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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 08:40

(J'entends le mot "parlement" ici dans le sens que lui donne Harper, soit le parti conservateur uniquement (le gouvernement Harper...).  L'opposition est pour Harper une vue de l'esprit, tout au plus un agacement. Son comportement en chambre est très clair sur ce plan.)

 

Stephen Harper et Stockwell Day, candidats tous les deux à la chefferie du nouveau parti conservateur résultant de la fusion du Reform Party et du Partie Progressistes Conservateurs, Stephen Harper, pourtant vainqueur de cette course à la chefferie, n'est pas le seul chef. Contre toute attente, les deux forment, dans les faits, une chefferie bicéphale à la tête du PC.

 

Harper n'avait pas le choix : Stockwell Day est le « gourou » de ces « fourmis religieuses » qui, jour après jour, de porte à porte, allaient le faire élire. Il leur a même ouvert les portes du Parlement qu'ils arpentent sans restriction aucune, comme s'ils/elles étaient à la maison (!).

 

Mais qui sont donc ces « fourmis religieuses »? La journaliste Marci Mcdonald les appellent les « chrétiens sociaux » dans son livre « Le facteur Armageddon ». Ce sont principalement des évangélistes fondamentalistes, qui rêvent d'un Canada chrétien (!) en attendant le retour du Christ, en fait quand Israël sera bien établi comme pays hôte, au moment même de l'apocalypse (proche...) ! Pour eux/elles, le Canada a une mission divine (sic) que doit réaliser le pouvoir politique. Ces chrétiens sociaux comptent aussi dans leur rang les autres tenants du créationnisme et les pro-vie.

 

C'est le côté « Dieu » de la chefferie conservatrice. On peut juger cette tête farfelue, risible si ce n'est névrotique, mais on ne peut la négliger. C'est elle qui pousse le dossier anti-avortement entre autres, qui finance la formation de « juristes chrétiens » dont la mission serait de remplacer le droit canadien par la Bible, qui applaudit au renforcement de la loi et de l'ordre, qui continue de militer sur le terrain, de recruter, de vendre le parti conservateur. Une véritable armée en croisade, dont les « colonels » mangent à la table de Harper !

 

Et il y a le côté public, officiel, le côté « Reine », le côté royal ! des membres et supporters conservateurs sur le plan politique mais qui comprend aussi des libertariens, des sympathisants du Tea Party américain et du Wild Rose albertain. l'extrême-droite quoi ! Et parmi les sympathisants « officieux » ou plutôt opportunistes, une bonne partie de la haute finance, notamment dans le secteur des ressources, non sans négliger les autres secteurs, en particulier ceux des spéculateurs ! Ces derniers n'ont-ils pas réussi à faire abaisser le taux d'impôts aux entreprises (le plus bas au monde!), à maintenir les grasses subventions au pétrole et à compliquer la gestion du calcul d'impôts des actionnaires au point qu'il sera encore plus facile d'échapper au fisc ?

 

Quand ces deux larons élaborent ensemble des politiques publiques, cela donne le récent budget Flaherty : démantèlement de l'État, état providence surtout, et soutien financier aux entreprises! Il faut comprendre ici que pour les « chrétiens sociaux », les services publics à la population sont du domaine privé (religieux!), soit de la famille et des communautés locales (religieuses). Ainsi est contrôlée la morale (surtout les péchés de fesses...) et les méchants punis (même si ce sont encore des enfants). Cela justifie aussi l'élimination des études sociales de Statistique Canada. Quant au soutien financier aux entreprises, c'est bien connu, notamment les grasses subventions aux riches pétrolières.

 

Harper le comptable, qui ne parle que d'économie (en fait, faudrait inventer le terme « d'économisme », un régime d'état uniquement centré sur la production capitaliste); Day le prédicateur, docteur de la loi divine de la société. Entre ces deux pôles, le vide!

 

Hors la Reine et Dieu point de salut ! Toutes les autres « têtes » sont qualifiées d'ennemis de l'État, au premier plan les écologistes suivis des scientifiques et militants communautaires, surtout du côté du droit des femmes, auxquels s'ajoutent maintenant les internautes !

 

« God Save the Queen » n'aura jamais été aussi percutant!

 

 

Gouvernement conservateur : après la reine, Dieu?

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue   

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 18:06

Le ministre québécois de la justice, Fournier, semble l'avoir compris quand il déclare que les conservateurs avec C-10 remplacent les juges par les députés, surtout avec les peines minimales obligatoires.  Car le rôle des juges, maintenant évacué, est d'évaluer les circonstances et la responsabilité des accusés pour déterminer une sentence juste (1).  Mais en quoi cela amène un remplacement à terme de l'état de droit par l'état chrétien ?

 

Il faut s'en référer au "programme politique" de la base électorale la plus importante de Harper, les évangélistes fondamentalistes ou chrétiens sociaux comme les nomme la journaliste Marci Mcdonald. Dans son livre "Le facteur Armageddon", Marci Mcdonald montre l'ampleur de ce phénomène d'une justice basée sur la Bible plutôt que sur le Droit et la Charte canadienne des droits et libertés.  Les chrétiens sociaux possèdent des universités qui forment des "juristes chrétiens" dans le but de remplacer les juristes canadiens du droit, incluant les juges et les tribunaux.  Farfelue ? Pas du tout, c'est, comme disent les anglais, "from the horse's mouth" : conférences diverses, écrits dans certains journaux, sites internet, campagnes politiques.

 

Sans qu'on s'en soit rendu compte, cette transformation est commencée : Harper place ses pions juristes un peu partout !

 

C-10 est comme la petite porte arrière par lequel ce changement prend place.  Et ce n'est qu'un début.  Par exemple, du côté avortement, Harper cherchera à faire définir, par le Parlement, le statut de "personne humaine" du foetus. Il couperait ainsi l'herbe sous les pieds de la Cour Suprême ! Tout en contournant la Charte.  

 

Tout sera fait par contournement grâce au pouvoir majoritaire de Harper. La stratégie présumée des fameux robocalls quoi ! Et lentement, par le remplacement des juges et des procureurs de la couronne. 

 

Oui, le but ultime des Reform est l'instauration d'un état chrétien au Canada et ils sont en marche, au coeur même d'un pouvoir politique absolu à Ottawa !

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

 

(1) "La question qui se pose est la suivante, selon l'avocat: est-il approprié que le pouvoir législatif, en adoptant une loi, envoie le signal qu'on ne peut pas faire confiance aux juges et au système de justice? La loi C-10 porterait ainsi atteinte à l'indépendance des tribunaux et ferait entorse au principe de la division des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) propre à une société de droit."    http://www.ledevoir.com/politique/canada/345099/les-criminalistes-du-quebec-vont-contester-c-10 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 16:59

On entend toutes sortes d'arguments en faveur ou contre l'augmentation des frais de scolarité (on devrait dire droits de scolarité).  Comment départager les faits de l'idéologie ou d ela propagande ?  Les étudiants doivent-ils, comme le prétend Charest, faire leur part ?  Est-ce scientifique ou politique pour ne pas dire démagogique ?  Voici les études sur lesquelles s'appuyer (des études scientifiques, pas des études bonhomme-sept-heures de la droite), dont celles du gouvernement lui-même.  Elles vont toutes dans le même sens, augmenter les frais de scolarité réduit l'accessibilité aux études !  La palisse n'aurait pas dit mieux...De toutes façons, le Québec a le devoir, par convention internatioanle signée par le Canada, de viser la gratuité scolaire (voir à la fin de cet article).

 

Étude de l'IRIS (Institut de recherche et d'informations socio-économqiues)

http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/la-hausse-des-frais-de-scolarite-reduira-la-frequentation-universitaire/

 

8 arguments trompeurs sur la hausse des frais de scolarité

http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2011/11/brochure-faut-il-vraiment-augmenter.pdf

 

Déjà, en septembre dernier, un comité gouvernemental venait contredire cette affirmation, à savoir que la hausse des frais de scolarité n'aurait pas d'effet sur l'accessibilité aux études, soulignant qu’au moins 7000 étudiant-es n’auraient plus accès à l’université à cause de la hausse annoncée. Voir : Comité consultatif sur l'accessibilité financière aux études

http://www.cse.gouv.qc.ca/fichiers/documents/publications/ccafe/50-1123.pdf

 

Étude du ministère de l'éducation du Québec

http://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&ved=0CCYQFjAB&url=http%3A%2F%2Fwww.mels.gouv.qc.ca%2Fsections%2FmodesFinancement%2Fpdf%2Fdroits_scolarite.pdf&ei=_uS3TvmKLo3pggfIzbibBg&usg=AFQjCNHcmaWTxnI9Q35DwR8zu7qZE2uWSA&sig2=uDQ6jXNtKqYp9ZmS9ai5jw

 

Par ailleurs, une étude de  l'Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) montre que l'élimination des droits de scolarité universitaires permettrait au gouvernement du Québec d'économiser de l'argent.  

http://argent.canoe.ca/lca/affaires/quebec/archives/2012/01/20120123-181559.html

 

Il faut aussi considérer la dimension sociologique des droits de scolarité : "Quand une génération se sent soutenue par les siens, elle se souvient longtemps et développe le sens de la dette envers cette même communauté. Quand elle a le sentiment de ne pas être soutenue par sa communauté, c'est tout le contraire: elle la rejette et s'inscrit peu à peu, mais très sûrement, sur le chemin du chacun pour soi."

http://quebec.huffingtonpost.ca/maka-kotto/leducation-greve-manifestation_b_1319714.html?ref=canada-quebec

 

Finalement, le Québec a le devoir, par convention internatioanle signée par le Canada, de viser la gratuité scolaire. 

Le Canada a signé le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels du haut-commissariat des Nations Unis aux droits de l'homme qui stipule que : "L'enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l'instauration progressive de la gratuité; " A ce que je vois, en bon conservateur, Charest renie l'engagement formel du Parlement voté par des élus, comme Harper pour Kyoto. C'est quoi ces visages à deux faces en pleine illégalité pour ne pas dire de crime de lèse-majesté ? Charest doit au préalable demander à Harper de désengager le Canada...sinon, il est constitutionnellement obligé de viser la gratuité scolaire. Point.

http://www2.ohchr.org/french/law/cescr.htm

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 19:38

Les Témoins de Jéhovah sont passés ce matin et ont laissé leur petit fascicule sur l'imminence de l'apocalypse (!). Thème majeur actuellement chez les chrétiens évangéliques. Dieu ne cesse, semble-t-il, d'envoyer des signes.

 

Il y a certes l'horloge du Parlement qui s'est arrêtée à 7 h. 28 m., chiffres qui correspondent au Psaume inscrit sur la Tour de la Paix lors de la fondation du Canada : «  Il dominera d’une mer à l’autre, Et du fleuve aux extrémités de la terre » (Psaume 72 verset 8). Dieu aurait donné une mission divine (!) au Canada, celle de préparer le retour du Christ, ce retour devant se produire en Israël, d'où le soutien inconditionnel d'Israël des Reform-Conservateurs.

 

Il y a aussi d'autres signes. Parlons de la baisse de la moralité : avortement, homosexualité, mariage gai. L'action de l'antéchrist qui doit procéder l'apocalypse? En tout cas, une conséquence du « socialisme », de l'État envahisseur et d'un état « athée » surtout. On se demande si le démantèlement de l'état par le gouvernement Harper ne s'inspire pas de cette vision.

 

Mais de nouveaux signes marqueraient l'imminence de l'apocalypse : les catastrophes naturelles de plus en plus nombreuses. C'est dans la Bible. Il serait même « sacrilège » d'accuser l'humain d'être responsable du réchauffement climatique. Commode pour justifier la non-intervention environnementale, ce dont le gouvernement Harper ne se prive pas!

 

Et c'est là que les prédateurs économiques salivent et envahissent l'espace politique et social. Le mouvement est parti des États-unis où les évangéliques ont porté au pouvoir les Républicains, surtout Bush. Ce fut la dérèglementation totale du monde financier. Et la crise! Le Canada n'était pas en reste, juste en retard, retard rattrapé par le Reform Party qui avala le parti progressiste-conseravteur. Et Harper fut élu.

 

La crise économique vit les banques grassement supportées par les fonds publics, les PDG empochant les millions en primes! Et les coupures dans l'état devenir majeures, au point de le paralyser de plus en plus. On s'en va vers l'universalité de l'utilisateur-payeur! La réduction des transferts en santé et les baisses envisagées dans les pensions forceront le recours au privé, donc au monde financier.

 

La fusion église-état a provoqué un transfert du pouvoir politique au monde financier. Dorénavant, c'est dans la rue que s'exprime la démocratie. Occupy Wall Street!

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue.

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 19:25

La sortie de Justin Trudeau disant ne plus reconnaître le Canada historique sous Harper relance la réflexion sur l'avenir de ce pays. Certes, nous savons que Harper a entrepris une réingénierieconforme à la vision du Reform Party, donc moins d'état, plus de la loi et l'ordre, rattachement à la monarchie, coupures dans le social et la santé, etc. mais qu'en sera-t-il de la survie même du Canada, de son intégrité territoriale? Ici, l'enjeu canadien va au-delà de la question de l'indépendance du Québec.

 

Il est évident que le pouvoir fédéral s'est déplacé du Canada central à l'Ouest canadien. L'élection d'un gouvernement conservateur-réforme y est certes pour beaucoup, en obtenant la majorité des sièges sans le Québec. Mais ce serait oublier l'impact considérable de l'exploitation des sables bitumineux qui en augmentant la valeur du dollar a sérieusement affaibli le Canada central, l'Ontario et le Québec, en provoquant la perte de plus de 150,000 emplois dans le secteur manufacturier qui a vu ses exportations diminuer continuellement depuis 2002. En d'autres mots, le pouvoir et l'argent sont maintenant dans l'Ouest!

 

Certes, les valeurs québécoises sont à l'opposé des nouvelles valeurs canadiennes, du moins celles que veut imposer le parti conservateur. Le Québec ne se reconnaît pas dans ce nouveau Canada. La probabilité d'une sécession du Québec en augmente d'autant, surtout si le fédéral se montre moins généreux...ce qui fut le cas pour les contrats de 35 milliards $ pour les frégates, Québec n'ayant rien reçu pour son chantier Davie. On s'interroge aussi sur le financement du pont Champlain, sur le retrait partiel du fédéral en santé et possiblement sur les pensions, ce qui augmenterait par ricochet le coût de la sécurité sociale.

 

Mais d'autres velléités d'indépendance pourraient apparaître. On pense à la Colombie-Britannique d'abord. Cette province est moitié californienne et moitié...chinoise! Il ne faut pas oublier que les Rocheuses ont toujours isolé cette province. Il n'est pas certain que la C-B adoptera les valeurs d'un reform party ou se laissera appauvrir par l'Ouest. De toutes façons, je considère qu'elle est « indépendante » dans les faits. Alors...

 

Mais le grand risque est en...Ontario. Certes, Harper est allé chercher ses sièges manquants en Ontario. Cette fois-ci, car l'augmentation des sièges dans l'ouest pourrait affaiblir, voire annuler la position de force de l'Ontario. Par ailleurs, les Ontariens ont élu un gouvernement libéral alors qu'on attendait un gouvernement conservateur. En d'autres mots, l'Ontario ne semble pas prête à adopter la culture du reform party de l'Ouest. Ce qui s'explique en partie par le fond culturel des Ontariens, plutôt « british », et par le poids historique de la formation du Canada, le Haut-Canada et le Bas-Canada ayant été les assises constitutives du nouveau pays. On disait souvent chez les fonctionnaires fédéraux que Queen's Park et Ottawa étaient du pareil au même...les fonctionnaires travaillant tantôt pour l'un tantôt pour l'autre!

 

J'ajouterais la base d'une « complicité » de ces deux provinces malgré des cultures différentes. Car il y a complicité de voisinage au-delà des luttes parfois fratricides et des chicanes politiques, notamment sur la langue. Ce sont les deux provinces industrielles et financières du Canada, ce sont les deux provinces qui ont marqué l'histoire politique, ce sont les deux provinces « métropolitaines  et culturelles», qui ont et font encore rayonner le Canada à l'international. Serait-on surpris qu'elles songent un jour à former un nouveau pays ensemble si elles sont acculés au pied du mur ?

 

L'hypothèse d'un « Pays Ontario-Québec » n'est pas si incongrue qu'elle en a l'air. Ce serait un compromis qui ne ferait que continuer la situation actuelle mais sans les vicissitudes d'un pays sous la domination du reform party...

 

Quant à l'Ouest, la survie du Canada actuel ne semble pas être un enjeu. La richesse aveugle et rend « indépendant » certes, mais le fond culturel « cowboy du Texas » se suffit à lui-même. L'ouest pourrait tout naturellement s'annexer aux États-unis!

 

Reste l'Est canadien. Il apparaît, dit sans méchanceté ici, comme un no man's land : quatre provinces, quatre « petits pays » pays! Isolés les uns des autres? En partie, car Terre-Neuve « irlandais » a bien des points communs avec le Québec, les francophones du Nouveau-Brunswick ne sont pas hostiles aux québécois, les anglophones peuvent se reconnaître en Nouvelle-écosse, bien que celle-ci soit très loyalistes. L'Île-du-Prince-Edouard est depuis toujours British. Essayez de rattacher cet ensemble plutôt hétéroclite et de surcroît plutôt pauvre, avec l'ouest canadien. Ou essayez de faire un pays avec autant de différences et d'attachements particuliers.

 

Un historien féru de l'histoire canadienne pourrait faire valoir que je coupe court parfois, ou souvent, ou que j'oublie bien des facteurs conditionnant l'appartenance à un pays. Bienvenue, car cela ferait avancer la réflexion et préciserait les enjeux. Il n'en reste pas moins que les Canadiens, et évidemment les Québécois, commencent à se demander où va le Canada, du moins s'y reconnaissent de moins en moins, et que, si la tendance se maintient, je crois même qu'elle s'amplifiera, que cela met en péril l'existence même du Canada. « What does Canada want » n'est plus pertinent!

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 18:44

Les coïncidences en politique ne le sont jamais.  Dans les cas présents, le lien est direct entre d'une part le projet de loi sur la criminalité et l'évocation soudaine de la peine de mort et, d'autre part, le prochain budget fédéral et la remise en question des pensions de vieillesse.  Le lien? Faire peur au monde pour ensuite se rétracter et passer un sapin comme on dit au Québec.

Le projet de loi sur la criminalité soulève bien des oppositions, tout en allant à l'encontre des études sur le sujet.  Par ailleurs, les théo-conservateurs ne croient pas en la réhabilitation.  Leur base électorale non plus, base qui se nourrit, par sa culture de droite, de punitions -pour les évangélistes, utilisons le mot châtiments ! En portant l'attention des médias sur la peine de mort, et les médias ont bien joué le jeu ! Harper fait diversion. En se rétractant, soit en disant non à la réouverture de ce dossier, il se « plie » à la majorité des Canadiens et peut alors présenter quelque chose de plus « soft », son projet de loi sur la criminalité, alors plus acceptable.  Tout le monde, ou presque (sauf le Québec?) est satisfait..Et de un.

Le prochain budget fédéral.  Nous en avons (reçu) une bonne idée : des coupures substantielles dans l'administration publique, coupures qui auront un impact certain sur les services, dont les études scientifiques (ce qui est voulu!); des baisses d'impôts aux entreprises,  tout à fait improductives pour l'économie selon toutes les études sur le sujet, (voir :    http://marcelp7.over-blog.com/article-baisse-d-impots-aux-entreprises-egale-appauvrissement-collectif-la-preuve-ici-66175072.html) mais qui vont profiter à ces centaines de militants PCC qui sont devenus des PME en communications et aux généreux donateurs du parti.   Évidemment, le grand capital se réjouit de pouvoir augmenter les profits des actionnaires;  et les coupures éventuelles dans les transferts à la santé.  Pour contrer ce côté négatif -Harper, économiste et intelligent est parfaitement au courant- quoi de mieux qu'une bonne diversion encore : laisser planer la possibilité d'épargner sur les pensions de vieillesse.  Encore là, les médias ont bien joué leur rôle de diffuseur d'épouvantails.  Harper se rétracte déjà...Ouf! ferons-nous, les aînés sont épargnés.  Sauf que le budget va les appauvrir davantage, comme la classe moyenne, mais c'est moins odieux.

Mais que cherche donc Harper?  Beaucoup de gens s'en doutent : récupérer les milliards $ pour financer ses avions de combat et ses bateaux de guerre, sans toucher aux subventions aux pétrolières.  Soit.  Mais pourquoi faire de toutes ces armes redoutables?  Et c'est là que nous entrons dans le délire religieux !  Je cite ici la grande journaliste Marci McDonald dans son livre (explosif) « Le facteur Armageddon, La montée de la droite chrétienne au canada », p. 161

« À la lecture de ces écrits, il semble clair que Demian (1) voit la réconciliation avec le peuple juif comme une condition essentielle à la réalisation du destin prophétique du Canada...aidera le Canada à jouer son rôle de fin des temps  (soit le retour du Christ en Israël)» Lire l'article : Le Canada meilleur que les États-unis pour Israël

Note : la mission divine du Canada est inscrite, selon la droite religieuse canadienne, sur la Tour de la Paix d'Ottawa, inscription reprise au psaume 72, verset 8 de la Bible :  « Il (le Canada) dominera d'une mer à l'autre, depuis le fleuve jusqu'aux extrémités de la terre ».  Ils avaient vu un signe de Dieu (!) lorsque le 24 mai 2006, à 7 heures 28 a.m., (Bible : 72,8) l’horloge de la Tour du Parlement à Ottawa s’est miraculeusement arrêtée (http://www.politiquebec.com/forum/le-canada-vinci-code-la-droite-religieuse-du-canada-t36065.html)

On comprendra que ça va prendre une armés redoutable pour protéger Israël jusqu'à l'apocalypse!

Je divague? Admettons que des questions se posent...

(1) : Demian influence grandement les relations de Harper avec les autorités israéliennes.

Marcel Plamondon, MAP
Sociologue

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 16:08

Dans toute cette saga du relèvement du plafond de la dette américaine, ce qui a le plus retenu l'attention est l'opposition farouche -certains diraient névrotique ! des Républicains à toute augmentation des impôts -surtout ceux des riches déraisonnablement privilégiés par les administration précédentes, surtout sous Bush. Le Tea Party, viscéralement contre les taxes, triomphait -tout en déstabilisant les "vrais" Républicains. Mais au plus profond de cette "contre-culture libertarienne" se pointait une odeur de race pure -bien mis en évidence en 2010 par les Palin et Bachmann entre autres. Obama était l'homme à abattre, non le Président !

 

Jugement sévère certes. Relativisons en affirmant que les Américains avaient quand même voté pour les Républicains, craignant, en pleine récession, une augmentation des impôts. Le Tea Party avait fait une campagne habile, confondant fins des privilèges fiscaux pour les riches avec une augmentation générale des impôts. Les Américains en seront quitte pour des coupures dramatiques dans les services ! Ce que voulait éviter Obama justement.

 

" Yes, we can " proclamait Obama lors de sa campagne électorale. Est-ce maintenant " No, we can't " ? Semblerait. Obama n'a pu effectuer le nécessaire virage de 180 degrés d'un pays obsédé par le mythe du millionnaire. Bachmann disait que le rêve américain c'est que chacun devienne millionnaire et donc, ne pas ralentir cette marche par des taxes et des impôts ! Les privilèges fiscaux actuels des riches prennent alors des allures de récompense de leur effort (!). En corollaire, que les pauvres crèvent, ces ratés...

 

Obama avait déjà lâché prise en début d'année sur la question des privilèges fiscaux des riches. Ce fut son talon d’Achille. Il chercha un compromis mais il n'y a pas de compromis honorable avec les fous de Dieu ! Le peuple américain peut pardonner bien des folies de ses présidents mais pas la faiblesse ! Il lui reste un an pour digérer cette leçon. On se demande aujourd'hui s'il en est capable.

 

On annonçait une catastrophe économique, non seulement américaine, mais mondiale, si les États-unis étaient en défaut de paiement. Mais qui annonçait cela ? Wall Street, les agences de notation, le FMI, les grands financiers quoi. Était-ce un argument de bonhonne-sept-heures ? Certains analystes financiers le croient. Obama aurait peut-être gagné à être radical face aux Républicains : fin des privilèges aux riches, sur-taxation des primes (dits) au rendement des PDG, fin des subventions aux pétrolières, gazières et minières, coupures drastiques dans le monstrueux budget de l'armée, etc. Ce ne sont pas les occasions "populaires" qui manquaient. Les Républicains auraient été peinturés dans le coin face à une classe moyenne encore en récession.

 

Obama a laissé le Congrès prendre la pire décision budgétaire dans le contexte d'une récession qui n'en finit plus. Les ménages dépensent de moins en moins, le chômage augmente, l'immobilier est dans un état lamentable, le dollar perd de sa valeur. Le gouvernement ne peut couper dans ses dépenses sans alimenter la récession jusqu'à la dépression économique. Il fallait augmenter le niveau de la dette mais pour augmenter les dépenses publiques pour prendre le relais des entreprises et des consommateurs. Il fallait un programme substantiel de création d'emplois.

 

Malgré l'entente budgétaire du Congrès, il y aura décote ! Rien dans cette entente est susceptible de relancer l'économie, au contraire, donc de diminuer éventuellement l'endettement américain.

 

J'avais choisi un tout autre titre pour ce blogue. Je me demande encore s'il ne conviendrait pas mieux, bien que très dur : " Obama et la dette : la soumission de l'esclave ? "

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

ex-conseiller économique au fédéral.

 

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 07:07

Il n'y a plus de doute possible : les humains sont responsables du réchauffement climatique.  Oubliez l'origine solaire  : "L'activité solaire, qui a légèrement décru en moyenne depuis 1975, ne peut être dominante dans le réchauffement observé sur cette période." (http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2569_academie_sciences_rechauffement_climatique.php). Nous avons le rapport de l'ONU, celui du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) (http://www.greenfacts.org/fr/changement-climatique-re4/index.htm), celui de l'Académie européenne des sciences (le changement climatique de l'Académie des sciences (http://www.academie-sciences.fr/publications/rapports/pdf/climat_261010.pdf) et, dernièrement, la position d'un groupe de scientifiques australiens (http://www.care2.com/causes/%E2%80%9Cclimate-change-is-real-we-are-causing-it-coverage-botched-australian-report.html).

 

Mais ces faits irréfutables ont leurs opposants, appelés climatosceptiques.  Oublions les rigolos comme le député  Maxime Bernier qui prétend (sur quelle base scientifique ?) que le réchauffement est dû au soleil, pour nous concentrer sur des climatosceptiques scientifiques ou journalistes se référant à des études scientifiques.  D'abord, 

"si l'on observe plus précisément la liste des articles (climatologiques), on constate qu'une bonne proportion de celle-ci est en fait le fruit d'un petit réseau d'individus qui co-écrivent les articles. Ces divers auteurs peuvent facilement être liés à l'industrie pétrolière." dont ExxonMobile et Koch. (http://www.slate.fr/lien/37119/etude-climatosceptique-exxonmobil-climat).  C'est déjà suspecte, non ? Lire cet article sur la "valeur scientifique" (!) des climatosceptiques reconnus : http://www.slate.fr/story/18809/qui-sont-les-climatosceptiques-giec-allegre-courtillot- . On parle plus dans leur cas de positions idéologiques ou de scientifiques se prononçant dans un domaine de science qui n'est pas le leur. 

 

Ensuite, il y a ceux et celles qui se font les propagandistes de ce scepticisme, soit par intérêt personnel (visibilité) soit comme propagandistes d'un parti politique ou de groupes industriels soit comme des ignorants.  Ce sont ces gens qui avaient fait tout un plat de quelques courriels au GIEC montrant certaines lacunes dans l'évaluation de certains phénomènes, comme la fonte des glaciers de l'Himalaya.  Les vérifications scientifiques de rigueur n'avaient pas été faites.  (http://www.slate.fr/story/16231/climat-climategate-climatosceptiques-copenhague-giec-science).  

 

Parmi ces climatosceptiques non-scientifiques, il y a ceux qui parlent de complot du groupe GIEC de l'ONU.  Là, ici, on déraille : comment pourrait-on faire taire des milliers de scientifiques, qui seraient complices d'une supercherie, dont certains de haut niveau et reconnus pour leur intégrité ? Quand même...

 

Les climatosceptiques, comme les propagandistes de la droite politique, jouissent d'une grande couverture de presse.  On serait tenté de parler de presse à sensations qui recherchent avant tout à augmenter le tirage.  Certains sont financés par des groupes industriels qui ont tout intérêt à ce que les gouvernements ne les contraignent pas dans leur maximalisation du profit.

 

Les conséquences de cette croisade contre le réchauffement climatique sont catastrophiques car ils empêchent les gouvernements d'agir et d'assurer notre survie.  On se demande même s'il n'est pas trop tard à constater les  changements brutaux du climat, de plus en plus fréquents.  Est-on au seuil de l'emballement des changements climatiques ? On se croise les doigts mais avec angoisse.

 

Le réseau social Facebook est de plus en plus envahi par des climatosceptiques.  Ces gens affirment leur scepticisme mais refusent même de discuter "raisonnablement" de la position inverse.  Ils citent toutes sortes d'études prétendument scientifiques dont certaines restent introuvables (!).  Leurs arguments résistent peu à l'analyse rigoureuse mais ils ont l'influence de ceux et elles qui affirment avec force et conviction, comme les fondamentalistes religieux !  Leur succès repose sur le nombre de faibles d'esprit et d'ignorants. Sur Facebook : Trucs pour réfuter les arguments des climatosceptiques (https://www.facebook.com/note.php?note_id=118180794917766&id=100001486067647)

 

Je risque fort de me "faire descendre" comme on dit, de me faire traiter de tous les noms.  Mais je n'y peux rien, la science étant la science !  

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue.

 

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 20:19

Démission fracassante du député Curzi qui veut changer la mentalité du député, de solidaire au parti à solidaire aux citoyens. Tout un changement quand on songe au fiasco démocratique des libéraux entre autres, fiasco que le PQ ne semblait pas plus capable d'éviter, surtout dans le dossier de l'amphithéâtre de Québec où les députés devaient se ranger du côté d'une loi qui permettrait de se soutraire à la loi. Un parti qui n'évoluait même plus dans la ligne de l'état de droit ! 

 

On a pensé que Curzi voulait fonder un autre parti, carrément et franchement indépendantiste. Curzi a dit non. Avec raison.  La problématique est ailleurs.  Une coalition sur la souveraineté, oui,  car on se libère de la camisole de force de la ligne de parti. Et on se rapproche des citoyens.  N'est-ce pas aussi la position que prenait Duceppe mercredi soir à la SRC (24 heures en 60 minutes), "se rassembler" disait-il ?  La souveraineté appartient au peuple et non à un parti. La solidarité ministérielle étouffait ce projet de société et était devenue carrément anti-démocratique dans le cas de l'amphithéâtre.

 

Faire de la politique autrement.  Proposer des projets de société qui mobilisent, qui dépassent les recettes creuses à la Legault, les cachotteries des libéraux et le crois-ou-meurs du PQ.  Quelque chose à la Amir Khadir.  Quand on en est à rappeler aux députés qu'ils représentent leurs électeurs...qu'ils/elles doivent agir guidé(e)s par le "sens de l'état"...

 

Les libéraux ont fait très mal au Québec, à l'état tout court.  Ils ont gouverné pour "la famille libérale" et non pour les citoyens (Je n'oublierai jamais l'affaissement total des députés et membres du parti libéral quand l'un d'eux proposait, à un congrès, de tenir une enquête publique sur l'Industrie de la construction sans que personne, mais absolument personne, ne daigne même l'appuyer).  Un changement de paradigme de la tradition libérale justement, pour gouverner à la manière Harper.  Le PQ s'est laissé entraîner vers la droite, comme pour suivre gauchement la tendance des propagandistes de La Presse, du Réseau Liberté (sic) Québec et de l'Institut Economique (sic) de Montréal.  L'élection fédérale du 2 mai 2011 a montré que les citoyens n'étaient pas des cruches qu'on peut remplir à volonté ! Paradoxalement, c'était une grande victoire pour le BLOC qui appelait à voter contre l'obscurantisme à la Harper !

 

"L'État, c'est moi ".  Curzi a répondu NON ! C'est tout à son honneur.

 

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue.

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 07:34

Pendant que nos politiciens font des joutes politiques avec un amphithéâtre de divertissement, nos ressources minières sont exportées sans que le Québec en touche des redevances comparables à ce qui se passe ailleurs au Canada : 

 

"Québec, le mercredi 18 mai 2011— Le Québec est toujours au bas de l’échelle en ce qui concerne les redevances perçues sur les mines, voilà ce que la coalition Québec meilleure mine ! et MiningWatch Canada révèlent aujourd’hui dans une analyse comparative des différentes provinces et territoires canadiens (voir annexe). « Malgré les changements apportés au régime de redevances en 2010, le Québec demeure loin derrière, avec des redevances qui équivalent à peine à 2 % de la valeur brute produite. Toute proportion gardée, c’est 2 à 3 fois moins que les meilleurs rendements au pays. Le Québec accuse un tel retard depuis les 8 dernières années que son manque à gagner se chiffre maintenant entre 1 et 4 milliards de dollars par rapport aux meilleurs taux de redevances ailleurs au pays." (http://www.quebecmeilleuremine.org/sites/default/files/CO11-05-18_RedevancesMinieres.pdf).  

 

Que dire de plus que de Lafontaine ? 

 

La Cigale et la Fourmi

 

La Cigale, ayant chanté

Tout l'été,

Se trouva fort dépourvue

Quand la bise fut venue :

Pas un seul petit morceau

De mouche ou de vermisseau.

Elle alla crier famine

Chez la Fourmi sa voisine,

La priant de lui prêter

Quelque grain pour subsister

Jusqu'à la saison nouvelle.

"Je vous paierai, lui dit-elle,

Avant l'Oût, foi d'animal,

Intérêt et principal. "

La Fourmi n'est pas prêteuse :

C'est là son moindre défaut.

Que faisiez-vous au temps chaud ?

Dit-elle à cette emprunteuse.

- Nuit et jour à tout venant

Je chantais, ne vous déplaise.

- Vous chantiez ? j'en suis fort aise.

Eh bien! dansez maintenant.

 

Marcel Plamondon, MAP

sociologue

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 16:54

Quand la Tunisie s'est révoltée, j'étais curieux. Mais quand l'Égypte emboita le pas, ce fut un choc. Et la révolte se répand tout autour. Que se passe-t-il donc ? Ce fut si inattendu. On parla de révolution Facebook, ce réseau social qui permet aux gens de communiquer et ce, même par cellulaire. Mais ce sont les gens qui ont fait la révolution, qui ont risqué leur vie, qui sont descendus dans la rue. Quelque chose avait craqué dans ces dictatures. Je pensai un moment à la Révolution tranquille du Québec. Oui, le poids démographique des jeunes y est pour quelque chose. Mais quoi au juste ? C'est en repensant à cette tranquille révolution de chez nous que je me suis dit qu'il fallait qu'il se passe quelque chose quelque part. Parce qu'on n'étouffe pas la vie sans qu'elle se rebiffe et trouve son chemin, ailleurs si nécessaire.

 

Dans les faits, la vie a quitté l'Amérique. L'Amérique, qui fut un temps un paradis ! L'après-guerre a été une période unique dans l'histoire. Jamais des peuples n'avaient connu une telle montée de leur niveau de vie, si bien partagé par une forte classe moyenne, de leur confort, de leur bien-être matériel, social, culturel. Les chocs pétroliers, les inflations importantes, les dérèglementations, surtout financières, ont fait monter le fardeau des dettes, des gouvernements, des individus, et permis (!) la constitution d''une classe de privilégiés, les financiers qui par leur lobby ont amené les politiques publiques à servir leurs intérêts. Parallèlement, les gens n'ont vu que sur le tard les effets dévastateurs de l'utilisation d'engrais chimiques, de pesticides et d'antibiotiques dans leurs aliments, les effets d'une pollution incontrôlée des industries sur les forêts, les cours d'eau, l'air. A la lourdeur des dettes individuelles et étatiques s'ajoutait celle de l'environnement.

 

Faire marche arrière ? Il aurait fallu d'autres leaders que Reagan, Bush, Harper et Charest ! L'époque des grands politiciens était révolue ! Obama n'est qu'un sursaut que les Sarah Palin sont en train d'abattre. L'Amérique vire à droite et vire fort. Même pour une nation si peu religieuse que le Québec. L'ADQ, le RLQ et le PLQ en marquent un virage irréversible. La vie étouffe en Amérique. Paradoxal pour un continent si religieux ! On assiste à la phase finale du déclin de l'empire américain dont le Québec, malgré lui ? fait partie.

 

L'humanité est une. La nature se foute des distinctions de races, comme des cultures, comme des langues. L'avenir a toujours appartenu aux jeunes. L'avenir est là où sont les jeunes. Et les jeunes sont dans ces pays arabes qui se révoltent.

 

On pourrait m'objecter que l'avenir, c'est la Chine. Pour un temps seulement et possiblement court. La Chine épuise rapidement ses ressources et s'empoisonne à qui mieux mieux. C'est l'Amérique sans les dettes ! Mais parti communiste et parti républicain, ça se vaut. Non, la pureté de la vie, sa fraîcheur, son élan créateur, sa capacité à mobiliser, est dans le monde arabe. Le précurseur en fut la mobilisation irrésistible de l'islamisme.

 

La vie finit toujours par trouver son chemin !

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

 

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 12:50

À la SRC aujourd'hui (20 mars), un constat désolant : inefficacité de l'aide aux personnes ayant des problèmes de santé mentale. Surpris ? Non, ce constat s'ajoute aux nouvelles inquiétantes sur les CHSLD, l'engorgement des urgences, le manque de médecins de famille et d'infirmières, un CHUM en PPP qui a déjà doublé de prix, à l'échec lamentable de l'informatisation des dossiers de patients, la paralysie bureaucratique du dédoublement de structures en santé, la progression de la privatisation des services de santé,etc.

 

Tout en oubliant la saga loufoque des garderies religieuses, parlons des places promises en garderies. On attend encore celles promises en 2008 ! L'aide aux familles ? Une distribution des budgets qui semble plus obéir à l'influence du député qu'aux besoins des régions, du moins pour les maisons de la famille.

 

L'éducation. Le secteur des réformes sur réformes, mais on se pète les bretelles pour avoir implanté le bulletin unique, ouf ! Le décrochage scolaire ? Bizarre, une région, le Saguenay, est un modèle mais le ministère, qui a pourtant une armée de fonctionnaires, ne le sait pas. Et pour couronner le tout, une augmentation importante des frais de scolarité universitaire, supposément pour aider les dites universités à boucler leur budget mais, néanmoins, sans couper dans les privilèges moyenâgeux de ses gestionnaires et professeurs. Ti-cul de la basse-ville restera ti-cul de la basse-ville !

 

Les I-N-F-R-A-S-T-R-U-C-T-U-R-E-S. Le Saint Graal des entrepreneurs. Des surfacturations de l'ordre de 25 % à 35 % -qui a empoché au juste ? des normes de construction peu ou pas respectées, une saignée de fonds publics de l'ordre de 12 milliards $. Pour 2009, les paradis fiscaux, étrangers bien sûr, ont « accueilli » environ 30 milliards $ d'argent du Québec (Brigitte Alepin) ! Faut bien que le ministre des finances compense par des sur-taxations. Je passe sous silence l'échangeur Turcot et le transport en commun, dont la saga des trains de métro (4 ans pour décider).  Et puis le pont Champlain, on en parle suffisamment actuellement...

 

Le secteur des énergies. S'il y a un secteur payant, c'est bien celui-là. Et bien non, pas au Québec, du moins pas pour l'état ! On en fini plus d'ergoter sur la valeur, plutôt la non-valeur ! des permis accordés aux gazières du shale. C'est du bout des lèvres que les libéraux consentent à parler des redevances...L'eau, notre grande ressource, avec la forêt, l'eau que l'on donne littéralement aux embouteilleurs, les PepsiCo de ce monde. L'eau, qui cause problème encore pour 50 % des municipalités. Parler ressources et eau, c'est parler d'Hydro-Québec. Hydro, qui reste collé à l'harnachement des rivières, donc inondation de grandes surfaces de la forêt boréale, plutôt que de gérer toutes les formes d'énergies électriques, se transformant en entrepreneur en construction de barrages. Et le fameux Plan Nord, sorte de mythe ou légende, dont on en connait que des projets de routes. Encore la construction...

 

Le développement des régions. D'abord l'échec de la haute vitesse. Dramatique parce que c'est l'autoroute du développement. Ensuite, l'idée, fausse mais bien ancrée, que Montréal est le moteur économique du Québec. En régions, on voit peu de retombées, plutôt du pillage et des fermetures de centres de service, de Transport Québec, d'Hydro-Québec, de l'éducation (écoles), et maintenant du Mouvement Desjardins !

 

Dois-je mentionner la saignée à la Caisse de dépôt (liquidation du papier commercial dit toxique, pour dix milliards $. Qui a acheté ces papiers pourtant non recommandés et de qui ?)

 

Ah! j'oubliais, l'environnement. C'est quoi, au juste, l'environnement ?

 

P.S. Le Conseil du patronat et les chambres de commerce devraient réfléchir aux conséquences pour les entreprises de l'appauvrissement de la classe moyenne, avant d'applaudir aux politiques économiques des libéraux. Qui va acheter leurs produits et services demain ?

 

Marcel Plamondon, MAP

 

 

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 14:27

 

Le budget 2011 des conservateurs-réformistes canadiens ne contient plus aucun programme environnemental. C'est la fin de ce secteur d'activités des politiques canadiennes, surtout depuis que le nouveau ministre de l'environnement se réjouissait que le Canada offrait un «  pétrole éthique »  (sic) ! L'argent ainsi épargné ira d'une part aux baisses d'impôts des entreprises -on sait que ces baisses prennent le chemin des paradis fiscaux, et d,autre part, au maintien des crédits d'impôts et subventions à la recherche des pétrolières. L'exploitation des sables bitumineux ne fera qu'augmenter et si besoin est, le fédéral subventionnera une usine à énergie nucléaire pour pallier à l'épuisement du gaz naturel nécessaire pour chauffer l'eau d'extraction du bitume. Et si l'eau venait à manquer, le fleuve Athabaska s'épuise, un pipeline pourrait la puiser dans l'océan arctique qui ne cesse de fondre.

 

Le portrait n'est guère mieux aux États-unis. Après le retentissant échec de Copenhague et malgré la marée noire du Golfe du Mexique, les Républicains se préparent au lancement des forages en mer tout azimut et à la généralisation des forages des gaz de schistes, quitte à « forcer » les états et municipalités récalcitrantes ou qui ont déjà décrété un moratoire. Les Républicains ont laissé savoir qu'ils avaient l'intention de démanteler l'Environmental Protection Agency (EPA). Sur le plan environnementale, La Chine devance déjà les Américains ! Qui plus est, la faillite budgétaire technique de la majorité des états les amène à délaisser au privé, et aux citoyens, les activités de cueillette des ordures, du recyclage, etc. Il n'y aura pas plus d'accord d'Après-Kyoto aux États-unis qu'il n'y eut d'Accord de Kyoto !

 

Qu'en est-il au Québec ? Pour le moment, un imbroglio dû à la découverte par les citoyens et municipalités des permis accordés en secret aux gazières et aux audiences du BAPE dont le rapport, bien que financé par des fonds publics, restera confidentiel jusqu'au début mai. Mais les gazières avaient prévu le coup et ont nommé le meilleur (!) négociateur en la personne de Lucien Bouchard, qui ajoute à l'imbroglio en déclarant agir dans les intérêts supérieurs du Québec tout en se présentant comme l'avocat de Talisman, une gazière ! Fort de la loi des mines qui confère la propriété du sous-sol à l'état, donc aux minières en pratique, il faut s'attendre au développement de la filière gaz de schiste, même si les forages se feront sur les terres agricoles du Québec. Par ailleurs, les libéraux ont changé le zonage de l'île d'Anticosti et transféré la filière pétrolière d'Hydro-Québec à Talisman pour extraire le pétrole de cet île. Ils se prépare aussi à devenir partenaire de Terre-Neuve dans le forage des réserves pétrolières du Old Harry dans le Golfe St-Laurent. Fin donc de la filière des énergies renouvelables au Québec.

 

Au moment même où le réchauffement climatique laisse entrevoir des catastrophes, on met plein gaz sur les énergies fossiles ! Le capitalisme financier a faim, d'autant que comme les écureuils, il fait des réserves, dans différents paradis fiscaux, dans l'or, dans l'immobilier, dans le foncier des terres arabes, dans la sécurité, pour les jours sombres qui s'en viennent. Le peuple se débrouillera comme il pourra.

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

 

 

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 08:41

Ces roches ont été ramassées sur la grève de Rimouski le long du fleuve St-Laurent.

 

croix600.jpg  Une croix de quartz dans du granit

etau600.jpg  L'étau...

filon600.jpg  Un filon de quartz bien habillé

madone600.jpg  Un personnage.  On dirait une madonne

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 10:58

- Un dollar de baisse d'impôts aux entreprises génère 20 cents de richesse collective. Nous perdons 80 cents. Est-ce une perte sèche ? Ça dépend de la proportion qui prend le chemin des paradis fiscaux.

 

- Un dollar dans les infrastructures génère 1.50 $ de richesse collective. Rentable, non ?

 

- Mais le plus surprenant est la rentabilité dans les mesures d'aide aux revenus pour les chômeurs et petits salariés : 1.50 $ pour chaque dollar ! C'est presque aussi intéressant dans l'aide à l'immobilier (housing) ( 1.40 $ par dollar investi).

 

"...citons Philip Cross de Statistique Canada: «Les réductions d’impôt sont un facteur parmi d’autres influençant les décisions des entreprises et leur impact est trop petit pour pouvoir être mesuré de façon fiable.» Et Jeffrey Owens, fiscaliste à l’OCDE, va dans le même sens: «La fiscalité n’est pas le facteur le plus déterminant quand vient le temps de décider où investir…» (Le Devoir, 2 février 2011). La revue américaine Business Week du 20 novembre 2006 affirmait: «Il y a peu d’évidence que les baisses d’impôt ont un impact véritable sur la croissance.» Enfin, la revue Foreign Policy signalait «qu’il y a peu de preuves que les taux de taxation élevés fassent fuir les investisseurs qui sont plus préoccupés par les infrastructures, les services publics, le niveau d’éducation, etc.» (Le Devoir, 12 janvier 2002).

Statistique Canada, l’OCDE, Business Week et Foreign Policy sont loin d’être des communistes révolutionnaires. Clinton aux États-Unis a augmenté l’impôt des entreprises dans les années 1990 avec comme résultat que le pays a connu une croissance économique phénoménale, généré un énorme surplus et ramener le chômage à moins de 4% (Business Week, 30 décembre 2002)." (http://www.journalmetro.com/paroles/article/832794--le-mirage-des-baisses-d-impot-aux-compagnies--page0)

- Par ailleurs, ce qui est inquiétant, c'est que plus l'impôt des entreprises baisse moins celles-ci investissent dans l'économie.

 

- Finalement, l'effet pervers des baisses d'impôts aux entreprises est d'obliger les gouvernements à taxer davantage la population, appauvrissant davantage les groupes les moins fortunés.

 

On doit donc en conclure, études à l'appui, que les baisses d'impôts aux entreprises sont des politiques d'enrichissement des plus riches au détriment de la population en général. C'est un mythe de croire que ces baisses d'impôts génèrent de l'emploi et de la richesse collective. Et, en pratique, c'est ouvrir la porte à l'évasion fiscale vers d'autres pays.

 

Référence : http://www.progressive-economics.ca/2011/01/28/five-economic-reasons-to-say-no-to-more-corporate-tax-cuts/

 

http://www.theglobeandmail.com/news/national/time-to-lead/cut-taxes-create-jobs-not-quite/article1990624/ (Cut taxes, create jobs ? Not quite.  The Globe and Mail)

 

Qu'en est-il au Canada présentement : 10 milliards $ dans les poches des actionnaires, au mieux 2 milliards $ sont réinvestis ! Où vont les 8 milliards $ de surplus ? Dans l'achat de produits de grand luxe, importés de surplus, et dans les paradis fiscaux.  C'est 8 milliards $ de surcharge fiscal pour la classe moyenne.  http://www.policyalternatives.ca/newsroom/news-releases/fairer-taxes-finance-could-generate-10-billion-annually-study

 

Par ailleurs, on doit aussi tenir compte des crédits d'impôts qui sont des baisses d'impôts déguisées. Le cas le plus flagrant et pervers est celui des crédits d'impôts aux pétrolières de l'Alberta (sables bitumineux) -j'exclus ici les subventions directes aux pétrolières qui auraient coûtées pour le Québec seulement près de 14 milliards $ de ses impôts fédéraux sur les 30 dernières années. Ces pétrolières ont droit (!) entre 1.9 et 2.7 milliards $ par année de crédits d'impôts, alors que leurs profits se montent à 30 %, soit 2 fois plus que toutes industries confondues mondialement. Résultat : quelques milliers d'emplois et 1 % de redevances à l'Alberta (8,7 milliards $) mais, car il y a un gros mais, en gonflant le dollar canadien, donc freinant les exportations, des pertes d'emplois manufacturiers par dizaines de milliers en Ontario et au Québec !

 

Et Harper / Charest nous disent que leur priorité est le développement économique ? Je dirais plutôt le développement financier d'un petit groupe d'actionnaires...

 

Qu'en pense l'Institut économique de Montréal et le Réseau Liberté-Québec ?

 

Ajout : 

Baisse des impôts des sociétés : une stratégie contre-productive?

 http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2012/01/25/011-ctc-baisse-impot-societe-pas-investissement.shtml

Près de la moitié des bénéfices des grandes multinationales échapperait au fisc américain

 http://bit.ly/Y6YKuC

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue.

 

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 07:59

Je reproduis ici le commentaire d'un certain "mlamoureux" paru dans Cyberpresse le 28 décembre 2010 suite à l'article intitulé " L'année 2011 s'annonce agitée".  Ce commentaire résume très bien la situation politique du fédéral. Le lien avec l'article : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2010/12/28/001-ottawa-politique-rentree.shtml

Le commentaire:

Envoyé par mlamoureux

29 décembre 2010 à 02 h 31 HNE

@anne marie auclair 

Je n'ai pas de problème à laisser à un gouvernement du temps pour prouver ce qu'il peut faire. Le problème, c'est que le Reform party de Harper ne cherche justement pas à faire quelque chose, sa doctrine étant que le gouvernement n'a pas à faire autre chose que s'occuper de défense et de faire régner la loi et l'ordre. Remarquez que ce sont les seuls dossiers sur lesquels les conservateurs ont agi, souvent sans appel d'offre (armement, prisons, peines criminelles). Tout le reste de leur oeuvre n'a été qu'obstruction et immobilisme. On ne peut toutefois les accuser de ne pas avoir tenu leurs promesses. Ils ont fait ce qu'ils prônaient. Est-ce une qualité pour autant? Pas sûr! 

Notre problème est d'avoir mis en place des politiciens qui ne croient pas aux institutions qu'ils contrôlent. On fait quoi quand le chauffeur d'autobus préfère rester dans le stationnement? Normalement, on devrait le changer, mais le hasard veut qu'en ce moment, aucun des candidats disponibles ne semble savoir où mettre la clef pour faire partir le moteur, et on n'est même pas certain qu'il voudrait, voire saurait conduire l'autobus de toute façon! 

La solution a cette aberration de gouvernement minoritaire qui agit en majoritaire est qu'une coalition se forme. C'est d'ailleurs prévu dans notre constitution, et c'était le projet il y a deux ans des partis d'opposition. Et comme d'autres l'ont dit, cela fonctionne dans plusieurs autres pays, dont l'Australie, la Grande-Bretagne et l'Allemagne. 

Pourtant, ici, Harper a décidé de proroger le parlement, au lieu de reconnaître qu'il n'avait pas la confiance de la chambre. Et les partis d'opposition se sont stupidement écrasés au retour. Sans que je sois un grand partisan de Dion, il faut reconnaître qu'il avait la bonne solution pour sortir le Canada de cette domination indécente du Reform Party. Mais bon, au Québec, on est encore à percevoir la politique comme une confrontation entre les anglophones et les francophones! Donc Harper pourrait très bien parvenir à gouverner longtemps et faire encore plus de dommages à un pays qui avait une réputation enviable. Il faudra des décennies pour réparer les torts à notre image internationale. Au niveau domestique, il aura réussi à miner les fondations de plusieurs institutions politiques, dont nous verrons les craques dans plusieurs années. 

 

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Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 09:53

Je ne m'attarderai ici qu'à quelques événements, plutôt troublants, de la vie politique au Québec et au canada en 2010.

 

Québec

 

Le PM Charest avait demandé d'avoir les deux mains sur le volant pour avoir la latitude voulue pour développer le Québec. Après deux ans, force est de constater qu'il développe les affaires de la famille libérale et des contributeurs à sa caisse électorale. Ce qui a le plus marqué 2010 : les gaz de schiste sont le dernier d'une série : les permis d'exploration étaient déjà tous accordés au moment où la population en a pris conscience. Pire, des permis ont aussi été accordés sur les terres dites protégés, terres qui ne représentent toujours que 8 % du territoire alors que la promesse libérale était de se rendre à 12 %. L'impression qui se dégage c'est que Charest a mis le Québec aux enchères, surtout des entreprises étrangères.

 

Ne parlons pas du refus obstiné de ne pas tenir une enquête sur l’industrie de la construction et le financement de partis politiques, alors qu'en 2010 c'est tout le Québec qui le demande, incluant le Conseil du patronat et le gros syndicat de la construction. Un gouvernement qui gouverne contre le peuple !

 

Le CHUM clôturait l'année en PPP, à 45 % d'effort public (cherchez l'erreur !) sans oublier les compressions de 760 millions $ en santé mais sans toucher à la double structure du système. Il est évident que les services à la population seront touchés. La promesse de réduire les attentes de soins et l'encombrement des urgences, qui remonte pourtant à 2003 (!) a été définitivement enterrée. Le plus odieux fut l'ajout d'une surtaxe-santé qui demande le même effort fiscal aux pauvres qu'aux riches. Comme disait Deschamps : mieux vaut être riche et en santé que pauvre et malade !

 

Canada

 

Le fédéral est loin d'être en reste dans le plus meilleur pays ! En début d'année, ce fut la prorogation du Parlement canadien -un coup d'état ! et en fin d'année, un Sénat non-élu qui rejette un projet de loi sur l'environnement voté par des députés élus. Un rejet pur et simple de la démocratie, sans que harper ne lève le petit doigt. Le G20 offrait quant à lui l'image d'un pays typiquement totalitaire avec l'arrestation arbitraire de manifestants et leur détention sans accusation. Une suspension des droits civils sans loi pour la soutenir. Cannon, le ministre des affaires extérieures, ajoute l'insulte à l'injure en demandant la libération des manifestants...au Bélarus, manifestants qui ne faisaient qu'exprimer leurs opinions, déclara-t-il ! Le mépris sans gêne des citoyens de son propre pays.

 

Copenhague. Édifiant : le Canada a tout fait pour saboter toute entente pour contrer le réchauffement climatique. On apprenait récemment que le Canada cherchait à convaincre les Américains de ne pas adopter de mesures de réduction des GES...Un Canada tout au pétrole, sans retenue, sans gêne, quels que soient le dégât environnemental et l'impact sur la santé des Canadiens et Autochtones des réserves avoisinantes des sables bitumineux. Ajoutons que les riches pétrolières jouissent de 2,7 milliards de $ de crédits d'impôts mais que les groupes de soutien aux femmes, ONG communautaires et artistes ont vu leurs subventions coupées.

 

Harper a consolidé sa politique de muselage des scientifiques, tant par le contrôle des ministères que l'abolition de certains organismes. Il devient quasi impossible d'obtenir des informations cruciales pour l'avenir du pays. Qu'importe, puisque la politique d'ensemble des conservateurs -plutôt le Reform Party, est de construire un pays inspiré de la loi et l'ordre et assis sur la famille comme organisation de base, d'où l'abolition de tout ce qui est perçu comme intrusion de la vie privée, dont le recensement. Conséquemment, le Canada a été exclu en 2010 des statistiques internationales ! Le Canada est devenu un territoire sans état ! En sont exclus civilement toutes personnes, groupes, organisations et même provinces qui s'organisent autour d'une culture et s'administrent collectivement sans exclure ou rejeter une partie constituante. C'est presque dire que le Canada est devenu une église ! Hors de l'église, point de salut. Ne le dites pas à Ignatieff...

 

Retour au Québec

 

Qu'a-t-on retenu ici de la catastrophe que fut la marée noire dans le Golfe du Mexique ? Drill, Baby, Drill...de dire la Sarah Palin du Québec. Le Saint-Laurent n'y échappera pas, quitte à ruiner autant de villages qu'il le faudra, si ce n'est les Iles-de-la-Madeleine en entier. Un appétit meurtrier des grands prédateurs financiers prêts à aller jusqu'à l'apocalypse, avec la bénédiction des libéraux. Et un BAPE qui va pondre l'encadrement de l'industrie...

 

En passant par Cancun

 

Je ne peux quand même pas conclure sans donner quelqu'espoir : petite lumière faiblarde mais lumière : Cancun, le Copenhague « rose » ! Tout n'est pas perdu pour le peuple...A condition que le Québec se décide, entre autres, à mettre en place des mesures d'urgences face aux catastrophes climatiques comme les récentes marées dans l'Est du pays. Au moins, sauvons les meubles !

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue.

 

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 13:12

 

D'abord des faits.

 

Mulroney signa une clause de traitement national dans l'accord de libre-échange avec les États-unis par laquelle les États-unis sont les premiers servis par le pétrole canadien, au détriment même des canadiens ! Cette clause « empêche le Canada de limiter ses exportations de pétrole aux États-unis à moins de diminuer proportionnellement sa propre consommation. » (1) Mulroney a placé le Canada en position de colonie face aux États-unis.

 

Harper accorde de généreux crédits d'impôts aux pétrolières alors que celles-ci engrangent les plus gros profits, toutes industries mondiales confondues. Il ne plaide même pas pour sa propre province qui retire des redevances parmi les plus faibles au monde.

 

En abolissant l'obligation de répondre au recensement long, Harper met en danger la rentabilité de plusieurs entreprises qui ont besoin de ces statistiques pour planifier leurs productions, force la communauté internationale à exclure le Canada de ses publications statistiques et paralyse les différents groupes sociaux dans leur analyse des politiques publiques.

 

Harper utilise maintenant le Sénat, où les sénateurs conservateurs sont majoritaire, des « non élus », pour bloquer des lois votées par des élus du Parlement d'un pays démocratique.

 

Harper refuse systématiquement de lutter contre les GES pour protéger l'industrie du pétrole, allant jusqu'à faire échouer des ententes internationales, faisant du lobbying aux États-unis pour que ce pays ne s'engage pas à lutter contre le réchauffement climatique.

 

Charest montre un refus incompréhensible d'assainir le monde de la construction où les contrats sont gonflés par rapport à ce qui se fait ailleurs.

 

Quant au gaz de schiste, un des pires dossiers anti-Québec, les permis ont été accordés en catimini, à des prix et redevances ridicules, en spoliant le droit de propriété des citoyens et des municipalités grâce à une vieille loi relevant du Klondyke, à l'encontre même de la loi sur l'eau.

 

En santé, le fardeau fiscal ne cesse de peser lourd sur les plus démunis; les « coupures » se font sur le dos des services directs aux malades plutôt que dans la structure administrative, en fait il y a dédoublement de structures, ce qui donne comme résultat autant de gestionnaires que d'intervenants.

 

Charest montre un entêtement avec l'idéologie PPP, forcément plus coûteuse en raison de l'obligation du secteur privé de faire des profits.

 

Ensuite, la conclusion.

 

On pourrait allonger la liste des faits et gestes de ces conservateurs (Charest est bel et bien resté conservateur, déformant la tradition du parti libéral du Québec) allant à l'opposé des intérêts des peuples canadien et québécois. Dans le cas de Harper, on peut affirmer sans se tromper que le Canada est devenu une république de bananes -remarquez que le Québec s'en approche de plus en plus.

 

Maintenant La question : POURQUOI CES CHEFS D'ÉTAT N'AIMENT PAS LEUR PAYS ?

 

(1) Normand Mousseau, Au bout du pétrole, p.117

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

 

 

 

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 17:06

L'Alberta ne cesse de se plaindre d'un Québec refusant le transport des sables bitumineux sur son territoire par gazoduc, en lui rappelant qu'elle lui procure des milliards $ en péréquation (ce qui n'est pas vraiment le cas selon les fiscalistes). Façon de traiter le Québec de « BS » canadien ! Mais voici ce que l'Alberta ne dit pas :

 

Selon l'étude de Normand Mousseau, « Au bout du pétrole », l'Alberta manquera bientôt de gaz naturel pour traiter ses sables bitumineux (le gaz sert à chauffer l'eau pour séparer le bitume des sables). Où va-t-elle prendre ce gaz ? Du Québec qui, selon les chiffres officiels, le lui sera presque donné ? On peut le penser.

 

Évidemment, l'Alberta songe au nucléaire mais une telle usine prend des années à mettre en place. En attendant...On verra bien. Tout ça pour dire que l'Alberta se foute du Québec, comme du Canada, d'autant qu'elle entretient toujours une haine indécrottable envers le francophone Trudeau qui par sa politique du pétrole lors de la crise des années '70 la priva de milliards de $.

 

Nonobstant cette épisode, choquante en soi, l'Alberta n'est-elle pas le nouveau roi du pétrole ? Si elle peut s'accaparer du gaz du Québec, elle le fera, et le fera à son prix ! personne n'en doute (celui de la Colombie-Britannique risque d'être trop cher...). Déjà que ses pétrodollars ont éliminé des milliers d'emplois au Québec, comme en Ontario, en gonflant la valeur de la devise canadienne, ayant un effet pervers sur les exportations.

 

Quand on permet au monde, mais surtout aux États-unis, de remplir les réservoirs des voitures, il est permis, en système capitaliste, de bouffer les autres ou, comme dans le cas d'Electrolux, de les appauvrir sans autres considérations.

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

 

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 16:46

D'entrée de jeu je dirai que ce que je retiens de mon cours classique c'est le théâtre, le ballon-panier, l'athlétisme, la chorale et les filles qui travaillaient aux cuisines ! Bien sûr, j'ai étudié les maths, le français, latin et grec, l'histoire, la géographie, la philo etc.

 

Je dis cela car je reviens d'une école de village où un technicien du piano est venu réparer le vieux piano du local de musique. Réparer...disons que nous avons fait quasi l'impossible. Les notes sont justes mais avec une table d'harmonie toute craquée, à cause de la sécheresse de l'air du local...(merci au tapis). Bon c'est potable pour répéter en chorale.

 

Un piano, crasseux à l'intérieur, mal en point : tiges de marteaux cassées, 3 cordes sans vie, tout désajusté ! Dans un local sans ajustement d'humidité. Chanceux d'avoir encore ce piano délabré, car les cours de musique ont failli être abolis il y a plusieurs années. Ça sert à quoi la musique dans une école ? Et le théâtre ? Et les beaux-arts ? Et les lettres ? Un peu plus et on se demanderait à quoi sert un professeur quand un ordinateur peut faire l'affaire, non ?

 

De la dilapidation du patrimoine et de la culture ! Une éducation à l'idiotie ! J'exagère ? Pas tant que ça quand le ministère promeut un cours d'intégration au multiculturalisme (le fameux cours d' Éthique et culture religieuse !) en oubliant l'histoire. Ça sert à quoi l'histoire ? Tout d'un coup les jeunes découvriraient le Québec...Trop subversif !

 

Et puis, à 15 h. on barre les portes. Les autobus n'attendent pas. Dehors les jeunes, l'école appartient aux payeurs de taxes qui hurlent quand on les augmente. Mais ces mêmes payeurs de taxes prennent-ils la relève, vous savez, ce qu'on appelle « éducation » ? Plutôt le ipad...

 

Pour garder « vivant » le cours de musique, ça prend des instruments et pour avoir des instruments et les réparer, et bien...non, pas d'argent de la commission scolaire même si elle est en surplus budgétaire, on s'autofinance par des concerts de fins d'années ! Les professeurs de musique ne sont pas des profs, ce sont des missionnaires !

 

Je pensais que c'était particulier au milieu rural. Les profs de musique me disent que c'est pire en milieu urbain...Ah ! Bon.

 

Vive l'école !

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue.

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