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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 09:30

On ne peut pas ne pas se poser cette question à additionner les faits et usages du français au Québec et surtout dans la grande région de Montréal.  L'affichage unilingue anglais des commerces ne cesse de prendre de l'ampleur, les immigrants parlant français ne trouvent pas d'emploi parce qu'ils ne parlent pas anglais, les écoles passerelles permettent de carrément acheter un droit (comme si un droit avait un prix plutôt qu'une valeur !), Charest veut imposer l'apprentuissage intensif de l'anglais dès la sixième année du primaire, des PDGs d'entreprises francophones sont unilingues anglais, même dans le public ! et les HEC, fleuron universitaire francophone, offre maintenant une maîtrîse toute en anglais !  

 

Dois-je passer sous silence qu'un ministre conservateur déclarait que de toutes façons, le Canada est bilingue ? Personnellement, je n'ai pas souvenance qu'un unilingue francophone ait été nommé PDG aux services d'immigration de Toronto...que la ministre Beauchamp déclarait à propos de la maîtrîse toute en anglais des HEC que la présence d'anglophones aux HEC lui donnait du prestige...que le patron de la caisse de dépôt justifiait son PDG unilingue anglophone en disant : mais le personnel "subalterne" est francophone, ce qui, dans ce dernier cas, est vraiment ajouter l'insulte à l'injure ! que finalement, l'entraîneur du club de hockey des Canadiens de Montréal est unilingue anglais.

 

Je ne me souviens pas que le français ait été aussi menacé dans l'histoire du Québec - les historiens me corrigeront si nécessaire.  L'origine des assauts actuels est bel et bien la Charte des droits et libertés de Trudeau, charte qui rayait les droits collectifs du droit canadien.  La Cour Suprême l'a prouvé sans l'ombre d'un doute.  Trudeau, en voulant paralyser la marche des indépendantistes, qu'il appelait séparatistes avec mépris, signait un arrêt de mort potentiel du français au Canada.  Que valait donc sa politique de bilinguisme ? 

 

Ou le Québec veut garder sa langue, et donc aussi son identité, ou il laisse aller les choses, advienne que pourra, ce qui sera synonyme d'anglicisation continue.  Il ne faut certes pas compter sur le gouvernement Charest pour redresser cette situation, obsédé par ses bases électorales anglophone et allophone, les seules qui lui soient encore fidèles...Et il n'est pas écrit dans le ciel que le PQ gagnera la prochaine élection.  Alors ?  Peut-on espérer une mobilisation de la population ?  A l'heure actuelle, poser la question c'est y répondre !

 

Triste constat, c'est l'identité même de tout un peuple qui est en jeu.  Mais il semble bien que la majorité ne le voit pas, insuffisamment éduqué à l'histoire, si ce n'est éduqué tout court.  Si l'anglais peut permettre d'avoir un emploi... 

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

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Published by Chroniqueur - dans Société
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