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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 15:33

La grève étudiante a eu un effet de réveil de la population mais, précisons tout de suite, pas encore de pleine conscience du problème social que cette grève a fait émerger après l'assaut de l'idéologie du néolibéralisme, résumé par l'expression de l'utilisateur-payeur, des rumeurs (!) de corruption quasi généralisée jusqu'au plus haut niveau du politique, des nombreuses surtaxations de l'état et de l'endettement des ménages. Il y a encore place dans la perception de l'état de la nation pour la désinformation et la manipulation des médias pro-libéral. En d'autres mots, la population n'a pas encore assez souffert de l'agonie de la social-démocratie héritée de la Révolution Tranquille pour en prendre pleinement conscience. Il y a là, il va sans dire, tout un programme politique pour l'opposition.

 

Sauf chez les jeunes! Mettez-vous à leur place : ils ont grandi dans un climat de politique montré du doigt comme corrompu et parfois jusqu'à la moelle, leurs parents se plaignent de soins de santé de plus en plus inaccessibles sauf si tu payes, ils ont pris conscience des mensonges et ententes secrètes des politiciens avec les gazières, les pétrolières et les minières dont on dit, études à l'appui, qu'elles ne laissent que tomber des miettes de leur table tout en polluant à qui mieux mieux, qu'ils doivent travailler en plus de s'endetter pour poursuivre des études avancées et dont le remboursement s'étalera sur des dizaines d'années, au profit des banques déjà riches, lesquelles banques font des fortunes en spéculant sur des produits financiers qui ressemblent à des chimères. On pourrait continuer la liste sur des pages si on inclut le bilan du gouvernement Charest dont on trouve une liste fort éloquente ici sous le titre de L'indignation en chiffres et en aberrations. « Pour la génération des baby-boomers, la Grande Noirceur est peut-être derrière dans le souvenir de Duplessis. Mais pour la jeunesse qui est dans la rue actuellement et depuis 2001, 2005 et le G20 de Toronto, la Grande Noirceur est droit devant : Charest à Québec, Harper à Ottawa. Dans les deux cas, le budget sert d’arme de destruction massive des politiques sociales. »(L’acte fondateur de l’âge barbare,Le Devoir, 23 mai 2012)

 

Ce serait inconscient, et dangereux pour la paix sociale, de croire que les jeunes vont entrer dans le rang, comme le leur ordonnait (!) Lucien Bouchard. Quand l'avenir est bloqué, tu rues dans les brancards comme on dit! Les jeunes vont faire tomber le mur qui se dresse devant eux, tout simplement parce que la vie trouve toujours son chemin, n'en déplaise, ajouterais-je, aux morts-vivants!

La question est de savoir si cette révolution à venir sera aussi tranquille que la précédente des baby-boomers.

 

Je ne crois pas pour une raison incontournable : « l'économie n'est plus infléchie par le politique comme au temps de Duplessis mais par la haute finance qui, au surplus, infléchit le politique. » Si la haute finance, par la déréglementation, a imposé la mondialisation, elle impose conséquemment les lois du marché à la vie sociale et politique au sein de chaque état. C'est David devant Goliath! Relativisons ici puisque le Québec n'est pas le Canada de Harper ni les États-unis de Bush. Le Québec a encore une identité culturelle (oui, encore!), le Québec a l'habitude centenaire de se serrer les coudes pour survivre comme peuple dans cette mer anglophone de l'Amérique, la social-démocratie n'est pas à sa phase terminale comme en témoigne un écart moins grand entre riches et pauvres et ses nombreux programmes d'équité sociale.

 

Reste que dans le contexte de 10 ans de réingénierie de l'état par les libéraux du tout au privé et de l'utilisateur-payeur, l'avenir des jeunes reste sombre et ils devront jouer du coude pour s'installer selon leurs propres valeurs et idéaux, d'autant qu'ils forment un groupe minoritaire, contrairement aux baby-boomers (finalement, ces derniers, ils l'ont eu facile leur révolution, non?). Il y aura révolution, c'est obligé, et sa tranquillité dépendra d'une part de son poids démographique, à savoir de la mobilisation des plus âgés, et d'autre part, de la réceptivité du parti politique qui sera au pouvoir.

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue  

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Published by Chroniqueur - dans Politique Québec
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