Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 19:26

lagrise250.jpg Une histoire parmi des milliers d'histoires de maltraitance et d'abandon au Québec.  Il nous faut subventionenr les familles d'accueil, pour redomestiquer ces chats errants et pouvoir les stériliser pour réduire leur reproduction -une chatte peut avoir 4 portées par année !  Une telle politique ne semble même pas traverser l'esprit de nos dirigeants.  Voici l'histoire de la redomestication de Manou.

 

 Encore aujourd'hui, après un an d'apprivoisement, la première réaction de Manou quand je l'approche, c'est la crainte.  Elle a certes apprise que ma main n'est que caresse mais elle a besoin de quelques secondes pour s'en persuader.  Son histoire est celle d'une chatte maltraitée puis abandonnée.  Notez la sévérité de son regard.

 

L'histoire commence l'hiver passé.  J'avais collé une sorte de petite serre contre ma porte patio pour les quelques chats errants à la recherche de nourriture et de chaleur.  Manou est apparue un soir, plutôt froid, gardant ses distances et me surveillant à travers la porte patio.  Puis, pour combattre le froid, j'apportai à la petite troupe une assiette de viande à chat.  Manou faillit fuir...mais l'odeur de la viande l'a retenue le temps que je ferme la porte patio et se jeta littéralement sur cette manne.  Puis, contrairement à d'autres chats, passa la nuit dans cet abri de fortune, profitant de la lampe chauffante un bon moment avant de se réfugier dans l'une des petites cabanes.  Ainsi se passa l'hiver pour elle, toujours aussi méfiante à mon endroit et à celui des autres chats qu'elle n'hésitait pas à gifler.  Je lui donnai temporairement le nom de La Grise !

 

Le printemps venu, elle disparaissait des jours entiers et je m'aperçus qu'elle nichait dans le haut du garage, l'ayant aperçue y entrer par le...toit, dont les bords n'étaient pas encore fermés avec le mur.  Elle grimpait sur une barrière collée au garage, sorte de faux mur assez haut, et se glissait sous le toit, pour nicher dans des boites de carton déposées entre les fermes de toit.  Et pour cause ai-je rapidement découvert : elle se cherchait une tanière...Ciel ! oui, elle était bien enceinte !

 

Elle fut une mère exceptionnelle mais quelle histoire !  Je me demandai pendant au moins une semaine, quand elle perdit son gros ventre, où étaient ses chatons.  C'est mon chat Jules qui les trouva, au fond du garage, derrière une boite, à côté de pneus rangés sous une tablette.  Craignant qu'elle déménage ses petits, je ne déposai qu'une vieille couverture de laine repliée près de la boite pour les chatons.  Ce ne fut pas long avant que je les vois couchés sur la couverture...

 

C'est à ce moment que commença vraiment la domestication.  Comme je lui apportais de la viande à chat, restant à mi-chemin entre ses chatons et la porte d'entrée -autrement elle fuyait, elle acceptait de plus en plus ma présence...à distance.  Les chatons avaient un mois quand je commençai à leur donner des graines mouillées selon les recommandations du vétérinaire.  Il y avait de quoi, la chatte maigrissait, trop même.  C'est alors que je lui servai de la viande hachée à volonté.  Cela sembla faire tomber une partie de sa méfiance, car elle acceptait ma présence près des chatons.  Mais si j'avançais la main, c'était la panique !  

 

Les chatons avaient deux mois, allaient dans la litière mais cherchaient à sortir.  J'ai alors construit un petit enclos temporaire en broche de poules à l'extérieur.  Cela me permit de commencer à les apprivoiser en jouant avec eux.  Mais le troisième mois, les chatons avaient découvert comment sortir par le toit...La chatte veillait, les appelait mais me laissait jouer avec eux, osant même tourner autour de moi.  Cela prit un mois avant qu'elle accepte d'être caressée...un peu !

 

Aujourd'hui je peux la prendre dans mes bras...quelques instants, sans plus. Personne d'autres ne peut l'approcher et la caresser.  Elle accepte la présence de ma conjointe si je suis entre les deux...Elle reste marquée par la maltraitance.  Stérilisée, elle partage sa vie avec sa fille, toute petite mais si mignonne et placotteuse, et moi !  Si la fille est adoptable, Manou, elle, ne le sera jamais.  Si ce n'eut été du soin que j'ai donné à ses chatons, je ne crois pas qu'elle aurait accepté quelque proximité que ce soit avec un humain.

 

Une histoire parmi des milliers d'histoires de maltraitance et d'abandon au Québec.  Je ne suis pas le seul à avoir accueilli une chatte en détresse.  Je pourrais écrire un livre juste sur les cas qui me sont rapportés dans ma seule petite région, cas autant de maltraitance que d'accueil de chats errants.  Oui, il y a beaucoup de personnes généreuses mais laissées à elles-mêmes, elles n'ont pas toutes les ressources dont elles auraient besoin pour mettre fin à ce qui est devenu un fléau.  Il nous faut subventionenr les familles d'accueil, pour redomestiquer ces chats errants et pouvoir les stériliser pour réduire leur reproduction -une chatte peut avoir 4 portées par année !  Une telle politique ne semble même pas traverser l'esprit de nos dirigeants.

 

Cependant, je note une sensibilisation à la maltraitance et à l'abandon sur les réseaux sociaux.  Il faut en parler, il faut appuyer les pétitions, comme celle demandant des unités mobiles de stérilisation au Québec,  dénoncer la maltraitance (c'est confidentiel), faire des pressions sur les municipalités - beaucoup trop de municipalités ne veulent même pas passer une entente de services avec leur SPCA ! C'est le cas de ma MRC - un maire a déjà répondu que c'était là sa dernière préoccupation...Un Québec malade de ses animaux !

 

Je viens de perdre un chat exceptionnel, un chat zen, oui vraiment zen, âgé seulement de 9 mois, chat errant victime d'une maladie probablement due, selon le vétérinaire, à la consanguinité caractéristique des bandes  de chats errants.  J'étais chagriné car j'avais une belle relation avec ce chat, mais aussi en colère.  En colère contre ces barbares qui maltraitent les animaux mais aussi contre nos élus qui s'en lavent les mains, complices au terme de la loi qui déclare criminelle la maltraitance !

 

Je n'accepte plus qu'on me dise qu'un chat n'est qu'un chat !

 

Marcel Plamondon, MAP 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Chroniqueur - dans Société
commenter cet article

commentaires

testing omnitech support 13/01/2015 11:11

I guess this is just a story which is among thousands of stories of abuse and neglect. In my opinion this situation is not going to improve until someone takes a great effort to overcome these ridiculous activities.

Présentation

  • : Le blog de Marcel Plamondon
  • Le blog de Marcel Plamondon
  • : Opinion générale sur des sujets d'intérêt
  • Contact

Profil

  • Chroniqueur
  • Retraité, ex-conseiller économique,
Fais de l'action communautaire, 
Membre d'un choeur de chant 
et d'une troupe de théâtre
  • Retraité, ex-conseiller économique, Fais de l'action communautaire, Membre d'un choeur de chant et d'une troupe de théâtre

Recherche