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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 06:40

Dans le débat actuel de la Charte des valeurs québécoises, la Commission des droits de la personne affirme que « La question de la liberté de religion est une question personnelle et subjective. » et ajoute qu' « À son avis, la neutralité s'applique aux institutions, mais non pas à ses agents. » Elle insiste sur le comportement, l'intention ou non, de l'agent d'état de «tenter de convaincre l'autre d'adhérer à sa religion ». On ne peut individualiser, pour ne pas dire absolutiser davantage les droits de la personne, tout en oubliant la réaction de celui/celle qui reçoit le service et le message que véhicule un signe religieux.

 

La Commission fait sienne la pensée personnaliste de Trudeau, la primauté des droits individuels, comme si un individu ne vivait pas en société ou qu'une société n'était qu'une somme d'individus (*). On sait jusqu'à quel point un individu doit à sa société : sa langue, sa culture, son éducation, son contexte d'affaires et d'emplois, ses routes, ses hôpitaux et soins de santé, surtout gratuits! et même une grosse partie de sa propre psyché et valeurs, oui, ses valeurs!

 

Il n'est pas question ici de nier l'individualité, sa démarche personnelle vers son identité et sa liberté, le mérite de développer sa propre personnalité et son indépendance. Mais à vouloir faire de l'individu la pierre angulaire du droit, à en faire un persona absolu, on aboutit certes à nier la personnalité propre d'une société, son énorme influence sur l'évolution des individus et des solidarités de cet individu envers les autres citoyens, comme le respect de la loi et l'harmonie de vie commune. À la limite, on aboutit à faire de l'individu une quasi-espèce en soi, niant du coup les certitudes scientifiques du partage d'un même génome d'espèce pour tout être humain. Ça frise le créationnisme!

 

La charte des droits n'est pas le créateur de l'identité individuelle. Elle vise à protéger les minorités et les individus des abus de l'état et de la majorité et non de la société comme société. L'article 9.1 ne fait pas partie de la Charte par caprice juridique ou pour plaire aux politiciens (limitation des droits dans une société libre et démocratique).

 

L'individu vit en société. Cette société développe sa personnalité propre, sa culture si vous voulez, avec un tronc commun de valeurs, qui en fait une nation particulière. Le « vivre ensemble » est incontournable et fait évoluer la société elle-même. Et cela vaut autant pour les dits pure laine que pour les immigrants.

 

Personne ne peut banaliser son rapport à la collectivité sans devenir l'ombre de lui-même! Ou adopter un comportement déviant qui cause préjudice aux autres.

 

André Malraux disait dans une de ses intuitions géniales que le XXIe siècle serait religieux. La Commission des droits de la personne semble lui donner raison car en absolutisant les droits individuels, elle fait du droit le père créateur de l'identité individuelle ! Une sorte de néo-créationnisme quoi !

 

(*) Par ailleurs, on sait que le but de Trudeau avec la Charte des droits était de bloquer la montée du nationalisme québécois en éliminant juridiquement les droits collectifs, donc le droit pour une nation à former un pays.

 

Marcel Plamondon, MAP

 

 

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Published by Chroniqueur - dans Société
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