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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 16:08

Dans toute cette saga du relèvement du plafond de la dette américaine, ce qui a le plus retenu l'attention est l'opposition farouche -certains diraient névrotique ! des Républicains à toute augmentation des impôts -surtout ceux des riches déraisonnablement privilégiés par les administration précédentes, surtout sous Bush. Le Tea Party, viscéralement contre les taxes, triomphait -tout en déstabilisant les "vrais" Républicains. Mais au plus profond de cette "contre-culture libertarienne" se pointait une odeur de race pure -bien mis en évidence en 2010 par les Palin et Bachmann entre autres. Obama était l'homme à abattre, non le Président !

 

Jugement sévère certes. Relativisons en affirmant que les Américains avaient quand même voté pour les Républicains, craignant, en pleine récession, une augmentation des impôts. Le Tea Party avait fait une campagne habile, confondant fins des privilèges fiscaux pour les riches avec une augmentation générale des impôts. Les Américains en seront quitte pour des coupures dramatiques dans les services ! Ce que voulait éviter Obama justement.

 

" Yes, we can " proclamait Obama lors de sa campagne électorale. Est-ce maintenant " No, we can't " ? Semblerait. Obama n'a pu effectuer le nécessaire virage de 180 degrés d'un pays obsédé par le mythe du millionnaire. Bachmann disait que le rêve américain c'est que chacun devienne millionnaire et donc, ne pas ralentir cette marche par des taxes et des impôts ! Les privilèges fiscaux actuels des riches prennent alors des allures de récompense de leur effort (!). En corollaire, que les pauvres crèvent, ces ratés...

 

Obama avait déjà lâché prise en début d'année sur la question des privilèges fiscaux des riches. Ce fut son talon d’Achille. Il chercha un compromis mais il n'y a pas de compromis honorable avec les fous de Dieu ! Le peuple américain peut pardonner bien des folies de ses présidents mais pas la faiblesse ! Il lui reste un an pour digérer cette leçon. On se demande aujourd'hui s'il en est capable.

 

On annonçait une catastrophe économique, non seulement américaine, mais mondiale, si les États-unis étaient en défaut de paiement. Mais qui annonçait cela ? Wall Street, les agences de notation, le FMI, les grands financiers quoi. Était-ce un argument de bonhonne-sept-heures ? Certains analystes financiers le croient. Obama aurait peut-être gagné à être radical face aux Républicains : fin des privilèges aux riches, sur-taxation des primes (dits) au rendement des PDG, fin des subventions aux pétrolières, gazières et minières, coupures drastiques dans le monstrueux budget de l'armée, etc. Ce ne sont pas les occasions "populaires" qui manquaient. Les Républicains auraient été peinturés dans le coin face à une classe moyenne encore en récession.

 

Obama a laissé le Congrès prendre la pire décision budgétaire dans le contexte d'une récession qui n'en finit plus. Les ménages dépensent de moins en moins, le chômage augmente, l'immobilier est dans un état lamentable, le dollar perd de sa valeur. Le gouvernement ne peut couper dans ses dépenses sans alimenter la récession jusqu'à la dépression économique. Il fallait augmenter le niveau de la dette mais pour augmenter les dépenses publiques pour prendre le relais des entreprises et des consommateurs. Il fallait un programme substantiel de création d'emplois.

 

Malgré l'entente budgétaire du Congrès, il y aura décote ! Rien dans cette entente est susceptible de relancer l'économie, au contraire, donc de diminuer éventuellement l'endettement américain.

 

J'avais choisi un tout autre titre pour ce blogue. Je me demande encore s'il ne conviendrait pas mieux, bien que très dur : " Obama et la dette : la soumission de l'esclave ? "

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

ex-conseiller économique au fédéral.

 

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Published by Chroniqueur - dans économie américaine
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