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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 09:16

Je n'avais plus l'intention d'écrire un blogue sur ce sommet sur l'enseignement supérieur après avoir lu la chronique de Vincent Marissal de La Presse, chronique que je partage sans trop de difficultés. On la retrouve ici.

 

Mais j'ai trouvé que Marissal s'était montré peut-être un peu trop politically correct. J'aurais dit : les dés étaient pipés à ce sommet, les décisions déjà prises, un simple exercice de relations publiques, d'une part sur la base d'un sondage montrant que la population était pour l'indexation des droits de scolarité et d'autre part, du constat de l'essoufflement de la crise étudiante. Disons que le discours de clôture de Marois qui annonçait des chantiers me faisait penser à l'annonce du Plan Nord de Charest, qui avait du plan le vernis des slogans électoraux.

 

Mais rendons à César ce qui e t à César, Marois et Duchesne ont bien tiré leur épingle du jeu (sans jeu de mots!). Il aurait fallu être malhabile en...Charest pour rater ce sommet, ou plutôt cette rencontre (sociale?) au sommet ! Mais c'est loin d'être du gagnant-gagnant quand tout le monde perd un peu sans trop gagner.

 

Des sujets d'importance n'ont pas été abordés ou à peine effleurés pour certains. Il n'est pas assuré que les 5 chantiers aborderont certains de ces sujets, sauf bien sûr le financement qui a pris presque toute la place. Lire cet article du Devoir : Sommet sur l’enseignement supérieur - Les sujets négligés(1. Les différents modèles universitaires, 2. Les dépenses fiscales en éducation postsecondaire, 3. L’inflation des notes, 4. Les nouvelles populations étudiantes, 5. La croissance prévue des effectifs, 6. Les cégeps, 7. La politique de financement des universités, 8. Les effets néfastes de la crise étudiante).

 

Les problèmes de fond actuels de l'enseignement supérieur demeurent, sans perspectives de solution sauf en chantiers à venir, si des élections ne viennent pas chambarder l'agenda. Les universités anglophones continueront de toucher la part du lion du financement, les recteurs à étendre leurs campus sur le terrain des autres recteurs dans l'espoir d'augmenter les têtes de pipes du financement, les étudiants à s'endetter, tout en travaillant au salaire minimum plutôt que d'étudier, donc à enrichir les banques (plutôt que l'état qui ne prête pas), la recherche à se plonger dans l'affairisme des subventions du privé, les professeurs à déléguer l'enseignement à des chargés de cours, et, finalement, les étudiants à abandonner en nombre record avant l'obtention du bac.

 

Soyons positif : le Québec a enfin parlé d'enseignement supérieur. Ce n'est quand même pas rien à une époque où les ressources naturelles, mines et pétrole, retiennent quasiment toute l'attention, sans oublier les frasques des bouffons d'Ottawa en train de démolir le pays et d'écraser tout ce qui ressemble à un chômeur et à un militant social !

 

Ajoutons que ce fut un tour de force d'amener les médias à parler d'autres choses que du dopage dans les sports et de la corruption de fonctionnaires, sur fond de télé réalité. Le savoir, finalement, c'est ce qui nous distingue de la bête et, pour donner libre cours à une de mes obsessions, des Jesus Freaks du Reform Party!

 

Un article à lire : Les chantiers de Mme Marois.

 

Référence : Les 5 chantiers

 

Marcel Plamondon, MAP

 

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 08:35

Commençons par une mise au point : non, l'assurance-emploi n'est pas une subvention aux régions à emplois saisonniers. Parce qu'elle n'a plus d'assurance que le nom et ce, depuis belle lurette. Oui, elle le fut un temps : je me rappelle les commentaires des hauts-fonctionnaires quand j'étais à la Commission d'assurance-chômage et leur hésitation à accepter des prestations pour raison de maladie. Pour eux, l'assurance-chômage couvrait un risque, la perte d'emploi. Ils s'amusaient même à rire d'eux et des fonctionnaires qui payaient la cotisation tout en étant permanents, sans risque donc...Il reste des traces de l'assurance, par exemple si un travailleur démissionne ou est renvoyé pour inconduite. L'assurance-emploi est un programme à la fois « social » et économique, décidé par ses cotisants, travailleurs et employeurs (et incluant par le passé le gouvernement), tous les deux en tirant bénéfice, stabilité économique et fidélité des travailleurs au secteur et aux régions.

 

Ce qui rend la décision de Harper dès plus odieuses en raison de ses effets déstabilisatrices et même dévastatrices pour les cotisants à l'assurance-emploi et pour les régions ressources! Et comme le hasard fait bien les choses, ces régions ne sont pas conservatrices...En ce sens, il s'agit d'un coup de cochon, d'une brutalité politique machiavélique. Et on apprend que Harper ajoute l'insulte à l'injure en envoyant des « tontons macoutes » enquêter aux résidences mêmes des chômeurs! La chasse aux sorcières est commencée...(lire : Et maintenant, les Harper macoutes http://bit.ly/12Wf0lV)

 

Une question ici qu'il faudrait creuser : que fera Harper avec les milliards $ de surplus de la caisse ?

 

Mais j'ai une autre hypothèse. Harper sert un avertissement aux régions, majoritairement de l'est du Canada si peu conservatrices : l'est, dont surtout le Québec, devra accepter les pipelines du pétrole de l'Alberta ou c'est la mort économique! Je croyais revoir Trudeau couper les fonds des autoroutes 30, 13 et 50 après l'élection du PQ en 1976, mais en pire. D'une part, Harper ne supporte plus les retards et obstacles au développement tout azimut des sables bitumineux. C'est que l'acheminement du pétrole albertain est retardé par le refus de la Colombie-Britannique (la route de la Chine!) et la forte opposition aux États-unis, ce qui entraîne une baisse de la valeur du baril, inquiète les pétrolières qui retardent leurs investissements et appauvrit l'Alberta (qui risque un printemps albertain (!) si le gouvernement impose une taxe provinciale pour renflouer ses coffres). D'autre part, Harper ne doit pas aimer le recul environnemental du PQ sur l'exploitation du pétrole (quel paradoxe!), PQ qui flirte avec ce nouveau pétrole québécois qui pourrait concurrencer l'Alberta et même bloquer son expansion à l'est.

 

Harper semble s'inspirer du scénario de destruction du déluge de la Bible qu'il chérit tant...

 

Diabolique!

 

Oui, vous avez le droit de penser que je suis paranoïaque. Mais qui ne le deviendrait pas avec les bouffons qui gèrent le Canada?

 

À lire aussi : 

Assurance-emploi: le coût humain de la réforme (http://huff.to/ZuGbmO)

 

Marcel Plamondon, MAP

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 08:27

Tout le monde s'attendait à ce que le PQ, minoritaire, fasse des compromis, surtout côté budget. Mais de là à abandonner ses promesses d'augmenter l'impôt des riches et d'abolir la taxe santé, beaucoup ne s'y attendaient pas, d'autant qu'il était clair que l'opposition n'était pas pour déclencher des élections prématurées, de surplus en hiver. Quand les chambres de commerce ont applaudi le budget péquiste, de nombreux péquistes ont été scandalisés, du moins déçus. C'était un budget pour rassurer les marchés financiers.

 

Certains ont passé l'éponge, pensant que le PQ avait eu peur d'être défait en chambre. Le statut minoritaire a ses frayeurs, qui peuvent défier le réalisme politique. Mais comme de nombreux péquistes, ils ont par la suite déchanté. Le PQ ne cessait de reculer, sur les redevances minières, sur les généreux crédits d'impôts promises aux multinationales qui voudraient bien investir au Québec, sur la loi 101, sur la francisation des immigrants, sur les énergies fossiles -on pense au comité sur le pipeline de l'Alberta et sur le pétrole dans le Golfe St-Laurent, sur le sommet même de l'éducation où le ministre garde l'attention sur les frais de scolarité et les coupures de budget (est-ce lié?), sans trop parler de la gestion des universités et de leur mission, sur la santé et l'éducation dont on annonce des coupes critiques. Le PQ prononce l'équilibre budgétaire comme un mantra, comme si les conditions économiques n'étaient pas pour commander d'alternative. Une trahison de l'électorat lançait des commentateurs!

 

Jusqu'à maintenant, les décisions du gouvernement péquiste ne présentent que peu de différences avec ce qu'un gouvernement libéral aurait fait. Est-ce une stratégie pré-électorale? On sait que le parti libéral a vu son membership fondre au cours des dernières années. Le PQ semble s'approcher de ce membership silencieux...

 

Un jeu dangereux car de plus en plus de péquistes sont déçus et sont fortement courtisés par Option Nationale que le PQ ne peut se permettre de sous-estimer. Comme QS d'ailleurs.

 

Mais il me semble qu'au-delà de cette problématique électorale, la chef Marois semble jouer au « P'tit Charest » mais sans avoir son sens politique! Comment expliquer autrement l'abandon de Breton (trop radical!), le « tataouinage » du ministre des finances, le vire-capot de Martine Ouellette, l'approche bizarre du bilinguisme de Lisée et le « flirt » de Marois avec tout ce qui s'appelle entreprises dans le monde?

 

J'ai voté stratégique pour débarrasser le Québec des libéraux à la Charest. J'ai l'impression que mon vote était plutôt un vote boomerang!

 

Marcel Plamondon, MAP

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 15:56

« On connaissait les surplus d'électricité d'hydro-Québec mais pas la facture qui nous sera refilée en plus de l'augmentation des tarifs: "dans le pire des scénarios quelque 4,5 milliards de dollars". Pourquoi la régie de l'énergie ne contrôle-t-elle pas la production d'Hydro-Québec ? » alors qu'elle contrôle les tarifs! (commentaire sur Facebook, mercredi 16 janvier 2013, émis par les Alter Citoyens https://www.facebook.com/lesAlters?ref=stream)

 

On parle ici d'une facture de 500 millions $ par année pour les abonnés d'Hydro. En pure perte, au moment même où le secteur de la santé ne suffit plus à la tâche, où les surtaxes imposées aux contribuables abondent. Mauvaise gestion ou magouille? Quoiqu'il en soit, ce surplus d'électricité est là et pourrait être utilisé, à terme, pour remplacer les énergies fossiles.

 

Par ailleurs, les lobbies se font plus que présents auprès du gouvernement pour extraire pétrole et gaz de schiste au Québec, dans des endroits vulnérables, tel le Golfe St-Laurent (la pêche) et la vallée agricole du St-Laurent. Un article de la Presse du mercredi 16 janvier 2013, intitulé « Règlement anti-forage à Gaspé: une loi «au plus sacrant» » (http://bit.ly/VK1Q7a) appelle à une législation sur les droits de forage pétrolier (et autres car on parle de la loi sur les mines). Ces droits ont préséance sur le droit des municipalités d'aménager leur territoire. On peut donc parler de la loi actuelle sur les mines d'une loi non seulement anti-environnementale mais aussi antidémocratique.

 

Il semble que nous avons ici les deux termes d'une équation qui permettrait au Québec d'avancer rapidement dans le remplacement des énergies fossiles par des énergies renouvelables, tout en sauvegardant un patrimoine unique, on pense à l'île d'Anticosti, et des secteurs vitaux comme la pêche et l'agriculture. Pour un parti qui se gargarise de souveraineté alimentaire, l'occasion est belle, non?

 

Mais y a-t-il une volonté politique d'embarquer dans un Québec électrique, pourtant possible? Subvention aux autobus électriques -il y en a un en service depuis quelques jours, subvention incitative (y mettre le paquet quoi) à l'achat de voitures électriques, et pourquoi pas, « rachat  et revente » à l'extérieur de voitures au pétrole! (faut être créatif...).

 

Utopie? J'ai toujours pensé que l'humain ne vivait pas seulement que de pain...Hydro-Québec a été à ses débuts plus qu'un défi, presque une utopie et pourtant, pourtant le Québec a réussi tout un exploit pour l'époque. Les québécois sont créatifs. Mais ont-ils encore un gouvernement?

 

Je donne la parole ici à Steven Guileault : "Pourquoi produire plus d’électricité alors qu’on parle des surplus d’Hydro-Québec? Peut-être que, justement, nous pourrions utiliser ces surplus pour accélérer le passage vers les transports électriques au Québec, rendant caducs, du même coup, les projets d’acheminer ici le pétrole sale des sables bitumineux…" (Montréal, plaque tournante de l'éolien :  http://bit.ly/VTZm6p)

 

Ajoutons ceci : "une étude de l'actuaire et financier Claude Garcia a même conclu, en 2009, que l'entreprise (Hydro-Québec) pourrait économiser deux milliards de dollars annuellement." (http://bit.ly/Zg2Gfh)


 

Marcel Plamondon, MAP

 

 

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 17:26

baroncouvert9.jpg

 

Un conte de Noël, sans prétention, écrit pour remercier le travail de jeunes enfants du primaire, s'initiant au théâtre.  Chacun a reçu une copie-papier sous forme de petit livre, pour lecture du temps des fêtes.  

 

Suivre ce lien pour lire le conte.

 

 

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 17:56

La pauvreté des enfants est en hausse au Canada, un enfant sur 7 vit dans la pauvreté (http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/12/07/onu-canada-pauvrete-enfants_n_2258618.html). On reste incrédule et pour cause : comment est-ce possible dans un pays riche comme le Canada, où par ailleurs, pétrolières et banques font des profits annuels par milliards de dollars, où un gouvernement national a le front de dépenser un milliard de dollars pour assurer la sécurité à un sommet des grands de ce monde, tout en salivant à l'achat d'avions de guerre de 40 milliards et plus de dollars? Cela dit, regardons vivre les enfants pauvres.

 

La pauvreté, c'est d'abord des logements insalubres, au mieux trop petits, et souvent situés en milieux peu recommandables ou isolés. Des logements insalubres sont des logements dangereux pour la santé, soit à cause des contaminations, on pense aux moisissures et à certaines bestioles tels punaises de lit et coquerelles, si ce n'est la vermine, mais aussi au confort douteux dû à l'âge des bâtiments et/ou l'absence d'entretien. Les hivers ne sont pas toujours chauds dans ces logements. Par exemple, dans la MRC Papineau, parmi les plus pauvres au Québec, l'état des logements est parmi les pires au Québec, le taux de logements ayant besoin de réparations « majeures » dépassant largement la moyenne provinciale (http://petite-nation.qc.ca/social/recherches/logements_papineau2006.htm). C'est sans compter ici le prix des logements qui entame sérieusement le budget des plus démunis.

 

J'aurais peut-être dû commencer par dire que la pauvreté c'est d'abord la faim. Le nombre de banques alimentaires ne cesse d'augmenter de même que les usagers, de plus en plus jeunes, et vieux, d'ailleurs. La faim est un supplice quasi quotidien pour des centaines de milliers de canadiens. « Sur les quelque 1,5 million d'enfants pauvres au pays, 250 000 dépendent de la charité pour manger à leur faim. » (http://www.radio-canada.ca/actualite/zonelibre/00-10/pauvrete.html). Ces enfants ne doivent certainement pas être des plus attentifs en classe, ni participer aux activités parascolaires!Au-delà de cet aspect social, il faut penser à la torture du corps et de l'esprit, aux effets sur la santé (système immunitaire entre autres) et la santé mentale. Quelle est donc la qualité de vie de famille de ces enfants? Quel est le parcours de leur développement, pour ne pas utiliser le mot épanouissement?

 

Nous pourrions écrire tout un livre sur la vie des enfants pauvres et leur avenir. Qu'on pense encore à l'habillement et aux rigueurs de l'hiver, à l'analphabétisme et à ses conséquences sur l'apprentissage scolaire et la simple lecture, de livres certes mais aussi des mises en garde sur les produits et leur utilisation. Je vous laisse imaginer le reste...

 

Et sur ce constat : (http://www.radio-canada.ca/actualite/zonelibre/00-10/pauvrete.html)

 

Quelques chiffres concernant les enfants pauvres:

-

1 enfant sur 2 a une santé fragile

-

1 enfant sur 2 vit avec un fumeur

-

1 enfant sur 4 vit avec un parent dépressif

-

1 enfant sur 3 habite un logement malsain

-

2 enfants sur 5 accusent un retard de développement du langage

-

il y a 3 fois plus de délinquance parmi les enfants pauvres

 

Vous trouverez en visitant ce dernier lien de Radio-Canada des références à divers organismes impliqués dans la lutte à la pauvreté des enfants ainsi que des données sociologiques.

Nous convenons que la pauvreté des enfants est un scandale dans un pays riche, d'autant si la corruption politique enrichit des bandits et des voyous. Mais c'est aussi un scandale planétaire, plus d'un milliard d'humains souffrent de la faim. Et pendant ce temps, des gouvernements subventionnent des agriculteurs  pour produire...du biocarburant!

 

Les enfants à faible revenu au Canada : http://www.statcan.gc.ca/pub/75-001-x/2008105/article/10578-fra.htm

 

Marcel Plamondon, MAP

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 11:54

 

La question peut sembler à certains irréaliste, voire impertinente, au vue des résultats de la dernière élection. Pourtant elle se pose bel et bien, comme elle se pose pour les Républicains américains malgré leur bonne performance au vote et se posera pour les conservateurs de Harper. Et pour sensiblement les mêmes raisons, soit d'une part leur décrochage d'avec la réalité vécue par la majorité de la population et d'autre part, le rétrécissement de leur base électorale se concentrant sur les groupes les moins porteurs d'avenir. Ajoutons les facteurs corruption et incompétence qui s'accrochent souvent à leur image, comme une cerise empoisonnée sur le gâteau.

 

L'analyse de la clientèle libérale « marginale », celle qui lui permettait une majorité au-delà du noyau dur anglophone et allophone, est loin d'assurer un brillant avenir pour ce parti. Les groupes de personnes plus âgées et une large proportion des moins éduqués semblent lui avoir fait défaut lors de la dernière élection, d'autant que le taux de participation au vote a été élevé. La peur a certes joué en faveur des libéraux mais pas autant qu'ils l'avaient espéré. L'insatisfaction était trop grande mais aussi l'image de mauvaise gestion, de crise, étudiante, qui se prolongeait indûment, du recours à la loi et à la police comme action politique, d'exploitation de ressources naturelles en faveur du privé, et du privé étranger, et d'allégations de collusion, si ce n'est de corruption, de plus en plus fréquentes au sein de l'administration, si ce n'était au gouvernement lui-même.

 

Le parti libéral n'a pas su, ou voulu? élargir sa base électorale, rejoindre les groupes plus progressistes, plus contestataires, plus démunis, plus jeunes aussi, qu'il laissa à Québec Solidaire et en partie au Parti Québécois. Et il oublia de prendre au sérieux la Coalition Avenir Québec qui lui soutira une bonne partie de sa clientèle marginale. Et il y a fort à parier que la Commission Charbonneau fera éclater ce qu'il lui reste de cette clientèle, voire une partie de sa base électorale dure, surtout allophone.

 

Les Républicains américains se sont peinturés dans le coin avec leur base électorale de « old boys », ces « blancs » conservateurs et religieux, dont une partie dans le Tea Party, oubliant les jeunes générations, les femmes, les noirs et les immigrants. En fait, tout ce qui ouvre sur l'avenir. Harper est en train de commettre la même erreur stratégique, ce qui apporte de l'eau au moulin du NPD Mulcair et pourrait même permettre aux libéraux fédéraux de ressusciter. Les libéraux québécois, comme ces partis canadien et américain, n'ont pas saisi la portée du « Occupy Wall Street », de cette révolte sourde mais bien réelle des citoyens qui en ont assez de s'appauvrir en constatant le scandale d'enrichissement des plus riches et de la corruption galopante. Et de la mauvaise gestion de l'avenir, du peu de souci de l'environnement, du peu de souci des inquiétudes bien réelles de la population elle-même.

 

C'est ainsi que de grands partis « sombrent dans l'abîme du rêve » pour paraphraser le poète Nelligan. Le parti libéral du Québec fut un grand parti, le parti de la dite Révolution tranquille qui modernisa le Québec, le mit sur la carte du monde. Est-ce l'usure du pouvoir, est-ce le leadership? L'origine conservatrice de Charest y est certainement pour quelque chose. Mais l'habitude du pouvoir aussi, qui fait oublier avec le temps et le confort et privilèges des sièges ministériels pourquoi la population a voté pour vous.

 

Marcel Plamondon, MAP

 

 

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 08:40

On se pose la question suite aux déclarations de l'ancien ministre des finances Bachand. Il faut, dit-il, que le PLQ se donne un chef avant le dépôt du budget du gouvernement, pour défaire le gouvernement, déjà accusé, avant la lettre, de désastre pour l'économie du Québec. Donc une position idéologique, sans fondement, puisque le budget est loin d'être connu, à moins de garder les yeux sur le programme électoral du PQ, comme si la Real Politic de la gouvernance était un mythe (ou en laissant un manque à gagner de 800 millions $ au PQ comme l'avoue Bachand?).

 

Je suppose, par hypothèse, c'est permis, non? que le budget du PQ s'avère bon pour le Québec, bon pour soutenir l'économie, l'emploi, l'équité de la « juste part », etc. Que fera Bachand? Si on se fie à ses intentions assez clairement exprimées et le trou de 800 millions $ qu'il laisse, il votera contre, donc contre la bonne santé économique et sociale du Québec. Les distorsions qui s'ensuivraient seraient portées au compte d'une mauvaise gestion du PQ. Exactement ce que font les Républicains US depuis des années, détériorant l'économie au point où les électeurs voteraient contre Obama. Et Bachand en remet en affirmant agir ainsi dans l'intérêt du Québec...

 

On se demande, avec raison, d'où sortent ces gens qui osent porter le titre de député, de « représentant du peuple ». Et, de façon surprenante, ils se croient dans le droit chemin. Ils ont perdu leur esprit critique remplacé par la ligne de parti. Les années de pouvoir déforment la culture politique d'un parti, d'autant si de « mauvaises fréquentations » sont trop nombreuses et que le chef est d'une autre idéologie que celle traditionnelle du parti, ce qui a été le cas des libéraux sous Charest, conservateur et conservateur à la main de fer dans un gant de sur-velours! Ce qui explique entre autres les nombreux départs de gens forts comme Mulcair. Si Justin Trudeau ne reconnaît plus le Canada sous Harper, nombreux sont les québécois qui ne reconnaissaient plus le Québec sous Charest, d'où un taux historique d'insatisfaction. D'un conservateur à l'autre...(Mais soyons bon joueur. Charest a réussi de bons coups, lire : Les hauts et les bas des gouvernements Charest :http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201209/08/01-4572263-les-hauts-et-les-bas-des-gouvernements-charest.php )

 

Mais il y a un autre conservateur qu'on oublie, Lucien Bouchard, après qui le PQ n'était plus le grand parti des René Lévesque, Camille Laurin, Jean Garon, etc. Ce fut la perte du « Maîtres chez nous » au niveau des ressources et de la social-démocratie, laquelle s'est réfugiée chez Québec Solidaire. Bouchard a aussi fait mal à l'option souverainiste en démissionnant pour raison que les Québécois ne semblaient pas en vouloir.

 

Il y a eu perte du sens de l'état, dans les deux grands partis politiques du Québec. Il semble cependant vouloir revenir chez les péquistes, probablement dû à son ouverture sur la crise sociale provoquée par la fin de non-recevoir des demandes étudiantes par les libéraux. Cette crise a ébranlée le Québec et malgré le climat de peur entretenu lors de la campagne électorale, le PQ a été porté au pouvoir. Par contre, les libéraux semblent n'avoir appris de cette crise que la frustration de la perte du pouvoir qu'ils veulent reprendre par tous les moyens, ayant déjà commencé à s'inspirer des tactiques irresponsables des Républicains US. À commencer par leur silence complice du salissage des québécois par les médias anglophones.

 

La prochaine campagne risque d'être non pas de peur mais de terreur, d'une sorte d'apocalypse par le rappel constant d'un effondrement économique sous le PQ et, pourquoi pas, de l'occupation du Québec par l'armée en cas de référendum. Le « Love-in » du ROC est terminé, comme la social-démocratie qui ne saurait exister en même temps que le néolibéralisme qui transforme la vie sociale en marchandise.

 

Bienvenue aux États-unis d'Amérique!

 

Marcel Plamondon, MAP

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 16:43

La victoire de madame Marois est énorme et historique. Énorme, parce que victoire sur la corruption et la peur. Historique, parce que victoire féministe mais surtout victoire sur la droite affairiste. Comme si le Québec se sortait la tête de l'eau au moment où il était pour se noyer.

 

La corruption, du sommet au bureau de vote. J'accorde toujours beaucoup de crédibilité au rapport Duchesneau qui parle d'un système étendu de collusion et de corruption. D'abord parce qu'il n'y a pas de fumée sans feu. Les allégations de corruption n'ont cessé de circuler, souvent avec des coïncidences assez troublantes comme ce déjeuner cueillette de fonds d'une ancienne ministre de l'éducation où état présent un membre de la mafia. Ensuite par les nombreuses références sur le site www.liberaux.net. On parle certes d'allégations mais elles sont trop nombreuses pour relever du hasard ou d'une intention malveillante d'opposants. Ensuite, parce que, selon Duchesneau, "l'argent sale fait les élections", surtout la fameuse prime de l'urne !

 

La peur, évoquée et entretenue, tout au long de la crise étudiante et de la dernière élection. Le carré rouge, associé à la violence et à l'intimidation, le référendum (pourtant non au programme du PQ), devenant quasiment synonyme d'apocalypse. Ce climat de peur a amené un surprenant plein de vote aux libéraux et freiné la montée de la CAQ, transformant la victoire probable majoritaire du PQ en minoritaire. Un peu plus et les libéraux reprenaient le pouvoir !

 

Historique, parce qu'une première femme devenait chef d'état au Québec. Oui, je suis fier de la fierté des femmes. Surtout après la performance déplorable des deux femmes ministres de l'éducation durant la crise étudiante. Il faut ajouter que Marois venait comme couronner la stature exceptionnelle de femmes présidentes d'associations étudiantes et de Françoise David au débat des chefs.

 

Débâcle de la droite affairiste. Cette droite de l'injuste "Juste part" des contribuables, pensons à la taxe santé surtout, comme des étudiants à qui, en fait, on demandait de combler le manque à gagner des fonds de pension du secteur de l'éducation, sans oublier les généreuses primes de départ, et une foule de dépenses fortement discutables dont nous ont fait part les étudiants. On pourrait en ajouter dans la foulée du néolibéralisme, du transfert de ressources au privé, quasiment données, de taux préférentiels d'électricité, de projets de barrages hydroélectriques discutables et fort dommageables pour l'environnement, de routes construites pour des minières, etc. Encore là, le site web www.liberaux.net en recensent de nombreux. La cerise sur la gâteau est la peur des affairistes de l'élection du PQ alors que le danger pour l'économie vient de l'étranger et que le PQ risque d'en être victime...

 

J'ai cherché à imaginer ce que serait devenu le Québec sous un quatrième mandat libéral. J'en avais froid dans le dos. Voilà pourquoi j'affirme que le Québec s'est sorti la tête de l'eau juste à temps. Reste à voir comment il va rejoindre le rivage ! Reste que les affairistes n'ont pas dit leur dernier mot. Je doute que certains députés travailleront dans les intérêts supérieurs du Québec. Il aurait fallu que le vote fasse un plus grand ménage parmi ceux et celles dont le conditionnement du pouvoir a rendu aveugles et sourds. Faudra être vigilants et descendre dans la rue s'il le faut.

 

Marcel Plamondon, MAP 

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 10:18

 colombe-turpin-couverture.jpg

 colombe_turpin@hotmail.com  /  819-428-7158

 

  Un roman à la fois histoire d'amour et de trahisons, roman policier,

 drame de moeurs et saga familial.


"J'ai voulu, dans ce livre, rendre hommage à la grand-mère paternelle de mes quatre filles... J'ai voulu la rendre fière de ses origines autohtones...C'est un livre plein de métaphores et d'allégories qui explore aussi la relation père-fille" 


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Un roman, c'est avant tout un texte, certes, mais quand en le lisant il se transforme « aisément » en film dans la tête du lecteur, c'est que le texte est non seulement fluide mais comporte des éléments propres à un scénario de film. Et c'est plus que le cas avec ce roman. Les détails foisonnent, comme les descriptions, mais grâce au talent d'écrivaine de l'auteure, ces éléments n'alourdissent pas le texte. Certes en raison du vocabulaire qui est riche, bien que non recherché, ce qui permet de placer le mot qui convient à une lecture qui coule d'elle-même. Mais aussi au style de l'auteure, à son phrasé digne de la langue française. Finalement grâce aux rebondissements de l'intrigue, l'un n'attendant pas l'autre, contribuant à développer et à enrichir l'intrigue. L'intérêt ainsi soutenu me semble contribuer à cette fluidité du texte. L'auteure se révèle comme une écrivaine de grand talent.

 

Au-delà de l'histoire qu'il présente, ce roman surprend par sa profondeur philosophique.  On n'est pas dans l'harlequin ni dans le réductionnisme du bon et du méchant.  Que l'auteure en soit consciente ou non, elle laisse la marque d'une profondeur de vie et de réalisme de la vie humaine. Ses personnages, tout aussi fictifs qu'ils puissent être, sont à hauteur humaine, dans toute leur grandeur et petitesse, fidélité et trahison, amour et haine, au-delà du convenu, du normal et même de la justice. Ils sont grands parce que véridiques dans leurs déchirements entre le bien et le mal, le pardon et la vengeance, le regret et l'oubli, le secret, la manipulation, l'aveu et même le sacrifice expiatoire ou la déchéance dans le mal. Aucun surhomme ni insignifiant de la fiction marketing d'un certain cinéma. Ils sont grands parce que forts et faibles à la fois face aux autres, face au déroulement implacable de la vie avec ses imprévus, ses bienfaits comme ses malheurs. Comme quoi une saga familiale peut nous en apprendre beaucoup sur nous-mêmes, dans une sorte de confrontation en miroir entre le lecteur et les personnages.


Une autre dimension du roman nous interpelle. Je le qualifierais de mythe des mondes parallèles. Qui a-t-il de plus hermétique qu'un monde composé d'un petit village rural du Québec du début du XXe siècle, d'une ville millénaire de France avec sa noblesse et ses châteaux et d'un territoire amérindien isolé dans des montagnes impénétrables ?  Le roman fait rencontrer ces mondes, qui pour diverses raisons ne peuvent refuser les relations qui se tissent avec le temps, les changeant parfois en profondeur. La vie est ainsi faite, elle n'est pas figée et cherche à abattre les frontières qui bloquent les rêves ou les figent. Des conflits peuvent éclater, certes, mais des alliances se font. Ce roman nous fait réfléchir sur notre monde actuel qu'on divise  en mondes hermétiques du bien et du mal, le « 1% - 99% », pays riches vs pays pauvres, chrétiens vs musulmans, empire du bien vs empire du mal et que sais-je.   Ce roman est hors temps et sur ce plan est aussi à hauteur humaine.

 

Bonne lecture !

 

Un sang d'encre...et de mots http://bit.ly/QTelLX

 

Marcel Plamondon, MAP

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 12:24

Ce blogue s'adresse aux électeurs de circonscriptions où le vote est serré et où le PQ est soit en première place soit en seconde. Dans les autres circonscriptions, le vote stratégique ne fait pas de sens et les électeurs peuvent voter selon leurs valeurs, à moins de vouloir donne rau Québec un gouvernement fort qui se rapproche le plus d eleurs valeurs.

 

Frustrant pour un environnementaliste d'assister impuissant au massacre du nord déjà tourné en poubelle par les minières; frustrant de regarder tomber les arbres du joyau québécois de l'île d'Anticosti pour le profit de pétrolières; frustrant de constater que le magouillage permet maintenant aux minières de foncer tout azimut sans évaluation environnementale; frustrant de ne pas pouvoir empêcher les gazières de contaminer éventuellement les nappes phréatiques de la vallée agricole du St-Laurent.

 

Parce qu'un gouvernement gouverne pour le privé, et même le privé étranger, prétextant la création d'emplois, tout en cachant que nous pourrions créer dix, vingt fois plus d'emplois en exploitant autrement nos ressources et en développant une économie verte, tout en laissant un héritage aux générations futures. Par ailleurs, on se demande pourquoi ce gouvernement n'a pas créé ces emplois avant...

 

Mais il n'y a pas que les environnementalistes qui font face à un mur de Berlin sous les libéraux, ajoutons les sociaux-démocrates qui voient l'écart augmenter entre riches et pauvres, les jeunes générations, méprisées et même matraquées, les citoyens qui compensent par la « juste part » les milliards $ en fonds publics que s'approprient les entreprises, par exemple les routes pour les minières, les personnes âgées parquées dans les CHSLD avec soins minimaux, les malades qui croupissent dans les couloirs des urgences et aux portes des blocs opératoires, aux familles monoparentales qui reçoivent de quoi juste payer le loyer et j'en passe.

 

IMPUISSANCE ! Tant et aussi longtemps que les libéraux seront au pouvoir. Il faut arrêter de crier dans le désert. Il faut débarrasser le Québec de ce gouvernement qui ne gouverne que pour ses donateurs, en se cachant sous le feu d'artifice de ses discours manipulateurs de l'opinion.

 

Je voterai stratégique pour le seul parti politique qui a la possibilité de nous débarrasser des libéraux, soit le Parti Québécois. Et non, je ne suis pas un traite aux valeurs que je poursuis au sein de partis politiques comme le Parti Vert et Québec Solidaire.

 

Certes le Parti Québécois aura une dette envers ceux et celles qui voteront de façon stratégique et je compte qu'il l'honorera. Reconnaissance des valeurs de ces voteurs stratégiques et donc instauration du vote proportionnel pour donner enfin une représentation parlementaire à leurs valeurs. Et un financement public "minimum", à définir, autre que le prorata de voteurs qui n'avantage que les partis traditionnels déjà bien financés, assorti d'une couverture plus équitable des médias.

 

Il faut aussi prendre en compte la détermination et l'avenir des jeunes générations. Ce n'est pas unique au Québec mais cela se passe aussi chez nous. Mettez-vous à la place des jeunes : quel horizon leur offre les libéraux? Celle de la crise étudiante mais en pire pour l'avenir. Ces jeunes pensent au-delà des frais de scolarité, ils pensent à demain, à un Québec livré entre les mains d'entreprises motivées uniquement par le profit maximum, ignorant l'environnement et les valeurs sociales du Québec, comme la justice dans la distribution de la richesse, la langue, qui sera nécessairement l'anglais, les droits que la loi 12 a suspendus et qui ne nous serons pas rendus intacts, des emplois modelés sur le rendement du capital donc vidés de sens autres que le salaire. Nous ne pouvons pas léguer un tel héritage empoisonné à nos propres enfants, quand même ! Et nous ne pouvons pas les forcer à devoir utiliser la violence en désespoir de cause.

 

Le vote stratégique ne signifie pas la mort des tiers-partis ou des petits partis. Seulement un report. Il faut savoir perdre une bataille pour gagner la guerre! C'est l'avenir du Québec qui est en jeu à la présente élection, rien de moins.

 

J'exagère? Non, j'ose un cri du cœur...parce que je veux pour mes enfants la vie que m'a permis de vivre la Révolution tranquille et plus encore! Pas vous?

 

Marcel Plamondon, MAP

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 20:27

Le déclenchement des élections par Charest ressemble à un quitte ou double. On remarque d'abord le choix de la « seule » période électorale favorable aux libéraux au cours des prochains 18 mois. Les libéraux veulent d'abord éviter la commission Charbonneau à l'automne qui risque de les éclabousser passablement et ce pendant des mois; à noter que Charest ne pourra pas manipuler une « juge », ce n'est pas une fonctionnaire! et une juge qui ne tient certes pas à perdre sa réputation d'intégrité; ensuite, d'une part la rentrée scolaire, que Charest espère tumultueuse pour continuer à tabler sur la loi et l'ordre; et d'autre part les vacances d'été qui habituellement n'encourage pas l'engagement politique et offre alors un bas taux de votation qui profite au gouvernement sortant. Face aux autres aprtis, le moment est mal choisi : il faut être désespéré pour prendre un tel risque quand le PQ devance les libéraux dans les sondages et que la CAQ reprend du poil de la bête (surtout après avoir récemment affaibli les libéraux lors de l'élection partielle dans Argenteuil). Désespéré enfin de tenir le record d'insatisfaction de la population depuis des années et qui perdurera ou même empirera !

 

Ça sent la fin de régime quand un parti a de la difficulté à recruter des candidats de prestige. Trois de la défunte ADQ, sans faits d'armes particuliers, des quasi inconnus. Mais deux maires...du nord, sans grande envergure. Le PQ et même la CAQ ont fait mieux, beaucoup mieux. Les têtes d'affiche font la moue aux libéraux.

 

Mais ce qui condamne le plus les libéraux, c'est le climat social qui peut se résumer dans une « résistance » de plus en plus organisée contre l'exploitation des ressources version néolibérale. On pense au gaz de schiste, aux minerai du nord et au pétrole d'Anticosti. Les études fusent qui dénoncent la bradage des ressources, le peu de redevances et l'absence de transformation au Québec. De nombreuses municipalités ont dit non au gaz de schiste et elles semblent déterminées. La marge de manœuvre des libéraux rétrécit et je vois mal la police antiémeute aux portes des municipalités.

 

Le climat social inclut évidemment la crise étudiante. Il y a accalmie actuellement mais il ne faut pas se fier aux eaux dormantes. Les étudiants ne cèderont pas, ils sont déjà allés trop loin, surtout qu'une partie de plus en plus importante de la population se joignent à eux et/ou changent leur opinion. On pense aux casseroles et aux plus âgés qui se joignent aux jeunes par milliers. Il y a véritablement crise sociale et c'est celle du rejet de la fameuse « juste part »...des contribuables non fortunés (et endettés) et de la privatisation aveugle. Les gens voient bien qu'il vaut mieux payer pour être soignés et que les CLSC deviennent des coquilles vides de plus en plus. Et les urgences, à désespérer! Depuis la promesse libérale de 2003 de régler enfin (!) l'engorgement des urgences...

 

La loi et l'ordre! Quand il n'y a plus que la peur pour rallier le vote, l'heure est grave, dirait mon grand-père qui a vu bien de l'eau couler sous les ponts.

 

Et les libéraux ne contrôlent pas les réseaux sociaux. Des dinosaures quoi! Vu le nombre de québécois sur Facebook et Twitter, les réseaux sociaux joueront un rôle important dans les résultats et ce sera au détriment des libéraux. Ils n'ont pas vu venir cette vague virtuelle mais bien réelle (!), dont profitent les autres partis, du moins par leur présence et pour certains depuis longtemps. J'oserais même affirmer que la lutte de l'opinion publique se fera entre les réseaux sociaux et les médias traditionnels dont la majorité, si on exclut Le Devoir et en partie la SRC, penchent plutôt du côté libéral.

 

Une victoire libérale serait une victoire à la Pyrrhus. Je ne pense pas que les libéraux se rendraient à la fin de leur mandat, pas le nouveau qu'ils obtiendraient mais le temps qui resterait au présent mandat s'il n'y avait pas eu d'élection. Comme si pour Charest, bête politique, le seul but était d'obtenir comme chef un 4ième mandat, advienne que pourra. Tout un chef de parti, tout un chef d'état!

 

Marcel Plamondon, MAP

 

 

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 08:53

Voici ma conclusion à la fin de ce blogue : si Charest reprend le pouvoir, majoritaire ou même minoritaire (une coalition est plausible avec la CAQ), le Québec s'enfoncera dans le néolibéralisme, avec en prime, mais quand? une révolte populaire due à une paupérisation de masse.

 

La chroniqueure politique Chantal Hébert disait des prochaines élections au Québec que tout peut arriver. Certes, en partie, à cause de la présence de la CAQ : Legault est allé chercher du vote chez les libéraux dans Argenteuil, faisant élire le candidat péquiste (ce n'est donc pas une percée péquiste). Cela se produira-t-il encore et ailleurs? Ce pourrait être le cas dans les circonscriptions anglophones qui ont déjà contribué à propulser l'ADQ à l'opposition à l'Assemblée Nationale. Certes aussi en partie au vote étudiant mais se concrétisera-t-il, surtout depuis que le DGE a changé les règles de votation pour les résidents dits « temporaires » : les étudiants vont-ils faire l'effort de s'enregistrer pour pouvoir voter pour les candidats dans la circonscription...de leurs parents? En auront-ils le temps si la rentrée est à la mi-août et le vote début septembre?

 

Les intentions de vote au PQ semble plafonnées depuis un bon bout de temps. La surprise ne viendra pas de là. Au-delà de la division du vote francophone, qui pourrait faire élire quelques libéraux, l'inconnu reste la CAQ et le vote anglophone/allophone. Par ailleurs, le Québec va-t-il répéter son virage fédéral inattendu au NPD avec la CAQ au provincial, déjouant encore une fois les sondages? Certes, le mécontentement envers Charest a atteint un record mais l'homme est rusé comme un renard. Dans la lettre du PLQ au DGE demandant de surveiller les dépenses électorales de la CLASSE durant la période électorale, on fait mention de l'émeute de Victoriaville. Cette simple (!) mention, hors contexte, en dit long sur le souhait des libéraux, non? Faudra surveiller les casseurs en cas de manifestations mais sans pouvoir identifier leur provenance, l'effet Loi et Ordre apportera des votes aux libéraux -sauf s'il y a mort d'homme, ce que personne ne souhaite. Paradoxalement, la CLASSE pourrait faire élire son propre bourreau (!).

 

Le bilan libérale depuis 2003 est dévastateur. Consulter à ce sujet l'excellent travail de recherche exposé sur le site web www.liberaux.net. Les projets à l'agenda des libéraux font peur : un Plan Nord où les subventions dépasseraient les redevances et sans transformation des ressources au Québec; l'attente des gazières, claims en main, pour envahir la vallée (agricole) du Saint-Laurent; le pétrole d'Anticosti dont les forages débuteront sous peu; la possible privatisation d'Hydro-Québec, voire de la Caisse de dépôts (?) et la fameuse « juste part » qui s'étendra à tous les services à la population. Et l'endettement du Québec qui a déjà fait tout un saut quasi olympique sous Charest!

 

Mais qu'en serait-il avec le PQ au juste? Il n'est pas contre l'exploitation des ressources, seulement pour en tirer plus de bénéfices pour la province. Arrêtera-t-il le massacre environnemental de La Romaine, on parle ici non seulement des écosystèmes du nord mais aussi de la perte d'oxygénation du fleuve Saint-Laurent? Fera-t-il marche arrière sur la juste part en augmentant l'impôt des entreprises ou en imposant une taxe aux banques? Depuis 1995, sous Lucien Bouchard, le PQ a « oublié » tout le pan de la social-démocratie, repris par Québec solidaire. La « gouvernance péquiste » prendra-t-elle toute son énergie au dépend des services à la population? Cela dépendra de ce que le PQ retiendra des acquis de la Révolution tranquille. Mais à la base, cela dépendra grandement si le PQ est majoritaire ou non, car la CAQ a un penchant naturel PLQ. Le PQ minoritaire signifierait le statu quo jusqu'à ce qu'il tombe sous l'élection d'un chef charismatique au PLQ.

 

Peut-on prévoir actuellement un gagnant car tout peut arriver? Je pense que oui. A long terme, le gagnant sera la CLASSE mais à quel prix? Dans un Québec péquiste, qui renouera quelque peu avec la Révolution tranquille, les bénéfices surpasseront les coûts. Mais dans un Québec libéral, qui aura tout cédé au privé, la tiers mondialisation de l'économie aboutira à une révolte sociale que dirigera les actuels étudiants extrémistes devenus professionnels. La population souffrira grandement. Il faudra au moins une génération pour que le Québec se sorte la tête de l'eau et encore !

 

Marcel Plamondon, MAP

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 18:03

Situons-nous dans le contexte de la loi 78 qui permet toutes les répressions et ce, en pleine campagne électorale. Charest en sortirait gagnant, n'ayant qu'une faible opposition, et n'aurait plus de limites à imposer sa gouvernance néolibérale en faveur du privé, quitte à remplir les prisons. Je ne fabule pas. Depuis des mois, Charest ne cherche qu'une occasion de déclencher des élections sur la base de son Plan Nord -et non une sortie de crise sur les frais de scolarité. Sur ce plan, je donne raison à l'éditorial du Devoir (samedi 2 juin 2012). Sauf si un juge acceptait de « suspendre » l'application de la loi 78 ? Nous y sommes.

 

Imaginez que Charest ne peut plus faire déclarer une manifestation illégale et dissoudre les associations étudiantes? La répression des manifestants, qui serait encore plus violente, ne serait pas justifiée. Il y aurait probablement des émeutes. Qui voterait pour un premier ministre incapable d'assurer la paix sociale, et ce en pleine saison estivale, un minimum dans la vie d'une société (dite) évoluée ?

 

La décision d'un juge peut parfois avoir des conséquences considérables sur une société. Songez seulement à criminalisation de l'avortement. Voilà pourquoi un juge est un juge, il doit non seulement se baser sur la lettre de la loi mais aussi sur l'esprit de la loi -sinon un ordinateur serait plus efficace. Que sera la décision face à la demande d'annulation de l'application de la loi 78 ? Je ne suis pas juriste, mais les « atteintes supposées » à plusieurs droits fondamentaux peuvent justifier la suspension temporaire de cette loi jusqu'à ce qu'un tribunal supérieur l'approuve ou la rejette.

 

A suivre donc.

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

 

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 17:57

Aujourd'hui jeudi 31 mai 2012, après l'échec des négociations des étudiants avec le gouvernement, sur une question portant sur la non discussion sur la loi 78 durant les négociations, Charest a répété que la loi spéciale permettait entre autres aux étudiants qui veulent étudier d'assister à leurs cours. C'est, clairement, la négation du droit d'association des étudiants, inclus dans la loi des universités certes mais plus fondamental, dans la constitution même du Canada, dans la Charte canadienne des droits et libertés (art 2) (*). Le droit d'association est constitutionnel mais pas le droit à l'éducation. On peut le déplorer mais la constitution est la constitution. Clairement, cela veut dire que si une association d'étudiants décide d'entrer en grève par vote de majorité simple, tous les étudiants sont en grève, même ceux qui n'ont pas voté. Sur ce plan, bien des juristes ne comprennent pas qu'un juge ait accordé des injonctions de retour en classe.

 

Charest est avocat et il sait très bien tout cela mais il joue à la désinformation et la manipulation de la population, faisant appel à l'émotion (les étudiants qui ont « droit » d'étudier), à la responsabilité (la juste part) et à la peur (intimidation des étudiants, violence aux portes des écoles).

 

(*) libertés fondamentales

art 2. Chacun a les libertés fondamentales suivantes :

a) liberté de conscience et de religion;

b) liberté de pensée, de croyance, d'opinion et d'expression, y compris la liberté de la presse et des autres moyens de communication;

c) liberté de réunion pacifique;

d) liberté d'association

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 07:10

Tout au long de la grève étudiante, les ennemis « visibles » étaient Charest, le gouvernement, et Gabriel Nadeau-Dubois, les étudiants. Du moins, c'est ce que la presse a montré, y compris les réseaux sociaux. Pourtant, les étudiants pointaient les universités, leur gestion, où, affirmaient-ils, études à l'appui, il y avait des économies à faire, justifiant ainsi le non-recours à une hausse des frais de scolarité de la part du gouvernement. N'avez-vous pas été surpris, certains scandalisés, quand les leaders étudiants proposèrent que les professeurs fassent moins de recherche et plus d'enseignement? Ils auraient dû être plus clairs et dire : moins de recherches « affairistes », pour les entreprises, et plus d'enseignement, actuellement confiée à des chargés de cours, nécessairement moins savants, et à moindre coût.

 

Si les étudiants se sont attaqués au gouvernement, c'était pour le rappeler à la raison, à son rôle de représentant des intérêts collectifs. Augmenter les frais de scolarité était de jouer le jeu des recteurs qui transforment depuis une dizaine d'années l'université en succursale des entreprises : recherches affairistes, autrefois assumées par les entreprises elles-mêmes, et usine à diplômes-marché-du-travail -d'où le marketing et l'extension en satellites sur le territoire, pour augmenter la clientèle et les contrats de recherches. Exit la mission traditionnelle de haut savoir, à transmettre aux étudiants par ceux-là même qui la détiennent, et la recherche fondamentale d'avancement des connaissances (recherches qui semblent de moins en moins donner de nouveaux résultats). Voir à ce sujet une analyse publiée dans Le Devoir : « Suisse: quand le « modèle américain » tue l’université »

 

Les étudiants, en s'adressant à « leur » gouvernement, ont reçu une douche froide ou plutôt un choc existentiel : le gouvernement était du côté des recteurs et du côté des entreprises bénéficiaires de la recherche affairiste et, il faut l'ajouter, contributeurs aux caisses électorales! Les étudiants se sont raidis et pour cause car qui d'autres pouvaient soutenir leur cause sinon leur gouvernement ? Le reste s'en est suivi, dont l'habile détournement du véritable enjeu par Charest qui garda notre regard rivé sur la tentative des étudiants d'infléchir « le » gouvernement, responsable des décisions collectives et de la paix sociale...Les recteurs ont certainement trinqué à cette habile manipulation! Je les vois s'esclaffer dans leur scotch le soir où RDI montra la poignée de mains de la ministre Courchène aux leaders étudiants!

 

Sauf que maintenant les étudiants ont deux ennemis, les libéraux et les recteurs, mais de nouveaux « amiEs » de plus en plus nombreux dans la population qui commence à comprendre, à comprendre que la « juste part » demandée aux étudiants ressemble pas mal à la juste part qu'on lui impose et qu'elle juge de plus en plus injuste et immorale.

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 15:33

La grève étudiante a eu un effet de réveil de la population mais, précisons tout de suite, pas encore de pleine conscience du problème social que cette grève a fait émerger après l'assaut de l'idéologie du néolibéralisme, résumé par l'expression de l'utilisateur-payeur, des rumeurs (!) de corruption quasi généralisée jusqu'au plus haut niveau du politique, des nombreuses surtaxations de l'état et de l'endettement des ménages. Il y a encore place dans la perception de l'état de la nation pour la désinformation et la manipulation des médias pro-libéral. En d'autres mots, la population n'a pas encore assez souffert de l'agonie de la social-démocratie héritée de la Révolution Tranquille pour en prendre pleinement conscience. Il y a là, il va sans dire, tout un programme politique pour l'opposition.

 

Sauf chez les jeunes! Mettez-vous à leur place : ils ont grandi dans un climat de politique montré du doigt comme corrompu et parfois jusqu'à la moelle, leurs parents se plaignent de soins de santé de plus en plus inaccessibles sauf si tu payes, ils ont pris conscience des mensonges et ententes secrètes des politiciens avec les gazières, les pétrolières et les minières dont on dit, études à l'appui, qu'elles ne laissent que tomber des miettes de leur table tout en polluant à qui mieux mieux, qu'ils doivent travailler en plus de s'endetter pour poursuivre des études avancées et dont le remboursement s'étalera sur des dizaines d'années, au profit des banques déjà riches, lesquelles banques font des fortunes en spéculant sur des produits financiers qui ressemblent à des chimères. On pourrait continuer la liste sur des pages si on inclut le bilan du gouvernement Charest dont on trouve une liste fort éloquente ici sous le titre de L'indignation en chiffres et en aberrations. « Pour la génération des baby-boomers, la Grande Noirceur est peut-être derrière dans le souvenir de Duplessis. Mais pour la jeunesse qui est dans la rue actuellement et depuis 2001, 2005 et le G20 de Toronto, la Grande Noirceur est droit devant : Charest à Québec, Harper à Ottawa. Dans les deux cas, le budget sert d’arme de destruction massive des politiques sociales. »(L’acte fondateur de l’âge barbare,Le Devoir, 23 mai 2012)

 

Ce serait inconscient, et dangereux pour la paix sociale, de croire que les jeunes vont entrer dans le rang, comme le leur ordonnait (!) Lucien Bouchard. Quand l'avenir est bloqué, tu rues dans les brancards comme on dit! Les jeunes vont faire tomber le mur qui se dresse devant eux, tout simplement parce que la vie trouve toujours son chemin, n'en déplaise, ajouterais-je, aux morts-vivants!

La question est de savoir si cette révolution à venir sera aussi tranquille que la précédente des baby-boomers.

 

Je ne crois pas pour une raison incontournable : « l'économie n'est plus infléchie par le politique comme au temps de Duplessis mais par la haute finance qui, au surplus, infléchit le politique. » Si la haute finance, par la déréglementation, a imposé la mondialisation, elle impose conséquemment les lois du marché à la vie sociale et politique au sein de chaque état. C'est David devant Goliath! Relativisons ici puisque le Québec n'est pas le Canada de Harper ni les États-unis de Bush. Le Québec a encore une identité culturelle (oui, encore!), le Québec a l'habitude centenaire de se serrer les coudes pour survivre comme peuple dans cette mer anglophone de l'Amérique, la social-démocratie n'est pas à sa phase terminale comme en témoigne un écart moins grand entre riches et pauvres et ses nombreux programmes d'équité sociale.

 

Reste que dans le contexte de 10 ans de réingénierie de l'état par les libéraux du tout au privé et de l'utilisateur-payeur, l'avenir des jeunes reste sombre et ils devront jouer du coude pour s'installer selon leurs propres valeurs et idéaux, d'autant qu'ils forment un groupe minoritaire, contrairement aux baby-boomers (finalement, ces derniers, ils l'ont eu facile leur révolution, non?). Il y aura révolution, c'est obligé, et sa tranquillité dépendra d'une part de son poids démographique, à savoir de la mobilisation des plus âgés, et d'autre part, de la réceptivité du parti politique qui sera au pouvoir.

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue  

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 20:18

Le but recherché par l'augmentation des droits de scolarité était de mieux financer les universités. Comme justification, Charest a avancé la « juste part » des étudiants. Un groupe important d'étudiants, on parle de 30%, a dit non. Ce n'est pas rien, surtout si on considère que les libéraux ont été élus par seulement 24% de l'électorat. La grève dure encore. Précisons qu'il s'agit bien d'une grève puisque votée en assemblées en bonne et due forme, bien que Charest utilise le terme de boycott pour éviter les inconvénients des aspects légaux justement, d'où les injonctions des dits « verts », ceux contre la grève.

 

Il y plusieurs façons de financer les universités. Et les droits de scolarité ne semblent pas être la meilleure voie : « L'élimination des droits de scolarité universitaires permettrait au gouvernement du Québec d'économiser de l'argent, selon un rapport de l'Institut de recherche en économie contemporaine (IREC). » (http://argent.canoe.ca/lca/affaires/quebec/archives/2012/01/20120123-181559.html ).

« En fait, les universités du Québec reçoivent beaucoup d’argent, elles souffrent plutôt d’un malfinancement, c’est-à-dire d’une mauvaise répartition des ressources. » (http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2011/11/brochure-faut-il-vraiment-augmenter.pdf ). Même les étudiants en grève ont présenté des solutions de financement autres que les droits de scolarité (http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2012/05/01/004-proposition-fecq-feuq-etudiants.shtml ).

 

Des alternatives valables de financement des universités existent donc. Pourquoi Charest s'en est-il tenu seulement aux droits de scolarité? Parce que la décision, disait-il, avait été prise voilà un an. Et puis? Mais sur quelles bases s'est prise cette décision? Semble bien que les recteurs et les affairistes ont eu leur mot à dire, passant à Charest une camisole de force. On sait fort bien que les recteurs ont rejeté l'entente passée avec les étudiants lors du congrès libéral de Victoriaville -Charest n'a-t-il pas alors assuré les opposants au gel en déclarant que sa politique d'augmentation des droits de scolarité demeurait et ce, au moment même où se tenait à huit-clos la négociation des étudiants avec sa ministre de l'éducation?

 

Charest, et son ministre des finances Bachand probablement l'initiateur de cette mesure, ne s'attendaient sûrement pas à une telle résistance des étudiants. Charest s'est retrouvé peinturé dans le coin. L'affrontement des recteurs et des affairistes tirant avantage de recherches universitaires appliquées lui aurait coûté plus cher, voire le pouvoir. Il était plus facile d'utiliser la démagogie, on pense au 50¢ par jour et à la « juste part » pour mettre la population de son bord.

 

Mais si Charest a évité le pire, à son point de vue, il a probablement perdu la guerre. La vie universitaire ne sera plus jamais la même. La vie étudiante non plus à noter une certaine prise de conscience au secondaire même. Si Charest comptait sur l'abstention électorale des jeunes pour gagner la prochaine élection, c'est à oublier. Il ne lui reste que le vote anglophone et allophone et celui des plus âgés les moins politisés. Ce que retiendra la population en général c'est sa mauvaise gestion de la crise étudiante. Charest n'a pas été à la hauteur. Reste à voir les effets de la loi spéciale de retour en classe. La paix sociale est loin d'être acquise.

 

Il visa le noir et tua le blanc!

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue.

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 20:12

La grève étudiante a révélé une fois de plus la superbe de Charest, qui se traduit par des entêtements typiques des enfants gâtés, on pense aussi à la centrale du Suroît, et une désinvolture du facial, alternant un sourire qui en dit long sur l'estime qu'il se porte et le rictus hargneux du susceptible vengeur qu'il a montré tout au long de la grève étudiante. Charest n'a pas connu d'expériences de vie autres que la politique. Il ignore ce que c'est que la vie de citoyen, même s'il doit, forcément, payer ses taxes foncières, et, pour exemple, voter de temps à autre! Et il ne sait ce que sont les quarts de travail, manuel comme clérical, dans un contexte d'usine, de bureau ou de supermarché ou l'angoisse du travailleur indépendant à la recherche de contrats. Que dire maintenant de la quasi-vocation du professeur ou de l'infirmière, forcément centré sur l'usager. Une absence du principe de réalité quoi!

 

Charest a passé sa vie dans une bulle. Et quel est l'enjeu réel dans cette bulle au-delà du mensonge du service au public? Le pouvoir! D'autant si cette bulle est conservatrice, où le recours à l'autoritarisme est le mécanisme garantissant le maintient ou le retour aux politiques de droite. Ce qui implique contrôle, manipulation, voire corruption. D'un côté, convaincre la population qu'on gouverne pour elle. De l'autre, assurer le financement des campagnes électorales. A ce que je sache, ce ne sont pas les petits travailleurs qui financent les partis. D'où glissement des politiques en faveur des contributeurs, ce qu'on appelle le renvoi d'ascenseur. La juste part...(1)

 

Je n'ai jamais connu de gouvernements de facture conservatrice qui carburaient au sens de l'état. Peut-être un peu sous Diefenbaker ou Clark? Concédons ces exceptions qui nous font prendre conscience de l'épaisseur et de la noirceur de la brume conservatrice canadienne actuelle d'où Charest tire ses origines.

 

Pouvez-vous me nommer une seule politique publique de Charest qui fut un succès? Certains suggèreront les garderies à 7$. Sauf que les riches payent le même montant que les pauvres, comme pour la taxe-santé de 200$. Les riches ne sont pas soumis au principe de l'utilisateur-payeur! Les urgences? On attend encore depuis...2003! L'éducation? On en vit présentement en mode surréaliste, les étudiants inscrits dans les professions les plus rentables payant les mêmes droits de scolarité que ceux disons en histoire ou en philosophie. Charest va créer une bulle financière avec l'endettement des étudiants. Et que dire de la culture et la langue, avec Madame écoles-passerelles...(tiens, un succès!).

 

Les gazières et pétrolières ont même dû faire appel au Lucide-en-chef Lucien Bouchard pour convaincre la population que la contamination des nappes phréatiques des terres agricoles du Québec l'était « dans les intérêts supérieurs » du Québec. Faut le faire, non? Je passe sous silence l'augmentation importante de la dette du Québec avec les infrastructures, dans le budget desquelles on cherche encore une mystérieuse disparition de 4 milliards $. La réingénierie de l'état a abouti à la perte d'expertise au ministère des transports, avec présence de représentants du génie-conseil dans les bureaux des fonctionnaires. Tout un exploit! Pour les PPP, on repassera.

 

Le Plan Nord! Supposément le projet d'une génération. Des emplois, oui, il y en aura...quelques-uns à comparer au nombre considérable que génèrerait la transformation du minerai au Québec plutôt que son exportation brute à l'étranger. Du Duplessis tout craché. Et depuis quand la loi qui rend les minières propriétaires du sous-sol de terrains privés achetés en toute légalité et de bonne foi est-elle une bonne loi? Ici, la désobéissance civile s'impose...moralement! (Pour une liste plus complète des échecs et coups-bas de Charest, suivez ce lien : http://on.fb.me/K9vpKa).

 

L'époque de Duplessis est appelée celle de la grande noirceur. Celle de Charest sera appelée celle de la liquidation! Et ce ne sera pas dans la grande noirceur mais sous les feux de la rampe! Un encan national, aux plus offrants. Notre seul espoir est cette jeune génération qui ose lever le poing et qui défie encore le « Rentrez dans le rang » de Lucien Bouchard!

 

(1) « « pensée unique », la doctrine néolibérale, continue de légitimer la prédation, la dépossession et la privatisation du bien commun et des biens publics » ( dans : http://cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=1357sur la désobéissance civile) Définition du néolibéralisme actuel : une technique de gouvernement, une politique économique et sociale étendant l'emprise des mécanismes du marché à l'ensemble de la vie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Néolibéralisme)

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 09:30

On ne peut pas ne pas se poser cette question à additionner les faits et usages du français au Québec et surtout dans la grande région de Montréal.  L'affichage unilingue anglais des commerces ne cesse de prendre de l'ampleur, les immigrants parlant français ne trouvent pas d'emploi parce qu'ils ne parlent pas anglais, les écoles passerelles permettent de carrément acheter un droit (comme si un droit avait un prix plutôt qu'une valeur !), Charest veut imposer l'apprentuissage intensif de l'anglais dès la sixième année du primaire, des PDGs d'entreprises francophones sont unilingues anglais, même dans le public ! et les HEC, fleuron universitaire francophone, offre maintenant une maîtrîse toute en anglais !  

 

Dois-je passer sous silence qu'un ministre conservateur déclarait que de toutes façons, le Canada est bilingue ? Personnellement, je n'ai pas souvenance qu'un unilingue francophone ait été nommé PDG aux services d'immigration de Toronto...que la ministre Beauchamp déclarait à propos de la maîtrîse toute en anglais des HEC que la présence d'anglophones aux HEC lui donnait du prestige...que le patron de la caisse de dépôt justifiait son PDG unilingue anglophone en disant : mais le personnel "subalterne" est francophone, ce qui, dans ce dernier cas, est vraiment ajouter l'insulte à l'injure ! que finalement, l'entraîneur du club de hockey des Canadiens de Montréal est unilingue anglais.

 

Je ne me souviens pas que le français ait été aussi menacé dans l'histoire du Québec - les historiens me corrigeront si nécessaire.  L'origine des assauts actuels est bel et bien la Charte des droits et libertés de Trudeau, charte qui rayait les droits collectifs du droit canadien.  La Cour Suprême l'a prouvé sans l'ombre d'un doute.  Trudeau, en voulant paralyser la marche des indépendantistes, qu'il appelait séparatistes avec mépris, signait un arrêt de mort potentiel du français au Canada.  Que valait donc sa politique de bilinguisme ? 

 

Ou le Québec veut garder sa langue, et donc aussi son identité, ou il laisse aller les choses, advienne que pourra, ce qui sera synonyme d'anglicisation continue.  Il ne faut certes pas compter sur le gouvernement Charest pour redresser cette situation, obsédé par ses bases électorales anglophone et allophone, les seules qui lui soient encore fidèles...Et il n'est pas écrit dans le ciel que le PQ gagnera la prochaine élection.  Alors ?  Peut-on espérer une mobilisation de la population ?  A l'heure actuelle, poser la question c'est y répondre !

 

Triste constat, c'est l'identité même de tout un peuple qui est en jeu.  Mais il semble bien que la majorité ne le voit pas, insuffisamment éduqué à l'histoire, si ce n'est éduqué tout court.  Si l'anglais peut permettre d'avoir un emploi... 

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

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