoles).

 

(*) libertés fondamentales

art 2. Chacun a les libertés fondamentales suivantes :

a) liberté de conscience et de religion;

b) liberté de pensée, de croyance, d'opinion et d'expression, y compris la liberté de la presse et des autres moyens de communication;

c) liberté de réunion pacifique;

d) liberté d'association

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 07:10

Tout au long de la grève étudiante, les ennemis « visibles » étaient Charest, le gouvernement, et Gabriel Nadeau-Dubois, les étudiants. Du moins, c'est ce que la presse a montré, y compris les réseaux sociaux. Pourtant, les étudiants pointaient les universités, leur gestion, où, affirmaient-ils, études à l'appui, il y avait des économies à faire, justifiant ainsi le non-recours à une hausse des frais de scolarité de la part du gouvernement. N'avez-vous pas été surpris, certains scandalisés, quand les leaders étudiants proposèrent que les professeurs fassent moins de recherche et plus d'enseignement? Ils auraient dû être plus clairs et dire : moins de recherches « affairistes », pour les entreprises, et plus d'enseignement, actuellement confiée à des chargés de cours, nécessairement moins savants, et à moindre coût.

 

Si les étudiants se sont attaqués au gouvernement, c'était pour le rappeler à la raison, à son rôle de représentant des intérêts collectifs. Augmenter les frais de scolarité était de jouer le jeu des recteurs qui transforment depuis une dizaine d'années l'université en succursale des entreprises : recherches affairistes, autrefois assumées par les entreprises elles-mêmes, et usine à diplômes-marché-du-travail -d'où le marketing et l'extension en satellites sur le territoire, pour augmenter la clientèle et les contrats de recherches. Exit la mission traditionnelle de haut savoir, à transmettre aux étudiants par ceux-là même qui la détiennent, et la recherche fondamentale d'avancement des connaissances (recherches qui semblent de moins en moins donner de nouveaux résultats). Voir à ce sujet une analyse publiée dans Le Devoir : « Suisse: quand le « modèle américain » tue l’université »

 

Les étudiants, en s'adressant à « leur » gouvernement, ont reçu une douche froide ou plutôt un choc existentiel : le gouvernement était du côté des recteurs et du côté des entreprises bénéficiaires de la recherche affairiste et, il faut l'ajouter, contributeurs aux caisses électorales! Les étudiants se sont raidis et pour cause car qui d'autres pouvaient soutenir leur cause sinon leur gouvernement ? Le reste s'en est suivi, dont l'habile détournement du véritable enjeu par Charest qui garda notre regard rivé sur la tentative des étudiants d'infléchir « le » gouvernement, responsable des décisions collectives et de la paix sociale...Les recteurs ont certainement trinqué à cette habile manipulation! Je les vois s'esclaffer dans leur scotch le soir où RDI montra la poignée de mains de la ministre Courchène aux leaders étudiants!

 

Sauf que maintenant les étudiants ont deux ennemis, les libéraux et les recteurs, mais de nouveaux « amiEs » de plus en plus nombreux dans la population qui commence à comprendre, à comprendre que la « juste part » demandée aux étudiants ressemble pas mal à la juste part qu'on lui impose et qu'elle juge de plus en plus injuste et immorale.

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 15:33

La grève étudiante a eu un effet de réveil de la population mais, précisons tout de suite, pas encore de pleine conscience du problème social que cette grève a fait émerger après l'assaut de l'idéologie du néolibéralisme, résumé par l'expression de l'utilisateur-payeur, des rumeurs (!) de corruption quasi généralisée jusqu'au plus haut niveau du politique, des nombreuses surtaxations de l'état et de l'endettement des ménages. Il y a encore place dans la perception de l'état de la nation pour la désinformation et la manipulation des médias pro-libéral. En d'autres mots, la population n'a pas encore assez souffert de l'agonie de la social-démocratie héritée de la Révolution Tranquille pour en prendre pleinement conscience. Il y a là, il va sans dire, tout un programme politique pour l'opposition.

 

Sauf chez les jeunes! Mettez-vous à leur place : ils ont grandi dans un climat de politique montré du doigt comme corrompu et parfois jusqu'à la moelle, leurs parents se plaignent de soins de santé de plus en plus inaccessibles sauf si tu payes, ils ont pris conscience des mensonges et ententes secrètes des politiciens avec les gazières, les pétrolières et les minières dont on dit, études à l'appui, qu'elles ne laissent que tomber des miettes de leur table tout en polluant à qui mieux mieux, qu'ils doivent travailler en plus de s'endetter pour poursuivre des études avancées et dont le remboursement s'étalera sur des dizaines d'années, au profit des banques déjà riches, lesquelles banques font des fortunes en spéculant sur des produits financiers qui ressemblent à des chimères. On pourrait continuer la liste sur des pages si on inclut le bilan du gouvernement Charest dont on trouve une liste fort éloquente ici sous le titre de L'indignation en chiffres et en aberrations. « Pour la génération des baby-boomers, la Grande Noirceur est peut-être derrière dans le souvenir de Duplessis. Mais pour la jeunesse qui est dans la rue actuellement et depuis 2001, 2005 et le G20 de Toronto, la Grande Noirceur est droit devant : Charest à Québec, Harper à Ottawa. Dans les deux cas, le budget sert d’arme de destruction massive des politiques sociales. »(L’acte fondateur de l’âge barbare,Le Devoir, 23 mai 2012)

 

Ce serait inconscient, et dangereux pour la paix sociale, de croire que les jeunes vont entrer dans le rang, comme le leur ordonnait (!) Lucien Bouchard. Quand l'avenir est bloqué, tu rues dans les brancards comme on dit! Les jeunes vont faire tomber le mur qui se dresse devant eux, tout simplement parce que la vie trouve toujours son chemin, n'en déplaise, ajouterais-je, aux morts-vivants!

La question est de savoir si cette révolution à venir sera aussi tranquille que la précédente des baby-boomers.

 

Je ne crois pas pour une raison incontournable : « l'économie n'est plus infléchie par le politique comme au temps de Duplessis mais par la haute finance qui, au surplus, infléchit le politique. » Si la haute finance, par la déréglementation, a imposé la mondialisation, elle impose conséquemment les lois du marché à la vie sociale et politique au sein de chaque état. C'est David devant Goliath! Relativisons ici puisque le Québec n'est pas le Canada de Harper ni les États-unis de Bush. Le Québec a encore une identité culturelle (oui, encore!), le Québec a l'habitude centenaire de se serrer les coudes pour survivre comme peuple dans cette mer anglophone de l'Amérique, la social-démocratie n'est pas à sa phase terminale comme en témoigne un écart moins grand entre riches et pauvres et ses nombreux programmes d'équité sociale.

 

Reste que dans le contexte de 10 ans de réingénierie de l'état par les libéraux du tout au privé et de l'utilisateur-payeur, l'avenir des jeunes reste sombre et ils devront jouer du coude pour s'installer selon leurs propres valeurs et idéaux, d'autant qu'ils forment un groupe minoritaire, contrairement aux baby-boomers (finalement, ces derniers, ils l'ont eu facile leur révolution, non?). Il y aura révolution, c'est obligé, et sa tranquillité dépendra d'une part de son poids démographique, à savoir de la mobilisation des plus âgés, et d'autre part, de la réceptivité du parti politique qui sera au pouvoir.

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue  

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 20:18

Le but recherché par l'augmentation des droits de scolarité était de mieux financer les universités. Comme justification, Charest a avancé la « juste part » des étudiants. Un groupe important d'étudiants, on parle de 30%, a dit non. Ce n'est pas rien, surtout si on considère que les libéraux ont été élus par seulement 24% de l'électorat. La grève dure encore. Précisons qu'il s'agit bien d'une grève puisque votée en assemblées en bonne et due forme, bien que Charest utilise le terme de boycott pour éviter les inconvénients des aspects légaux justement, d'où les injonctions des dits « verts », ceux contre la grève.

 

Il y plusieurs façons de financer les universités. Et les droits de scolarité ne semblent pas être la meilleure voie : « L'élimination des droits de scolarité universitaires permettrait au gouvernement du Québec d'économiser de l'argent, selon un rapport de l'Institut de recherche en économie contemporaine (IREC). » (http://argent.canoe.ca/lca/affaires/quebec/archives/2012/01/20120123-181559.html ).

« En fait, les universités du Québec reçoivent beaucoup d’argent, elles souffrent plutôt d’un malfinancement, c’est-à-dire d’une mauvaise répartition des ressources. » (http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2011/11/brochure-faut-il-vraiment-augmenter.pdf ). Même les étudiants en grève ont présenté des solutions de financement autres que les droits de scolarité (http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2012/05/01/004-proposition-fecq-feuq-etudiants.shtml ).

 

Des alternatives valables de financement des universités existent donc. Pourquoi Charest s'en est-il tenu seulement aux droits de scolarité? Parce que la décision, disait-il, avait été prise voilà un an. Et puis? Mais sur quelles bases s'est prise cette décision? Semble bien que les recteurs et les affairistes ont eu leur mot à dire, passant à Charest une camisole de force. On sait fort bien que les recteurs ont rejeté l'entente passée avec les étudiants lors du congrès libéral de Victoriaville -Charest n'a-t-il pas alors assuré les opposants au gel en déclarant que sa politique d'augmentation des droits de scolarité demeurait et ce, au moment même où se tenait à huit-clos la négociation des étudiants avec sa ministre de l'éducation?

 

Charest, et son ministre des finances Bachand probablement l'initiateur de cette mesure, ne s'attendaient sûrement pas à une telle résistance des étudiants. Charest s'est retrouvé peinturé dans le coin. L'affrontement des recteurs et des affairistes tirant avantage de recherches universitaires appliquées lui aurait coûté plus cher, voire le pouvoir. Il était plus facile d'utiliser la démagogie, on pense au 50¢ par jour et à la « juste part » pour mettre la population de son bord.

 

Mais si Charest a évité le pire, à son point de vue, il a probablement perdu la guerre. La vie universitaire ne sera plus jamais la même. La vie étudiante non plus à noter une certaine prise de conscience au secondaire même. Si Charest comptait sur l'abstention électorale des jeunes pour gagner la prochaine élection, c'est à oublier. Il ne lui reste que le vote anglophone et allophone et celui des plus âgés les moins politisés. Ce que retiendra la population en général c'est sa mauvaise gestion de la crise étudiante. Charest n'a pas été à la hauteur. Reste à voir les effets de la loi spéciale de retour en classe. La paix sociale est loin d'être acquise.

 

Il visa le noir et tua le blanc!

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue.

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 20:12

La grève étudiante a révélé une fois de plus la superbe de Charest, qui se traduit par des entêtements typiques des enfants gâtés, on pense aussi à la centrale du Suroît, et une désinvolture du facial, alternant un sourire qui en dit long sur l'estime qu'il se porte et le rictus hargneux du susceptible vengeur qu'il a montré tout au long de la grève étudiante. Charest n'a pas connu d'expériences de vie autres que la politique. Il ignore ce que c'est que la vie de citoyen, même s'il doit, forcément, payer ses taxes foncières, et, pour exemple, voter de temps à autre! Et il ne sait ce que sont les quarts de travail, manuel comme clérical, dans un contexte d'usine, de bureau ou de supermarché ou l'angoisse du travailleur indépendant à la recherche de contrats. Que dire maintenant de la quasi-vocation du professeur ou de l'infirmière, forcément centré sur l'usager. Une absence du principe de réalité quoi!

 

Charest a passé sa vie dans une bulle. Et quel est l'enjeu réel dans cette bulle au-delà du mensonge du service au public? Le pouvoir! D'autant si cette bulle est conservatrice, où le recours à l'autoritarisme est le mécanisme garantissant le maintient ou le retour aux politiques de droite. Ce qui implique contrôle, manipulation, voire corruption. D'un côté, convaincre la population qu'on gouverne pour elle. De l'autre, assurer le financement des campagnes électorales. A ce que je sache, ce ne sont pas les petits travailleurs qui financent les partis. D'où glissement des politiques en faveur des contributeurs, ce qu'on appelle le renvoi d'ascenseur. La juste part...(1)

 

Je n'ai jamais connu de gouvernements de facture conservatrice qui carburaient au sens de l'état. Peut-être un peu sous Diefenbaker ou Clark? Concédons ces exceptions qui nous font prendre conscience de l'épaisseur et de la noirceur de la brume conservatrice canadienne actuelle d'où Charest tire ses origines.

 

Pouvez-vous me nommer une seule politique publique de Charest qui fut un succès? Certains suggèreront les garderies à 7$. Sauf que les riches payent le même montant que les pauvres, comme pour la taxe-santé de 200$. Les riches ne sont pas soumis au principe de l'utilisateur-payeur! Les urgences? On attend encore depuis...2003! L'éducation? On en vit présentement en mode surréaliste, les étudiants inscrits dans les professions les plus rentables payant les mêmes droits de scolarité que ceux disons en histoire ou en philosophie. Charest va créer une bulle financière avec l'endettement des étudiants. Et que dire de la culture et la langue, avec Madame écoles-passerelles...(tiens, un succès!).

 

Les gazières et pétrolières ont même dû faire appel au Lucide-en-chef Lucien Bouchard pour convaincre la population que la contamination des nappes phréatiques des terres agricoles du Québec l'était « dans les intérêts supérieurs » du Québec. Faut le faire, non? Je passe sous silence l'augmentation importante de la dette du Québec avec les infrastructures, dans le budget desquelles on cherche encore une mystérieuse disparition de 4 milliards $. La réingénierie de l'état a abouti à la perte d'expertise au ministère des transports, avec présence de représentants du génie-conseil dans les bureaux des fonctionnaires. Tout un exploit! Pour les PPP, on repassera.

 

Le Plan Nord! Supposément le projet d'une génération. Des emplois, oui, il y en aura...quelques-uns à comparer au nombre considérable que génèrerait la transformation du minerai au Québec plutôt que son exportation brute à l'étranger. Du Duplessis tout craché. Et depuis quand la loi qui rend les minières propriétaires du sous-sol de terrains privés achetés en toute légalité et de bonne foi est-elle une bonne loi? Ici, la désobéissance civile s'impose...moralement! (Pour une liste plus complète des échecs et coups-bas de Charest, suivez ce lien : http://on.fb.me/K9vpKa).

 

L'époque de Duplessis est appelée celle de la grande noirceur. Celle de Charest sera appelée celle de la liquidation! Et ce ne sera pas dans la grande noirceur mais sous les feux de la rampe! Un encan national, aux plus offrants. Notre seul espoir est cette jeune génération qui ose lever le poing et qui défie encore le « Rentrez dans le rang » de Lucien Bouchard!

 

(1) « « pensée unique », la doctrine néolibérale, continue de légitimer la prédation, la dépossession et la privatisation du bien commun et des biens publics » ( dans : http://cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=1357sur la désobéissance civile) Définition du néolibéralisme actuel : une technique de gouvernement, une politique économique et sociale étendant l'emprise des mécanismes du marché à l'ensemble de la vie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Néolibéralisme)

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 19:25

La sortie de Justin Trudeau disant ne plus reconnaître le Canada historique sous Harper relance la réflexion sur l'avenir de ce pays. Certes, nous savons que Harper a entrepris une réingénierieconforme à la vision du Reform Party, donc moins d'état, plus de la loi et l'ordre, rattachement à la monarchie, coupures dans le social et la santé, etc. mais qu'en sera-t-il de la survie même du Canada, de son intégrité territoriale? Ici, l'enjeu canadien va au-delà de la question de l'indépendance du Québec.

 

Il est évident que le pouvoir fédéral s'est déplacé du Canada central à l'Ouest canadien. L'élection d'un gouvernement conservateur-réforme y est certes pour beaucoup, en obtenant la majorité des sièges sans le Québec. Mais ce serait oublier l'impact considérable de l'exploitation des sables bitumineux qui en augmentant la valeur du dollar a sérieusement affaibli le Canada central, l'Ontario et le Québec, en provoquant la perte de plus de 150,000 emplois dans le secteur manufacturier qui a vu ses exportations diminuer continuellement depuis 2002. En d'autres mots, le pouvoir et l'argent sont maintenant dans l'Ouest!

 

Certes, les valeurs québécoises sont à l'opposé des nouvelles valeurs canadiennes, du moins celles que veut imposer le parti conservateur. Le Québec ne se reconnaît pas dans ce nouveau Canada. La probabilité d'une sécession du Québec en augmente d'autant, surtout si le fédéral se montre moins généreux...ce qui fut le cas pour les contrats de 35 milliards $ pour les frégates, Québec n'ayant rien reçu pour son chantier Davie. On s'interroge aussi sur le financement du pont Champlain, sur le retrait partiel du fédéral en santé et possiblement sur les pensions, ce qui augmenterait par ricochet le coût de la sécurité sociale.

 

Mais d'autres velléités d'indépendance pourraient apparaître. On pense à la Colombie-Britannique d'abord. Cette province est moitié californienne et moitié...chinoise! Il ne faut pas oublier que les Rocheuses ont toujours isolé cette province. Il n'est pas certain que la C-B adoptera les valeurs d'un reform party ou se laissera appauvrir par l'Ouest. De toutes façons, je considère qu'elle est « indépendante » dans les faits. Alors...

 

Mais le grand risque est en...Ontario. Certes, Harper est allé chercher ses sièges manquants en Ontario. Cette fois-ci, car l'augmentation des sièges dans l'ouest pourrait affaiblir, voire annuler la position de force de l'Ontario. Par ailleurs, les Ontariens ont élu un gouvernement libéral alors qu'on attendait un gouvernement conservateur. En d'autres mots, l'Ontario ne semble pas prête à adopter la culture du reform party de l'Ouest. Ce qui s'explique en partie par le fond culturel des Ontariens, plutôt « british », et par le poids historique de la formation du Canada, le Haut-Canada et le Bas-Canada ayant été les assises constitutives du nouveau pays. On disait souvent chez les fonctionnaires fédéraux que Queen's Park et Ottawa étaient du pareil au même...les fonctionnaires travaillant tantôt pour l'un tantôt pour l'autre!

 

J'ajouterais la base d'une « complicité » de ces deux provinces malgré des cultures différentes. Car il y a complicité de voisinage au-delà des luttes parfois fratricides et des chicanes politiques, notamment sur la langue. Ce sont les deux provinces industrielles et financières du Canada, ce sont les deux provinces qui ont marqué l'histoire politique, ce sont les deux provinces « métropolitaines  et culturelles», qui ont et font encore rayonner le Canada à l'international. Serait-on surpris qu'elles songent un jour à former un nouveau pays ensemble si elles sont acculés au pied du mur ?

 

L'hypothèse d'un « Pays Ontario-Québec » n'est pas si incongrue qu'elle en a l'air. Ce serait un compromis qui ne ferait que continuer la situation actuelle mais sans les vicissitudes d'un pays sous la domination du reform party...

 

Quant à l'Ouest, la survie du Canada actuel ne semble pas être un enjeu. La richesse aveugle et rend « indépendant » certes, mais le fond culturel « cowboy du Texas » se suffit à lui-même. L'ouest pourrait tout naturellement s'annexer aux États-unis!

 

Reste l'Est canadien. Il apparaît, dit sans méchanceté ici, comme un no man's land : quatre provinces, quatre « petits pays » pays! Isolés les uns des autres? En partie, car Terre-Neuve « irlandais » a bien des points communs avec le Québec, les francophones du Nouveau-Brunswick ne sont pas hostiles aux québécois, les anglophones peuvent se reconnaître en Nouvelle-écosse, bien que celle-ci soit très loyalistes. L'Île-du-Prince-Edouard est depuis toujours British. Essayez de rattacher cet ensemble plutôt hétéroclite et de surcroît plutôt pauvre, avec l'ouest canadien. Ou essayez de faire un pays avec autant de différences et d'attachements particuliers.

 

Un historien féru de l'histoire canadienne pourrait faire valoir que je coupe court parfois, ou souvent, ou que j'oublie bien des facteurs conditionnant l'appartenance à un pays. Bienvenue, car cela ferait avancer la réflexion et préciserait les enjeux. Il n'en reste pas moins que les Canadiens, et évidemment les Québécois, commencent à se demander où va le Canada, du moins s'y reconnaissent de moins en moins, et que, si la tendance se maintient, je crois même qu'elle s'amplifiera, que cela met en péril l'existence même du Canada. « What does Canada want » n'est plus pertinent!

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue.

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