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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 10:58

- Un dollar de baisse d'impôts aux entreprises génère 20 cents de richesse collective. Nous perdons 80 cents. Est-ce une perte sèche ? Ça dépend de la proportion qui prend le chemin des paradis fiscaux.

 

- Un dollar dans les infrastructures génère 1.50 $ de richesse collective. Rentable, non ?

 

- Mais le plus surprenant est la rentabilité dans les mesures d'aide aux revenus pour les chômeurs et petits salariés : 1.50 $ pour chaque dollar ! C'est presque aussi intéressant dans l'aide à l'immobilier (housing) ( 1.40 $ par dollar investi).

 

"...citons Philip Cross de Statistique Canada: «Les réductions d’impôt sont un facteur parmi d’autres influençant les décisions des entreprises et leur impact est trop petit pour pouvoir être mesuré de façon fiable.» Et Jeffrey Owens, fiscaliste à l’OCDE, va dans le même sens: «La fiscalité n’est pas le facteur le plus déterminant quand vient le temps de décider où investir…» (Le Devoir, 2 février 2011). La revue américaine Business Week du 20 novembre 2006 affirmait: «Il y a peu d’évidence que les baisses d’impôt ont un impact véritable sur la croissance.» Enfin, la revue Foreign Policy signalait «qu’il y a peu de preuves que les taux de taxation élevés fassent fuir les investisseurs qui sont plus préoccupés par les infrastructures, les services publics, le niveau d’éducation, etc.» (Le Devoir, 12 janvier 2002).

Statistique Canada, l’OCDE, Business Week et Foreign Policy sont loin d’être des communistes révolutionnaires. Clinton aux États-Unis a augmenté l’impôt des entreprises dans les années 1990 avec comme résultat que le pays a connu une croissance économique phénoménale, généré un énorme surplus et ramener le chômage à moins de 4% (Business Week, 30 décembre 2002)." (http://www.journalmetro.com/paroles/article/832794--le-mirage-des-baisses-d-impot-aux-compagnies--page0)

- Par ailleurs, ce qui est inquiétant, c'est que plus l'impôt des entreprises baisse moins celles-ci investissent dans l'économie.

 

- Finalement, l'effet pervers des baisses d'impôts aux entreprises est d'obliger les gouvernements à taxer davantage la population, appauvrissant davantage les groupes les moins fortunés.

 

On doit donc en conclure, études à l'appui, que les baisses d'impôts aux entreprises sont des politiques d'enrichissement des plus riches au détriment de la population en général. C'est un mythe de croire que ces baisses d'impôts génèrent de l'emploi et de la richesse collective. Et, en pratique, c'est ouvrir la porte à l'évasion fiscale vers d'autres pays.

 

Référence : http://www.progressive-economics.ca/2011/01/28/five-economic-reasons-to-say-no-to-more-corporate-tax-cuts/

 

http://www.theglobeandmail.com/news/national/time-to-lead/cut-taxes-create-jobs-not-quite/article1990624/ (Cut taxes, create jobs ? Not quite.  The Globe and Mail)

 

Qu'en est-il au Canada présentement : 10 milliards $ dans les poches des actionnaires, au mieux 2 milliards $ sont réinvestis ! Où vont les 8 milliards $ de surplus ? Dans l'achat de produits de grand luxe, importés de surplus, et dans les paradis fiscaux.  C'est 8 milliards $ de surcharge fiscal pour la classe moyenne.  http://www.policyalternatives.ca/newsroom/news-releases/fairer-taxes-finance-could-generate-10-billion-annually-study

 

Par ailleurs, on doit aussi tenir compte des crédits d'impôts qui sont des baisses d'impôts déguisées. Le cas le plus flagrant et pervers est celui des crédits d'impôts aux pétrolières de l'Alberta (sables bitumineux) -j'exclus ici les subventions directes aux pétrolières qui auraient coûtées pour le Québec seulement près de 14 milliards $ de ses impôts fédéraux sur les 30 dernières années. Ces pétrolières ont droit (!) entre 1.9 et 2.7 milliards $ par année de crédits d'impôts, alors que leurs profits se montent à 30 %, soit 2 fois plus que toutes industries confondues mondialement. Résultat : quelques milliers d'emplois et 1 % de redevances à l'Alberta (8,7 milliards $) mais, car il y a un gros mais, en gonflant le dollar canadien, donc freinant les exportations, des pertes d'emplois manufacturiers par dizaines de milliers en Ontario et au Québec !

 

Et Harper / Charest nous disent que leur priorité est le développement économique ? Je dirais plutôt le développement financier d'un petit groupe d'actionnaires...

 

Qu'en pense l'Institut économique de Montréal et le Réseau Liberté-Québec ?

 

Ajout : 

Baisse des impôts des sociétés : une stratégie contre-productive?

 http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2012/01/25/011-ctc-baisse-impot-societe-pas-investissement.shtml

Près de la moitié des bénéfices des grandes multinationales échapperait au fisc américain

 http://bit.ly/Y6YKuC

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue.

 

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Published by Chroniqueur - dans Politique Québec
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