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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 07:10

Tout au long de la grève étudiante, les ennemis « visibles » étaient Charest, le gouvernement, et Gabriel Nadeau-Dubois, les étudiants. Du moins, c'est ce que la presse a montré, y compris les réseaux sociaux. Pourtant, les étudiants pointaient les universités, leur gestion, où, affirmaient-ils, études à l'appui, il y avait des économies à faire, justifiant ainsi le non-recours à une hausse des frais de scolarité de la part du gouvernement. N'avez-vous pas été surpris, certains scandalisés, quand les leaders étudiants proposèrent que les professeurs fassent moins de recherche et plus d'enseignement? Ils auraient dû être plus clairs et dire : moins de recherches « affairistes », pour les entreprises, et plus d'enseignement, actuellement confiée à des chargés de cours, nécessairement moins savants, et à moindre coût.

 

Si les étudiants se sont attaqués au gouvernement, c'était pour le rappeler à la raison, à son rôle de représentant des intérêts collectifs. Augmenter les frais de scolarité était de jouer le jeu des recteurs qui transforment depuis une dizaine d'années l'université en succursale des entreprises : recherches affairistes, autrefois assumées par les entreprises elles-mêmes, et usine à diplômes-marché-du-travail -d'où le marketing et l'extension en satellites sur le territoire, pour augmenter la clientèle et les contrats de recherches. Exit la mission traditionnelle de haut savoir, à transmettre aux étudiants par ceux-là même qui la détiennent, et la recherche fondamentale d'avancement des connaissances (recherches qui semblent de moins en moins donner de nouveaux résultats). Voir à ce sujet une analyse publiée dans Le Devoir : « Suisse: quand le « modèle américain » tue l’université »

 

Les étudiants, en s'adressant à « leur » gouvernement, ont reçu une douche froide ou plutôt un choc existentiel : le gouvernement était du côté des recteurs et du côté des entreprises bénéficiaires de la recherche affairiste et, il faut l'ajouter, contributeurs aux caisses électorales! Les étudiants se sont raidis et pour cause car qui d'autres pouvaient soutenir leur cause sinon leur gouvernement ? Le reste s'en est suivi, dont l'habile détournement du véritable enjeu par Charest qui garda notre regard rivé sur la tentative des étudiants d'infléchir « le » gouvernement, responsable des décisions collectives et de la paix sociale...Les recteurs ont certainement trinqué à cette habile manipulation! Je les vois s'esclaffer dans leur scotch le soir où RDI montra la poignée de mains de la ministre Courchène aux leaders étudiants!

 

Sauf que maintenant les étudiants ont deux ennemis, les libéraux et les recteurs, mais de nouveaux « amiEs » de plus en plus nombreux dans la population qui commence à comprendre, à comprendre que la « juste part » demandée aux étudiants ressemble pas mal à la juste part qu'on lui impose et qu'elle juge de plus en plus injuste et immorale.

 

Marcel Plamondon, MAP

Sociologue

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Published by Chroniqueur - dans Politique Québec
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